La fin de la période de tolérance

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Par Frank Rodi
La fin de la période de tolérance
En 2021, les assemblées régulières devraient avoir lieu dans la mairie rénovée et agrandie, mais tout dépend de la pandémie. (Photo : archives)

Feux en plein air à Saint-Basile-le-Grand

Depuis le 13 octobre, la période de tolérance pour l’allumage de feux en plein air a pris fin sur le territoire de Saint-Basile-le-Grand. L’assouplissement du règlement 1125 est terminé, place maintenant à l’analyse.

Cet été, Saint-Basile-le-Grand tolérait l’allumage de feux en plein air. La Ville a fait preuve de tolérance, une sorte de projet-pilote, alors que cette pratique est d’habitude interdite. Cette interdiction provient du règlement 1125 modifiant le règlement 552 concernant les nuisances, la paix et le bon ordre. Entre le 25 juin et le 12 octobre, les citoyens de Saint-Basile-le-Grand pouvaient, sous certaines conditions pour une question de sécurité, allumer des feux en plein air afin de profiter de leur cour arrière.

C’est la situation liée à la pandémie, le contexte particulier de la COVID-19, ainsi qu’une pétition de plus de 1000 noms, qui ont fait pencher le conseil municipal. La tolérance était effective du jeudi au dimanche, de 19 h à 23 h.

Des dissidents

Par contre, déjà au départ, l’assouplissement du règlement ne plaisait pas à tous. La Municipalité avait reçu une dizaine d’interpellations provenant de la population à la suite de sa décision. Ces gens s’opposaient à l’autorisation des feux de bois à ciel ouvert.

Puis, la conseillère municipale Line Marie Laurin s’était aussi manifestée lors de l’assemblée régulière du mois de juillet. Elle avait alors déclaré être dissidente de cette décision du conseil. Le conseiller municipal Émile Henri a aussi fait part de son désaccord avec le reste du groupe d’élus.

Enfin, l’ancien conseiller municipal et candidat à la mairie lors des élections de 2017, Maurice Cantin, avait aussi ajouté son grain de sel. Dans une lettre aux lecteurs envoyée au journal Les Versants et publiée dans l’édition du 15 juillet, Non aux feux à ciel ouvert, Maurice Cantin s’en prenait aux membres du conseil municipal et leur demandait de revoir leur décision.

Analyse

Maintenant que la période de doléance est terminée, le conseil municipal examinera les différents commentaires obtenus au cours des dernières semaines afin de prendre le pouls de l’expérience et d’établir un bilan. En assemblée régulière, le conseiller Denis Vézina avait invité les citoyens à exprimer leurs commentaires positifs et/ou négatifs en communiquant avec la Ville. « Après avoir pris connaissance de l’ensemble des commentaires, les membres du comité de Développement durable se prononceront à la fin de l’été afin d’étoffer notre décision sur ce projet. » La Ville se demande s’il est approprié de revoir le règlement en vigueur.

En entrevue avec le Journal de Saint-Basile, le maire de Saint-Basile, Yves Lessard, parle de cette tolérance aux feux extérieurs comme « d’un petit bonheur » pour plusieurs citoyens. Il rappelle que la Municipalité avait convié les gens à faire connaître leurs commentaires et opinions sur le dossier. Le résultat? « Nous avons obtenu une quarantaine de commentaires. Parmi eux, il y en a 25 qui tendent plus vers le positif », mentionne M. Lessard, qui insiste sur la pétition de plus de 1000 personnes en faveur des feux de plein air.

Parmi les critiques, certaines s’établissaient sur le principe de déroger au règlement. « Pour eux, la tolérance ne représentait pas un motif suffisant », explique M. Lessard. Quelques autres, deux ou trois, ont parlé de citoyens non coopératifs, dont un qui a fait brûler ses feuilles jusqu’aux petites heures de la nuit. « Un citoyen fautif », note le maire. Rappelons que la période de tolérance était effective de 19 h à 23 h, du jeudi au dimanche.

Maintenant, le comité de Développement durable analyse les commentaires et devrait donner une réponse au conseil municipal.

Malgré la quarantaine de remarques citoyennes, cela ne reflète pas la participation de la population qui a allumé des feux au cours de l’été. « C’est difficile à évaluer », estime le maire, mais ce dernier ne serait pas surpris si on lui disait que quelques centaines de résidants ont dû profiter de cette tolérance municipale.

Quand on lui demande si l’intervention de la conseillère municipale a pu influencer la population dans ses commentaires, le maire reste hésitant. « S’il y a eu un ‘’impact’’, dans quelle mesure? Ce serait hasardeux de ma part de répondre. Comme conseil municipal, nous avions pris une décision majoritaire. »

Rapprochement

Pour le premier magistrat, il y a aussi de belles histoires qui ressortent de ce projet-pilote. Par exemple, des adolescents qui passent tout le confinement enfermés au sous-sol pour jouer à des jeux vidéo, mais qui, dès que le jeudi soir arrive, sortent de leur tanière pour rejoindre la famille dehors et alimenter le feu pour le reste de la soirée. « On m’a raconté cette histoire. Cette expérience aura permis quelques rapprochements », de conclure M. Lessard.

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Lapointe Rejean
Lapointe Rejean
10 jours

Je suis tout a fait d accord pour les petit feux de plein air comme ce fut de juin a octobre

Guy Malenfant
Guy Malenfant
10 jours

Je suis en accord avec les feux extérieurs en autant que ce soit dans un environnement sécuritaire avec un équipement sécuritaire