La retraite de Raymond Bédard

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Par Frank Rodi
La retraite de Raymond Bédard
Après 40 ans d’enseignement, Raymond Bédard prend sa retraite. (Photo : archives)

Après 40 ans dans l’enseignement, Raymond Bédard tire sa révérence. Le professeur d’histoire à l’École d’éducation internationale de McMasterville a pris sa retraite le 30 juin.

Une retraite que la pandémie aura anticipée d’une année, au grand regret de l’enseignant de Saint-Bruno-de-Montarville. Raymond Bédard enseignait l’histoire en 4e secondaire.

Plus de 40 ans d’enseignement

« C’est rare qu’un professeur du secondaire enseigne pendant 40 ans. Ça demeure honorable », reconnaît Raymond Bédard, qui a eu à s’adapter à l’enseignement à distance et hybride au cours des derniers mois. « Ce n’est pas normal que des élèves de 15 ans passent une journée complète à l’ordinateur. Même pour les adultes, ce n’est pas recommandé. Ce ne sont pas des conditions idéales pour l’enseignement. »

« C’est toute ma vie depuis 40 ans. C’est difficile; je sais que je vais m’ennuyer, surtout en septembre prochain, à la rentrée. » – Raymond Bédard

Sans projet, sans activité spéciale, sans voyage organisé pendant plus d’un an, Raymond Bédard ne ressentait plus le même plaisir à enseigner. Homme de projets et musicien au sein de l’orchestre Harmonie Mont-Bruno, M. Bédard était reconnu notamment pour prendre part à des voyages internationaux avec ses étudiants.

À Cuba pour des expériences musicales, à New York et à Washington pour des visites sur des lieux historiques… La pandémie a mis un terme à tous ces périples.

Perte de motivation

À l’École d’éducation internationale, le professeur mettait sur pied des expositions, entre autres sur Anne Frank. Ces voyages et ces événements permettaient aux élèves de voir leur professeur à des moments différents de l’enseignement. « La motivation n’était plus la même, dira-t-il en entrevue avec Les Versants, évoquant une situation démoralisante. Ce n’était plus stimulant. »

Quand on lui demande si ce fut une décision difficile, le Montarvillois admet que c’est le cas. « J’adore enseigner l’histoire!Communiquer ma passion! Stimuler l’intérêt des jeunes! C’est toute ma vie depuis 40 ans. C’est difficile; je sais que je vais m’ennuyer, surtout en septembre prochain, à la rentrée. »

Rappelons qu’en décembre 2011, Raymond Bédard recevait le Prix du Gouverneur général dans le domaine de l’enseignement pour son projet Objets d’histoire. Un concept qui consistait à inviter les élèves à chercher dans leur environnement immédiat une dizaine d’objets fabriqués avant 1960. Puis ensuite sélectionner un seul objet « pour en faire une analyse technique et historique sous la forme d’un essai, dont le problème consiste à chercher en quoi cet objet est le reflet de son époque ».

Ses débuts

Raymond Bédard a amorcé sa carrière avec un premier contrat à temps plein, en janvier 1981, à l’école secondaire De Mortagne. À cette époque, il n’avait pas encore terminé ses cours de pédagogie à l’université. Raymond Bédard s’est alors impliqué dans la mise en place du sport-études, qui n’existait pas encore. « J’ai embarqué dans cette aventure du sport-études pendant dix ans! », souligne-t-il fièrement.

Dans les années 90, il collabore avec d’autres auteurs au manuel d’histoire Le Québec : héritages et projets. Un bouquin qui a connu un certain succès. Pour le principal intéressé, c’est une autre réalisation dont il est fier.

Raymond Bédard a toujours enseigné l’histoire, mais aussi, à certains moments de sa carrière, la géographie, l’économie et la morale.

Malgré la retraite, il restera en contact avec le monde de l’enseignement à titre de président de la Société des professeurs d’histoire du Québec, qui publie Traces et organise le congrès annuel des enseignants d’histoire.

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