L’année spéciale de Gabriel Gélinas

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Par Frank Rodi
L’année spéciale de Gabriel Gélinas
Le chroniqueur automobile Gabriel Gélinas demeure à Saint-Bruno-de-Montarville. (Photo : archives)

Le Guide de l’auto 2021

En promotion pour le plus récent Guide de l’auto, le chroniqueur automobile Gabriel Gélinas revient sur une année des plus spéciales.

Disponible depuis cet automne, Le Guide de l’auto 2021 risque de se retrouver emballé sous plusieurs sapins d’ici quelques jours. Une édition du Guide de l’auto plutôt spéciale, puisqu’elle a été complétée pendant que la pandémie se répandait à travers la planète.

Gabriel Gélinas, l’un des fidèles collaborateurs de cette bible de l’automobile, revient sur les derniers mois qui ont mené à la conception du bouquin. « Ce fut une année assez différente pour moi », résume le Montarvillois, en entrevue avec Les Versants. Il faut dire que l’année débutait mal pour lui; ce dernier s’est retrouvé dans le plâtre, l’hiver dernier, après une mauvaise chute à l’extérieur.

Les choses ont changé

Avant la COVID-19, les chroniqueurs du Guide voyageaient pour évaluer les derniers modèles de véhicules ou encore pour fréquenter les différents salons de l’auto des grandes villes du monde. Les choses ont changé avant même l’arrivée du printemps. « Normalement, je vais à l’étranger une semaine sur deux pour tester les voitures et je visite les salons automobiles. C’était avant la pandémie. Mais depuis l’apparition de la COVID, tous les voyages ont cessé. Je crois que mes derniers déplacements ont eu lieu en février, en Allemagne. Tous les grands salons de l’auto internationaux ont été annulés, dont celui de Genève, au début du mois de mars », raconte Gabriel Gélinas.

« Il y a beaucoup de constructeurs qui ont fait les efforts de livrer des véhicules à Montréal. » -Gabriel Gélinas

Considéré comme le plus important et le plus grand à l’échelle mondiale, le Salon international de l’automobile de Genève attire quelques milliers de journalistes et 800 000 visiteurs. « C’est lors de cet événement que Ferrari a pris l’habitude de dévoiler son nouveau modèle. Ainsi que d’autres grandes marques de luxe spécialisées, comme Aston Martin et McLaren. Cependant, en février, avec la situation en Europe, le gouvernement suisse a décidé d’interdire tout rassemblement de plus de 1000 personnes et donc, d’annuler le rendez-vous automobile », explique M. Gélinas. Dans la foulée, d’autres salons ont été annulés, dont celui de New York.
Ces bouleversements ont transformé le travail des chroniqueurs. Pour remplacer leurs dévoilements dans des événements grandioses devenus impossibles, les constructeurs automobiles se sont tournés vers le virtuel, comme plusieurs autres secteurs d’activités depuis le début de la pandémie.

Malgré cette nouvelle réalité, Gabriel Gélinas ne croit pas que son travail s’est compliqué. « Dans la mesure où nous avons obtenu l’information nécessaire. Puis nous avons pu conduire des prototypes et des véhicules en préproduction pour réaliser nos tests. Il y a beaucoup de constructeurs qui ont fait les efforts de livrer des véhicules à Montréal, ce qui nous a permis de faire un travail très complet d’évaluation. »

Plus de 350 modèles

Le lancement du livre a été retardé de quelques semaines. Près de deux mois, en fait. Le Guide de l’auto 2021 demeure néanmoins complet, avec 350 nouveaux modèles de voitures testés. Les journalistes de cette référence automobile ont couronné les meilleurs dans chaque catégorie. Présenté par plusieurs photos, chaque véhicule fait l’objet d’une évaluation en plusieurs points : cotes de fiabilité et de sécurité, agrément de conduite, confort, performance, design et ergonomie. Le Guide propose aussi cette année deux dossiers exclusifs : La Manic, quand le Québec avait sa propre voiture et Cinq Ferrari mythiques rassemblées. Deux matchs comparatifs entre trois VUS hybrides rechargeables abordables et un autre entre six VUS intermédiaires à trois rangées de sièges font aussi partie des pages.

Deux dossiers dont le Montarvillois se dit très fier. « C’est un exploit extraordinaire d’avoir réussi à réunir les cinq modèles de Ferrari les plus performantes de notre époque. Un très beau sujet qui met en vedette un Québécois. Puis, pour la Manic, cette voiture sport produite au Québec, pour plusieurs personnes, c’est une découverte. »

La Manic à Saint-Bruno

Inspirée d’éléments mécaniques empruntés à Renault, la Manic a été produite entre 1969 et 1971. Moins de 200 exemplaires ont vu le jour. Une histoire spéciale, d’autant plus qu’il y avait une usine sur le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville. « On produisait littéralement cette voiture ici, à Saint-Bruno », ajoute Gabriel Gélinas.

Quand on lui demande ce que la situation actuelle liée à la pandémie viendra changer dans l’industrie, le spécialiste revient à ce printemps, alors que le confinement était mondial. « Au plus fort de la COVID, en mars-avril, les usines ont stoppé la production, les constructeurs eux-mêmes étaient dans l’incertitude, le doute. Pour plusieurs, ç’a été l’occasion d’une profonde remise en question, d’une réflexion quant à la pertinence de certains modèles. Il y a eu une sorte de flottement dans l’industrie. Je pense que les constructeurs s’adapteront, par exemple en ciblant davantage quels types de voitures à produire. »

Pour le principal intéressé, l’industrie a une grande capacité d’adaptation. La prolifération des voitures électriques se poursuivra, selon lui, et il y en aura de plus en plus sur le marché.

Rappelons que dans son Plan pour une économie verte 2030, le gouvernement du Québec souhaite notamment prioriser l’électrification, principalement dans le secteur des transports. Ainsi, il mise sur un premier plan de mise en œuvre 2021-2026, avec une enveloppe de 6,7 milliards de dollars sur 5 ans. L’objectif est d’atteindre 1,5 million de véhicules électriques sur les routes en 2030. Parmi les mesures qui stimuleront l’électrification des transports, Québec veut accélérer le déploiement des bornes rapides et standards par Hydro-Québec. Aussi, Québec veut interdire la vente de véhicules neufs à essence dès 2035. « On s’adapte tous aux réalités auxquelles nous sommes confrontés », de conclure Gabriel Gélinas.

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