Le charme de l’acquisition

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Par Frank Rodi
Le charme de l’acquisition
Les membres de l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) ont vendu quelque 115 œuvres lors du 12e Circuit des arts de Saint-Bruno-de-Montarville. (Photo : archives)

Oeuvres d’art

Les membres de l’Association des artistes peintres affiliés de la Rive-Sud (AAPARS) ont vendu quelque 115 œuvres lors du 12e Circuit des arts de Saint-Bruno-de-Montarville.

Ils étaient plusieurs, les 21 et 22 septembre, à acquérir les toiles accrochées sur les murs des artistes participants. Certaines autour de 300 $, et d’autres oscillant à des montants de 2 000 $.

Un acte d’amour

« L’achat d’une œuvre d’art, [c’est] un acte d’amour, insistent les membres du comité organisateur du Circuit des arts. Une œuvre d’art dans votre milieu de vie révèle une facette de votre personnalité. Elle vous charme au premier coup d’œil et sa présence vous procure un sentiment de bien-être, de bonheur et de satisfaction. »

Lors de l’événement, le journal Les Versants a interrogé quelques artistes, qui se sont exprimés sur l’importance d’acquérir des œuvres uniques et originales.

Une forme de terroir culturel

D’après le Montarvillois Richard Bull, une telle acquisition peut avoir un impact sur sa carrière. « Pour un artiste, vendre une toile peut faire toute la différence entre poursuivre ou non sa démarche et son travail. C’est un signe d’encouragement et, aussi, une forme de terroir culturel, comme si j’achète bio ou local », observe-t-il.

Selon Véronique Landry, une œuvre originale n’a rien à voir avec une reproduction vendue en magasin. Artiste peintre, elle affirme qu’il lui arrive d’acquérir des tableaux créés par ses confrères. « Quand je décide de faire l’achat d’une toile, c’est que je démontre un coup de foudre pour l’artiste, un coup de foudre pour l’œuvre. Ça n’a pas de prix! Celles que je possède, je les regarde chaque jour, et jamais je ne vais me tanner de les observer », explique la jeune femme, qui soutient qu’une œuvre d’art ajoute de la valeur à une pièce et à la maison.

L’explication de Jade Picard est plus ésotérique, comme elle le suggère elle-même : « Je suis persuadée que les tableaux sont destinés à certaines personnes en particulier. Si c’est le vôtre, il vous attendra. Quand on se retrouve devant l’œuvre, il faut que le cœur batte vite, il faut des émotions! J’ai déjà pleuré devant des toiles, dit-elle. Ça va bien au-delà de la mode; si le tableau vous rend heureux, peu importe la couleur des murs, il trouvera sa place chez vous. »

« Pour un artiste, vendre une toile peut faire toute la différence entre poursuivre ou non sa démarche et son travail. » – Richard Bull

Une toile, un porte-bonheur

La chanteuse Shirley Théroux est aussi artiste peintre à ses heures. Lors du Circuit des arts de Saint-Bruno, elle exposait une partie de sa production chez Richard Bull, un ami de la famille. « Les gens qui acquièrent une œuvre originale encouragent un artiste d’ici. Leur choix est basé sur un coup de cœur, rappelle SHYTHé, son nom d’artiste. Une toile, c’est un porte-bonheur, une toile, c’est pour la vie. »

La septuagénaire poursuit : « Personnellement, de savoir que mes tableaux se promènent dans un autre lieu, qu’ils voyagent dans des maisons et qu’ils rendent des familles plus heureuses, c’est un cadeau pour moi! »

Tout sauf banal

Pour RaShel, que le journal a rencontrée lors de ce même Circuit, faire l‘acquisition d’un original est tout, sauf banal. Elle précise : « Ce n’est pas banal de se porter acquéreur d’une œuvre d’art unique, de mettre la main sur un certificat d’authenticité! Pour la personne qui en prend possession, il y a une démarche, un cheminement. C’est aussi une façon de démocratiser l’art, de le rendre accessible. Un tableau, c’est une pièce maîtresse symbolique dans une maison. »

Jacques Landry affirme que vendre une toile est valorisant et synonyme de fierté. « Ça me dit que la personne a aimé mon travail. Alors que si je ne vends pas, je me remets en question, j’ai l’impression que je suis ‘’passé date’’. » Comme certains de ses collègues, il insiste sur l’aspect coup de cœur. « Une toile coup de cœur crée des émotions, des souvenirs : un endroit, une visite, un voyage…, énumère-t-il. Enfin, quand il compare reproduction et œuvre originale, il estime que cette dernière est « 100 000 fois mieux, simplement par son côté unique ».

Selon lui, la promotion des artistes en arts visuels doit se faire à l’année, non seulement lors de la tenue d’événements comme le Circuit des arts. « C’est comme pour une autre catégorie d’artistes qui en arrachent : les écrivains. C’est bien la Journée J’achète un livre québécois, mais le soutien est nécessaire 365 jours par année. Il y a une réflexion à apporter : comment encourager ces artistes? » se questionne Jacques Landry.

QUESTION AUX LECTEURS :

De quels artistes locaux avez-vous déjà acquis des œuvres originales?

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