Le boisé des Hirondelles serait finalement protégé

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Le boisé des Hirondelles serait finalement protégé
En 2016, des citoyens et des élus étaient ensembles pour protéger le boisé des Hirondelles. (Photo : Frédéric Khalkhal)

Les défenseurs du boisé des Hirondelles se sont réjouit en apprenant que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, aurait rejeté la demande de certificat d’autorisation du projet de développement résidentiel La Futaie sur le mont Saint-Bruno.

L’information a été diffusé par le Parti montarvillois et Isabelle Bérubé, membre, jusqu’il y a quelques jours, du Comité consultatif en urbanisme (CCU) de Saint-Bruno sur lequel elle siégeait, en charge d’exercer une vigile environnementale. Elle était à ce poste depuis six ans et avait pour mission d’insuffler une réflexion environnementale à tout projet d’urbanisme.

Cette décision était attendue depuis 2012, année du dépôt de la demande de la Société Sommet Prestige du promoteur le sénateur Paul J. Massicotte conjointement avec la Ville de Saint-Bruno, alors dirigée par le maire Claude Benjamin de l’Alliance municipale.

« C’est une très bonne nouvelle. À ma connaissance, le promoteur avait besoin de ce document pour poursuivre son projet de construction. Cette bataille pour préserver le boisé des Hirondelles a été l’une des causes qui a motivé la création du Parti montarvillois. Mais cela a été aussi un grand combat citoyen. Cela fait 30 ans que ce dossier dure. On ne peut pas dire que c’est fini aujourd’hui car à ma connaissance il y a toujours une procédure juridique. L’annonce du ministère de l’environnement devrait régler l’aspect juridique. En 2018, l’ensemble du conseil municipal avait voté, à l’unanimité pour reconnaître l’importance de ce milieu », a indiqué au journal Isabelle Bérubé, conseillère municipale du district 5.

Mme Bérubé est aussi heureuse que le gouvernement ait suivi les avis des experts en environnement qui allaient tous en faveur de la protection du boisé des Hirondelles.

Dans un communiqué, le Parti montarvillois a indiqué se réjourir « de constater que le ministre a basé sa décision sur la science et non pas sur les arguments du lobbyiste qui défendait la conversion du boisé en développement immobilier de grand luxe. »

Du côté de Sommet Prestige, on n’a pas souhaité s’exprimer indiquant que le dossier était pour l’instant judiciarisé. Son porte-parole, Bruno Bergeron, n’a cependant pas contredit la nouvelle.

Rappel des faits

Le sénateur Paul J. Massicotte a acquis ce terrain de six hectares en 2006 et compte y construire un projet de 27 habitations, ce que veut empêcher l’administration Murray.

Le projet est situé dans le boisé des Hirondelles, qui abrite une espèce florale protégée, et la Ville souhaite préserver ce boisé où la construction de logements luxueux est envisagée.

Pour aller de l’avant dans ce projet, il manque à M. Massicotte l’autorisation du ministère de l’Environnement afin de savoir à quoi s’en tenir.

Dans l’attente depuis six ans de cette décision gouvernementale, M. Massicotte a décidé d’aller devant les tribunaux contre un règlement de la Ville interdisant d’abattre des arbres dans une zone où il y a des espèces menacées.

À la suite de cette décision, M. Massicotte a pris l’initiative de poursuivre la Ville de Saint-Bruno pour « expropriation déguisée » et demande un dédommagement de 17 millions de dollars. D’autre part, le sénateur demande au juge d’ordonner au ministère de l’Environnement de prendre sa décision.

En août 2019, l’honorable Claude Dallaire, juge à la Cour supérieure, a condamné la société Sommet Prestige Canada, dirigée par le sénateur Paul J. Massicotte, à rembourser les frais d’avocats et les intérêts dans le cadre d’une poursuite bâillon contre le maire de Saint-Bruno et une conseillère municipale.

La juge Dallaire, dans sa décision du 16 août, a reconnu que le fait que le certificat d’autorisation requis par le ministre de l’Environnement n’ait pas encore été émis est « clairement l’un des éléments clés empêchant les demanderesses d’aller de l’avant avec leur projet ».

Plus d’informations à venir

 

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des