L’avis d’un enseignant d’histoire

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Par Frank Rodi
L’avis d’un enseignant d’histoire
(Photo : Raymond Bédard)

Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Pour l’enseignant d’histoire Raymond Bédard, l’incendie qui a endommagé la cathédrale Notre-Dame de Paris est d’une « tristesse profonde ».
Raymond Bédard enseigne l’histoire du Québec et du Canada à partir de 1840 aux étudiants de 4e secondaire à l’École d’éducation internationale de McMasterville. Le journal Les Versants a questionné le professeur à propos de la récente tragédie qui secoue la Ville lumière. « C’est d’une tristesse profonde, amorce-t-il. Parce que nous retrouvons toute l’histoire de cette ville, Paris, à travers la cathédrale Notre-Dame. C’est un héritage architectural inestimable qui vient d’être ébranlé. »
Le Montarvillois parle d’un endroit qu’il a visité à maintes reprises au cours des dernières années. « Nous avons des amis à Paris, et chaque fois que nous les visitons, la cathédrale est un passage obligé. »
Selon Raymond Bédard, Notre-Dame de Paris est un site riche en histoire. Il précise : « C’est un bâtiment majestueux, qui me replonge en pleine période du Moyen Âge. » Il rappelle à quel point il a fallu mobiliser des ressources humaines et matérielles afin de construire une église aussi impressionnante.
Sur le site Internet http://www.notredamedeparis.fr/, on apprend que l’année 1163 est « la date traditionnellement retenue pour la pose de la première pierre de Notre-Dame en présence du pape Alexandre III ». Sa construction s’étend sur deux siècles. « La cathédrale est certainement un joyau de l’architecture gothique qui a mobilisé des milliers d’artisans tout au long de sa construction. C’est le génie humain au service de l’Église, puissante et riche, pour faire rayonner la foi chrétienne », indique M. Bédard.

« Nous retrouvons toute l’histoire de cette ville, Paris, à travers la cathédrale Notre-Dame. C’est un héritage architectural inestimable qui vient d’être ébranlé. » – Raymond Bédard

Des sites toujours à risque

Quand on lui demande si ces monuments historiques comme Notre-Dame de Paris sont bien conservés et sécurisés, l’enseignant répond qu’il y a toujours des risques, selon les circonstances. « Par exemple, il y a quelques années, des objets du patrimoine culturel, des sites religieux et archéologiques, ont été la cible de l’État islamique, qui en ont détruit plusieurs. C’est s’attaquer à la propre mémoire d’une région. » Il fait aussi un parallèle entre le récent brasier qui a eu lieu à l’église de Paris et les incendies qui ont endommagé, dans l’histoire, la cathédrale d’York, en Angleterre.
Raymond Bédard poursuit : « Ces monuments de prière, que l’on retrouve tant en Angleterre, en France, bref, dans toute l’Europe, portent l’histoire du pays, de l’Occident et rappellent la prédominance du clergé, à l’époque de leur construction. »
La cathédrale d’Amiens, la « plus haute de France », l’abbaye de Westminster, en Angleterre, la cathédrale de Cologne, en Allemagne, sont d’autres lieux que Raymond Bédard compare à Notre-Dame de Paris pour leur longévité et leur importance dans l’histoire. « Les deux conflits mondiaux, plus particulièrement la Seconde Guerre mondiale, ont détruit des joyeux du patrimoine. Or, ces églises ont su résister. »
Note d’espoir, selon le principal intéressé, le Colisée de Rome et le Parthénon, pour ne nommer que ceux-là, deux constructions plus anciennes encore, ont toujours été fragilisés par l’histoire. Or, ces structures sont toujours debout. « Le fait qu’il y ait une mobilisation internationale, d’individus ou de firmes, est plutôt positif et illustre l’importance que Paris tient dans l’imaginaire occidental », conclut-il.

QUESTION AUX LECTEURS :

Que représente la cathédrale Notre-Dame de Paris pour vous?

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