Le dialogue est rouvert

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Par Frédéric Khalkhal
Le dialogue est rouvert
MM. Roy et Trudel lors de la remise du rapport sur la consultation publique sur le développement de l'aéroport Montréal - Saint-Hubert. (Photo : courtoisie)

Le « Rapport Trudel » qui résulte de la consultation publique de mai autour des pistes de développement de l’aéroport Montréal – Saint-Hubert semble avoir rouvert le dialogue entre les nouveaux gestionnaires de l’aéroport et ceux qui ne veulent pas le voir se développer sans acceptation sociale.

Le premier objectif de retisser les liens entre l’aéroport Montréal Saint-Hubert et la société civile habitant autour de l’aéroport est mission accomplie pour le député fédéral de Longueuil-Saint-Hubert, M. Denis Trudel, et les maires de Saint-Bruno-de-Montarville, de Saint-Basile-le-Grand et de Sainte-Julie, qui ont participé à la consultation publique sur le développement de l’aéroport, qui s’est tenue du 25 au 28 mai 2022. Bien que les gestionnaires de l’aéroport aient rejeté du revers de la main une quelconque participation à cette consultation publique, le 17 octobre, M. Trudel a reçu les membres de la direction de l’aéroport Montréal – Saint-Hubert (YHU) à ses bureaux afin de leur remettre une copie officielle du rapport de la consultation publique de plus de 200 pages. « Nous nous engageons à étudier sérieusement le rapport et nous ferons tout ce qui est possible pour assurer la mise en œuvre de la volonté des citoyens quant au développement de l’aéroport. Parmi les conclusions du rapport, nous prêtons une attention particulière à la nécessité d’une plus grande transparence et d’une meilleure communication avec les citoyens. Cela est la pierre angulaire pour établir une saine collaboration avec la communauté et réussir ensemble les grands défis qui sont devant nous », d’indiquer Yanic Roy, nouveau directeur général de YHU.

L’aéroport s’est doté d’une nouvelle direction générale et d’un nouveau conseil d’administration. « Le dialogue est désormais constructif », se réjouit le camp de M. Trudel.

Un changement d’attitude confirmé par le directeur général de YHU. « La relation entre l’aéroport Montréal-Saint-Hubert et la communauté a changé de paradigme. Nous voulons être une source de fierté et d’opportunité pour la région. C’est avec les élus et les citoyens que nous voulons développer l’aéroport. Ce rapport est un outil supplémentaire à notre disposition pour orienter notre réflexion. L’avenir de l’aéroport repose sur une desserte nationale et régionale, ce qui répond notamment à la volonté des citoyens » a mentionné M. Roy, laissant ainsi tomber pour l’instant un développement vers des destinations internationales comme il était prévu dans les plans de développement de l’aéroport.

« Je me porte volontaire et je tends la main pour aider YHU à créer un comité de travail synergique pour développer une vision pour l’aéroport et la future zone aéroportuaire afin d’inclure, dans les décisions qui seront prises par YHU, les préoccupations de l’industrie, du milieu institutionnel et des citoyens. Il faut saisir les opportunités qu’apporte à moyen et long termes la future Zone d’innovation en aérospatiale et s’engager dans les nouvelles technologies et faire de YHU l’aéroport du 21e siècle », conclut M. Trudel.

La table est donc mise pour la création d’un dialogue permanent avec l’ensemble des parties prenantes et des représentants de la communauté pour le développement de l’aéroport. 

Initiative de Longueuil

L’aéroport Montréal – Saint-Hubert est géré par un organisme à but non lucratif (YHU) créé en 2000 et propriétaire de l’aéroport depuis sa cession par Transports Canada, en 2004. YHU entend mettre en valeur et exploiter le plein potentiel de cette infrastructure de première importance pour la Ville et l’agglomération de Longueuil dans le respect des principes du développement durable.

À la suite du dépôt du rapport sur le plan de développement de l’aéroport Montréal Saint-Hubert par l’Office de participation publique de Longueuil (OPPL) le 1er novembre dernier, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, s’est engagé formellement à respecter et à travailler à mettre en œuvre les recommandations qui en découlent, en plus de définir une vision d’ensemble pour un développement intégré de la zone aéroportuaire.

La mairesse a annoncé également la mise en place d’une table de travail, présidée par Geneviève Héon, qui aura le mandat d’élaborer un plan de développement de la zone aéroportuaire avec les partenaires privés et institutionnels présents au sein de cette zone et qui couvrira les plans économique, social et urbanistique. Selon elle, cette synergie est nécessaire pour créer un milieu de vie, de travail et d’études dynamiques, qui constituent le reflet de sa vision pour Longueuil, ayant pour objectif de faire de la ville la capitale de l’innovation au Québec. Pour la Ville, la création de la zone d’innovation en aérospatiale, qui permettra à l’aéroport de s’intégrer dans cette vision, sera centrale dans l’élaboration de ce nouveau plan de développement.

Le CAPA-L

Le Comité anti-pollution des avions – Longueuil (CAPA-L) accueille avec satisfaction la position de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, dans ce dossier, qui déclare être « fortement défavorable » à l’accueil de vols internationaux à l’aéroport de St-Hubert et ce, tant à court, moyen ou long terme. En invoquant notamment les problèmes d’acceptabilité sociale et environnementaux reliés au projet de développement initial de DASH-L, la mairesse dit préférer développer un pôle d’innovation en aéronautique et en aérospatiale axé sur la recherche et le développement de technologies moins polluantes.

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