Le cas de Jean-François Baril

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Par Frank Rodi
Le cas de Jean-François Baril
Jean-François Baril a contracté la COVID-19 pendant les Fêtes. (Photo : Facebook/Jean-François Baril)

COVID-19

L’animateur Jean-François Baril, de Saint-Bruno-de-Montarville, a reçu un diagnostic de COVID-19 durant la période des Fêtes. Le virus s’est propagé dans sa bulle familiale, infectant au passage sa conjointe et ses deux adolescents.

L’histoire de Jean-François Baril a été diffusée sur les réseaux sociaux, puis l’animateur en a parlé dans les médias. Le père de famille s’est aussi entretenu sur le sujet avec le journal Les Versants.

Tous s’étonnent encore un peu de l’arrivée de l’intrus dans la demeure familiale quelques jours avant Noël. Tout avait été planifié pour demeurer vigilant. Les cadeaux avaient été achetés avant le 5 décembre. La conjointe de Jean-François Baril fait du télétravail depuis mars dernier. Sa fille avait conclu sa session de cégep le 10 décembre. Son fils faisait l’école secondaire à distance depuis le 16 décembre. Même celui qui collabore à l’émission matinale Salut, bonjour pour des chroniques vie de famille n’était pas sorti pour le boulot depuis le 15 décembre. Le risque était minime que l’un des membres du clan soit porteur du virus. « L’envie de tricher un peu afin de voir nos familles et nos amis était forte. Mais on a résisté. Puis, plus on approchait de Noël, plus on hésitait. Pourquoi pas tricher? Ah pis non, on va être plates et rester chez nous », écrit Jean-François Baril sur ses réseaux sociaux. Finalement, la famille décide de rester à la maison, de se concocter de bons repas, de jouer à l’extérieur, d’organiser quelques soirées sur la plateforme Zoom et, peut-être, de participer à quelques activités permises en bulle familiale. C’était « le plan ». Mais la COVID-19, elle, avait un autre type de plan en tête.

C’est la conjointe, la première, qui a été touchée par le coronavirus. En télétravail jusqu’au 23 décembre, elle fréquente néanmoins deux commerces au cours des cinq jours avant Noël. Mais comme l’explique Jean-François Baril, il n’y a pas d’inquiétude « puisqu’elle est la police du lavage des mains ». Pourtant, le premier symptôme apparaît le 23 au soir, lorsqu’elle sort de son bureau organisé à la maison, enfin en vacances, avec un « affreux mal de tête ». Puis, le lendemain, congestion et fatigue s’ajoutent aux symptômes. À ce moment, la famille ne croit pas que le virus qui se propage sur la planète depuis un an est en cause. « Ça ne peut pas être la COVID, on est presque isolés depuis le 17 décembre, particulièrement elle. On n’a pas été en contact avec quelqu’un qui est malade. » Le 25 décembre, tout déboule pour la femme : frissons, fatigue, perte du goût et de l’odorat. Au moment où elle prend son rendez-vous pour un test de dépistage à la COVID-19, c’est le fils qui développe des symptômes. La chaîne de transmission était amorcée : « Avant même d’avoir les résultats, c’était mon tour, suivi de ma fille quelques heures plus tard », relate Jean-François Baril.

« C’est une grosse grippe qui se partage très rapidement. » – Jean-François Baril

Quand on lui demande quelle a été la réaction à ce moment-là, il affirme que sur le coup, la réalité de ce qui se passait a été longue à admettre. « On était tous un peu insultés d’avoir contracté la COVID-19, répond-il en entrevue. Dans son texte, il évoque la frustration. Mais c’est surtout ma conjointe qui était fâchée. Elle se demande encore où elle a bien pu attraper ça! »

Rappelons-le, quelques jours avant Noël, elle a quitté la maison uniquement pour visiter deux commerces.

Le copropriétaire de la Bamboche, à Chambly, poursuit : « J’ai eu l’occasion de parler avec la santé publique au cours des derniers jours. L’important, ce n’est pas de savoir d’où vient le virus quand on l’attrape. C’est de ne pas le transmettre à d’autres, qui est essentiel. D’où la quarantaine. »

Ou, comme il le mentionne sur Internet : « Il est impossible d’être certain à 100 % de ne pas l’attraper; elle [la COVID-19] est partout. Par contre, les règles sont en place pour ne pas la propager. »

Vitesse de propagation

Ce qui étonne dans le témoignage de Jean-François Baril, c’est la virulence avec laquelle le virus a contaminé tous les gens de la maison. En quelques jours à peine, les quatre membres de la famille étaient malades. « C’est une grosse grippe qui se partage très rapidement », dira-t-il à travers quelques quintes de toux. C’est que mardi dernier, le 5 janvier, la personnalité publique était toujours en quarantaine; celle-ci s’est terminée jeudi.

Aujourd’hui, il salue la décision de la famille d’avoir été plate pour le temps des Fêtes. C’est d’ailleurs le terme qu’il utilise à quelques reprises dans son témoignage. « Au fond, heureusement que l’on a été plates. Je n’imagine même pas le résultat si nous avions visité nos familles les 24-25 [décembre]. L’important, c’est que je ne l’aie pas transmise à quatre ou cinq personnes qui, elles, l’auraient donné à d’autres et dans le temps de le dire, on aurait atteint 50 cas à cause de moi. Après coup, je suis certain que l’on a fait le bon choix. »

Inquiet pour les jeunes

En tant que père de deux adolescents de 15 et 17 ans, Jean-François Baril se dit inquiet pour eux et pour les jeunes en général. « Les ados ont perdu beaucoup depuis le début de cette pandémie… », rappelle-t-il. Sa fille, notamment, a terminé abruptement son secondaire au printemps dernier, puis a fait ses débuts au cégep cet automne, mais à distance. « Mon fils est allé à l’école une partie de l’automne, et ensuite une journée sur deux. C’est pire pour ma fille. Elle est dans une tranche d’âge pas facile. Elle n’a pas eu son bal de finissants. Puis elle fait son cégep de façon virtuelle depuis son entrée cet automne. Elle a dû abandonner aussi la gymnastique et la danse, qu’elle enseignait. Elle passe beaucoup de temps toute seule à ne pas socialiser avec ses amis. Je pense qu’en tant que parents, notre rôle est de faire en sorte de divertir nos enfants à travers cette crise sanitaire. »

Jean-François Baril demande aux gens de revenir à la base, à l’essentiel, et de respecter les consignes. « Parce que dès que l’on sort, on s’expose au virus. On peut l’attraper, c’est le hasard. Pour les deux ou trois prochains mois, soyez plates! Respectez les consignes », conclut-il.

QUESTION AUX LECTEURS :
Craignez-vous d’attraper le virus?

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