La pauvreté touche surtout les tout-petits

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Par Frédéric Khalkhal
La pauvreté touche surtout les tout-petits

Plusieurs municipalités de la Montérégie unissent leurs voix pour tenter de trouver des solutions à la pauvreté des parents, qui implique celle de leurs enfants.
« Les tout-petits de la Montérégie représentent 19 % de tous les enfants québécois âgés de 0 à 5 ans. En 2015, ils étaient plus de 100 000. Quel environnement leur offrons-nous? Dans quelles conditions de vie grandissent-ils? Sommes-nous à la hauteur de ces tout-petits qui seront les grands de demain? » Ce sont les questions que se sont posées plusieurs municipalités de la Montérégie, parmi lesquelles Saint-Bruno-de-Montarville, Sainte-Julie et la Municipalité régionale de comté de la Vallée-du-Richelieu, dont fait partie Saint-Basile-le-Grand, qui ont cosigné une lettre en ce sens. Elles souhaitent améliorer le bilan exposé par l’Observatoire des tout-petits de la Fondation Lucie et André Chagnon, dans son portrait en 2016 des régions québécoises, elles veulent savoir : « Dans quels environnements grandissent les tout-petits québécois? »
« Nous, les maires et mairesses des municipalités de la région, avons été interpellés par le portrait annuel de l’Observatoire des tout-petits qui révèle plusieurs données sur l’environnement dans lequel se développent nos enfants », écrivent les 13 maires et mairesses dans une lettre conjointe.
En effet, après Montréal, la Montérégie est la région où il réside le plus d’enfants de moins de 5 ans, avec près d’un tout-petit sur cinq qui y habite, soit 19 %. Par contre, la hausse du nombre de nouveau-nés entre 2005 et 2015 a été de 11,7 % dans la région comparativement à 13,7 % dans l’ensemble du Québec.

« Nous avons le pouvoir, mais surtout le devoir, d’agir afin de venir en aide aux familles, aux tout-petits, pour leur offrir des conditions de vie saines et gagnantes. » – Municipalités cosignataires

Toujours selon l’étude, rendue publique aujourd’hui, 94 000 enfants québécois âgés de 0 à 5 ans vivent dans des milieux considérés parmi les plus défavorisés sur le plan matériel. Cela représente 17,9 % des enfants de cet âge au Québec. Cependant, il existe de grandes disparités entre le Nord-du-Canada, qui est à la tête de ce classement avec un taux d’enfants vivant dans des milieux défavorisés qui atteint 75,2 %, et, à l’opposé, la proportion la plus faible observée dans la région de la Capitale-Nationale (2,9 %) ou encore la Montérégie (9,2 %). La proportion d’enfants vivant dans une famille à faible revenu en 2013 en Montérégie est de 9,8 %.

9,8 % de familles à faible revenu

« La croyance populaire veut que la Montérégie regroupe des collectivités nanties qui offrent à nos familles des conditions de vie plutôt enviables. Et c’est loin d’être faux, si l’on se compare à d’autres régions du Québec. Mais nous ne pouvons ignorer qu’en Montérégie, la proportion d’enfants vivant dans une famille à faible revenu en 2013 s’élève à 9,8 %. Ces familles, pour qui le quotidien est source d’insécurité et d’inquiétude, sont souvent oubliées, passent souvent inaperçues. Les parents qui vivent cette réalité ne sont pas ceux qui cognent le plus aux portes de nos municipalités ou qui parlent le plus fort », précisent les signataires.
La malnutrition et l’accès à un logement abordable figurent parmi les principaux enjeux pour ces familles et leurs enfants, mais quelles solutions peuvent apporter les municipalités à ce problème?
« Nous avons le pouvoir, mais surtout le devoir, d’agir afin de venir en aide aux familles, aux tout-petits, pour leur offrir des conditions de vie saines et gagnantes. Nous nous engageons donc à mettre en place des mesures qui favoriseront le développement et le bien-être de nos enfants, notamment en matière d’accès au logement, par l’aménagement de parcs et par l’organisation d’activités sportives et familiales », expliquent les signataires en faisant également appel à la population pour se joindre à un mouvement collectif.

Observatoire des tout-petits

L’étude, d’une centaine de pages, fait le constat flagrant qu’il existe un lien direct entre la situation économique et scolaire d’un foyer et l’épanouissement d’un enfant. Elle met en avant qu’au Québec, les enfants vivant dans une famille à faible revenu sont en baisse. De la même manière, il y a moins de bébés nés d’une mère n’ayant pas terminé ses études secondaires. En contrepartie, les données mises de l’avant en ce qui a trait au logement, à l’insécurité alimentaire et aux conduites parentales violentes inquiètent.
Selon l’étude, « des recherches ont notamment établi que les enfants âgés de 0 à 5 ans vivant en situation de pauvreté présentent plus de difficultés de langage et sont plus à risque de développer des difficultés scolaires dès leur entrée à l’école ».
Les problèmes de logement, d’insécurité alimentaire auraient des liens directs avec des problèmes de comportement, de santé, de bien-être des enfants.
« Les enfants d’âge préscolaire vivant dans les logements inadéquats seraient, en effet, plus à risque de développer des retards de développement cognitif, langagier et socioaffectif au cours de leur vie. De la même façon, les enfants en situation d’insécurité alimentaire, ou vivant avec un adulte en situation d’insécurité alimentaire, seraient plus à risque de présenter des problèmes d’anxiété, de dépression ou encore d’agressivité et d’hyperactivité. »
« Les données présentées dans ce portrait et leur évolution rappellent plus que jamais la pertinence de faire du développement et du bien-être des tout-petits une priorité », de conclure l’étude.

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