L’artiste SÜ ressasse son passé

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Par Frank Rodi
L’artiste SÜ ressasse son passé
L’artiste peintre SÜ, de Saint-Bruno-de-Montarville. (Photo : archives)

Biennale Les Créateurs de paix 2019

L’artiste peintre SÜ, de Saint-Bruno-de-Montarville, sera de la biennale Les Créateurs de paix 2019 avec son œuvre Fichez-nous la paix. Un vernissage et une remise des prix aux artistes, dont le Prix d’excellence du jury et le Prix du public, se déroulent aujourd’hui, le dimanche 2 juin, à l’Écomusée du fier monde, à Montréal.

L’œuvre Fichez-nous la paix, de SÜ, a été retenue pour la biennale Les Créateurs de paix. « Au moment de prendre connaissance de l’existence de la biennale, je sortais à peine de longues réflexions sur le fait d’être davantage en paix avec soi-même, commente l’artiste SÜ. La thématique “Créer pour la paix” m’a grandement interpellée. “Explorer les limites et la fragilité qui caractérise la Paix d’hier à aujourd’hui”, nous demandait-on. Coïncidence étonnante, j’arrivais à la frontière de mes états d’âme sur la paix intérieure! »

« Dans un lieu enfoui de ma mémoire, comme plusieurs femmes, j’ai déterré de mauvais souvenirs. » – SÜ

En lien avec #MoiAussi

La femme, de son véritable nom Suzanne Fortin, évoque la genèse de son tableau, en lien avec le mouvement #MoiAussi, apparu en octobre 2017. « Dans la foulée des dénonciations, j’ai fait un retour à l’enfance, mentionne la Montarvilloise. Dans un lieu enfoui de ma mémoire, comme plusieurs femmes, j’ai déterré de mauvais souvenirs. Des souvenirs qui crient : “Au secours, nous voulons conjurer les démons, le mauvais sort…” » Selon elle, il s’agit d’une œuvre particulièrement intime : « Intime, osée aussi, mais… j’ose le faire. »

Quand on la questionne à savoir si la création de l’œuvre a été plus difficile que de ressasser de mauvais souvenirs, SÜ rappelle que « donner l’existence à une œuvre est un acte libérateur qui engendre la paix intérieure ». Elle précise : « La réalisation de cette œuvre a été à la fois un accouchement difficile et une délivrance heureuse. Elle marque un changement quant à la réalisation technique du tableau : la technique mixte est plus dégagée. Je me suis autorisée à ne pas occuper toute la surface de la toile. Je me suis sentie libérée, affranchie des mémoires coincées sous le poids du passé et le temps m’a bien servie. »

Pour terminer sa toile, SÜ y a consacré 18 mois. « J’étais incapable d’y aller d’un trait », dira-t-elle.

Le contenu de l’œuvre

Celle qui est membre du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV), qui se spécialise en arts visuels 3D sur canevas, détaille le contenu de l’œuvre : « J’ai apprivoisé le canevas, les pièces à conviction, telles le short, la pièce de métal représentant ce sexe mâle au repos qui s’est inséré dans le plus profond de mon âme, le sein moulé inanimé, l’autre métalloïde et figé, le fermoir muni de dents sales qui court sur la culotte… le drap toujours froissé. »

Puis, elle ajoute : « J’ai fabriqué les couleurs, une à une, presque monochromes, éteintes. J’ai trouvé le courage de terminer le tableau comme un livre dans lequel est écrit le mot fin. Une fin sans fin. »

L’exposition se poursuit jusqu’au 16 juin.

QUESTION AUX LECTEURS :

Avez-vous déjà retiré du positif d’une situation malheureuse?

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