La solution écologique du Centre de valorisation du bois urbain

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Par Frédéric Khalkhal
La solution écologique du Centre de valorisation du bois urbain
Patrick Piché fait grandir depuis 6 ans le Centre de valorisation du bois urbain. (Photo : (Photo : Frédéric Khalkhal))

Si les Villes ne savent pas quoi faire du bois des frênes malades sur leurs territoires ou d’autres coupes d’arbres, quelque soit la raison, le Centre de valorisation du bois urbain (CVBU) est preneur pour donner une deuxième vie à ces arbres.

Les frênes de l’agglomération de Longueuil n’ont pas été totalement anéanti par l’agrile du frêne. Le CVBU, situé à Saint-Bruno-de-Montarville, leur a trouvé une nouvelle vie en plancher.

Fondé en novembre 2016, le CVBU est une entreprise d’économie sociale née d’une initiative citoyenne ayant pour but de convertir la problématique engendrée par l’agrile du frêne en opportunité structurante de développement économique, social et environnemental au bénéfice de la communauté. L’objectif de l’organisme à but non lucratif (OBNL) est de récupérer les arbres coupés des Municipalités afin d’en faire des planches pour du plancher, des marches, des contre-marches, des piquets, des tuteurs « pour faire pousser d’autres arbres. À terme, nous souhaitons participer à la replantation d’arbres », d’indiquer au journal Patrick Piché, fondateur et directeur général de l’entreprise. Le CVBU a depuis une année pignon sur rue à Saint-Bruno-de-Montarville. Un magasin qui permet de constater de visu la qualité des produits finis proposés aux clients. 

Le début

M. Piché, qui était à l’emploi du Centre local de développement (CLD) de Longueuil avant sa fermeture, fait le constat rapide qu’avec l’agrile du frêne c’est environ un arbre sur cinq qui pourrait tomber. « Je trouvais ça déplorable d’abattre ces arbres et de ne rien faire. Je voyais ces buches par millier devenir du bois de chauffage qu’on amenait parfois au chalet et qui avait l’effet de propager l’agrile. »

Dès 2016, en collaboration avec l’agglomération de Longueuil « qui est avec nous depuis le début », l’expérience de valoriser le bois de 50 arbres abattus est menée. Très vite, les expériences se multiplient et la scierie mobile sur les lieux de stockage des arbres ne suffit plus. Surtout que les partenaires se multiplient. Le service des grands parcs de Montréal devient un fournisseur en bois de l’entreprise écologique. Aujourd’hui, des discussions sont en cours avec la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et plusieurs Municipalités. « Nous avons plusieurs clients comme les Villes, les Centres de services scolaires ou encore les particuliers. Nous faisons des planchers avec nos arbres dans un système d’économie circulaire. Il faut continuer à développer le projet car la quantité de frêne s’amenuise et nous voulons diversifier les essences d’arbres. »

Un appel aux arboriculteurs

Vu que l’approvisionnement en frêne diminue, M. Piché aimerait sensibiliser à la cause les arboriculteurs. « Jusqu’à présent, le bois abattu ne l’a été que dans les Villes participantes, nous aimerions encourager à notre démarche les arboriculteurs qui abattent des arbres chez des particuliers, ou encore d’encourager les Villes à couper ses arbres de manière à ce qu’on puisse récupérer les billots de bois. Si la coupe de l’arbre ne se fait pas de la bonne manière, il est difficile pour nous de l’utiliser pour en tirer une valeur ajoutée », explique M. Piché. Des pratiques qui pourraient ne pas coûter plus cher aux Villes selon le CVBU et qui aurait un impact important sur l’environnement. « Les Villes ont tout avantage de participer. Ce n’est pas plus long de valoriser un arbre. »

» Je trouvais ça déplorable d’abattre ces arbres et de ne rien faire. »  – Patrick Piché

Le CVBU indique être le seul au Québec à donner une valeur ajoutée au bois de manière intensive sur les arbres coupés par les Municipalités. « Nous nous concentrons sur le processus, sur la valorisation du bois. Nous sommes une OBNL à valeur écologique. Il faut donner une seconde vie à nos arbres. On veut changer les pratiques. Notre plus belle réalisation après six ans d’activité, c’est que nous sommes en bonne voie de changer les façons de faire dans ce domaine. »

Et comme le CVBU est un OBNL, il n’a pas de propriétaire et appartient à la communauté. « Si la mission de l’organisme vous interpelle, nous vous invitons à devenir membre », peut-on lire sur leur site.

À Saint-Bruno

La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville voit d’un bon oeil l’activité du CVBU. Déjà en 2016, la Municipalité avait mis à la disposition ses frênes abattus et stockés sur le site de dépôt à neige à l’organisme qui en avait fait des planches. Lorsque le sapin de 36 pieds quittera la place du village, là encore la Ville le mettra à la disposition du CVBU. Maintenant reste à l’OBNL de convaincre un plus grand nombre de Ville de son apport environnemental et sociétal.

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