La campagne électorale municipale est-elle lancée à Saint-Bruno?

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Par Frédéric Khalkhal
La campagne électorale municipale est-elle lancée à Saint-Bruno?
Le conseil municipal s’est divisé hier soir sur le projet immobilier du boisé des Tilleuls. (Photo : ville de Saint-Bruno)

Hier soir, à la séance du conseil municipal de Saint-Bruno, il y a eu une nouvelle foire d’empoigne entre les élus. L’un des sujets les plus épineux a été encore une fois un projet immobilier bloqué pour l’instant par la municipalité dans le boisé des Tilleuls, à l’une des entrées de Saint-Bruno.

La campagne électorale fédérale aurait-elle inspiré la ville de Saint-Bruno? Certains en sont convaincus après la séance du conseil municipal qui s’est tenue lundi. « Ils veulent en faire un nouveau boisé des Hirondelles. Avec de la désinformation, ils ont tenté de faire peur et ça a marché. Ils veulent essayer de nouveau avec le boisé des Tilleuls, c’est de bonne guerre, mais il n’y a pas ici les mêmes enjeux », explique Marilou Alarie, qui était membre du Parti montarvillois en 2013, lorsque le parti en question déposait son dossier noir sur le boisé des Hirondelles, en appelant à l’intervention de l’UPAC (Unité permanente anticorruption). Cette dernière a révélé plusieurs années plus tard au journal que la plainte n’avait pas été retenue.

Martin Murray soutient avec fermeté que la défense du boisé des Tilleuls n’a rien à voir avec une campagne électorale. « Depuis qu’il y a eu l’aval du projet immobilier par le Comité consultatif d’urbanisme (CCU), le projet est devenu politique. En voulant préserver ce boisé, c’est un acte politique pour ma communauté que je fais. »

« Ils veulent en faire un nouveau boisé des Hirondelles. Avec de la désinformation, ils ont tenté de faire peur et ça a marché. » – Marilou Alarie

Distribution de courrier aux citoyens

Un acte politique qui a poussé le Parti montarvillois, le parti du maire, à distribuer des courriers aux citoyens du district 4, ainsi qu’à diffuser, sur leurs réseaux sociaux, un message à l’encontre de Mme Alarie et du nouvel élu du district 4, Ludovic Grisé Farand. On peut y lire : « Nous apprenons cette semaine que le conseiller du district 4 Ludovic Grisé Farand, élu il y a à peine trois mois sur un engagement public de protection intégrale du boisé, a rencontré le promoteur du projet. Et que dire de la conseillère Marilou Alarie, pourtant venue en politique municipale pour défendre le boisé des Hirondelles, qui rencontre également le promoteur, obtient des documents dont la Ville n’a jamais eu copie et rallie les adversaires du maire Murray dans une volonté d’obstruction systématique! Des conseillers municipaux négocient directement avec le promoteur, sans aucune gêne? »

Au journal, M. Murray a précisé que les conseillers « ne sont que de simples citoyens en dehors du conseil municipal. Ils ne peuvent pas engager la parole de la Ville. Je ne peux pas en dire plus aujourd’hui, mais de source sûre, nous devrions avoir des doutes sérieux sur ce que dit publiquement M. Grisé Farand et ce qu’il dit avec le promoteur. »

En campagne électorale

Ludovic Grisé Farand n’en revient pas et ne se cache pas de la rencontre avec le promoteur du boisé des Tilleuls. « C’était une promesse de campagne que j’avais faite de le rencontrer. Les mots du communiqué du Parti montarvillois sont assez trompeurs, d’autre part. Oui, j’ai rencontré le promoteur, comme l’ont fait le directeur général et le maire. Je lui ai indiqué pourquoi je n’étais pas en accord avec son projet. Comme je l’ai déjà dit, je suis contre tout développement dans ce projet. Je crois qu’on me voit comme une cible à abattre. On peut dire que pour les gens du Parti montarvillois, la campagne électorale a déjà commencé. Ils ont décidé de passer à l’attaque. Ils ont tenté de mobiliser des gens par leurs tracts une fin de semaine, juste avant la séance du conseil, mais les citoyens commencent à voir juste dans le jeu de M. Murray et n’ont pas répondu à l’appel. »

Pendant la séance du conseil, toutefois, des citoyens étant membres du Parti montarvillois ont invectivé M. Grisé Farand directement. Ce dernier leur a rappelé leur appartenance politique. « C’était évident que tout cela était orchestré. J’ai préféré bloquer cela tout de suite. Il n’y a aucun problème à faire partie d’un parti politique, mais face à une action concertée, il est d’intérêt public de le dénoncer », confie au journal M. Grisé Farand.

Ce dernier assure vouloir tendre la main aux élus du Parti montarvillois afin de travailler ensemble « pour faire avancer les dossiers ». Une invitation qui semblait avoir été bien reçue par l’un des conseillers, Vincent Fortier, qui a invité M. Grisé Farand à aller boire un verre pour parler du dossier, avec la conseillère du Parti montarvillois Isabelle Béréubé.

Pas plus d’information

Ce n’est pas forcément la volonté du maire par contre. « Nous ne pouvons pas en dire plus aujourd’hui, mais ce dossier-là n’est pas terminé. De quoi on discute quand on rencontre un promoteur lorsqu’on est un élu? C’est quoi la légitimité de le faire? On ne fait pas avancer un dossier en faisant cela et on s’éloigne de la morale. M. Grisé Farand ne dit pas la même chose en public et au promoteur sur ce dossier. Ce n’est pas quelque chose que l’on a inventé. Quant au côté électoraliste, j’ai déjà indiqué que je ne me représenterais pas en 2021. »

Mme Alarie, dénonce l’immobilisme du maire dans ce dossier. « Je suis allée de l’avant, et j’ai demandé au promoteur de m’envoyer les plans pour trouver de l’information exacte. En avril, M. Murray avait indiqué aux citoyens venus poser des questions qu’il leur répondrait dans les 24 à 48 h, mais aujourd’hui, il n’y a toujours pas de réponse. On préfère informer les citoyens par communiqué du Parti montarvillois afin que les canaux officiels de la Ville ne vérifient pas l’information fausse qui a été diffusée. »

La prochaine étape, afin que les élus puissent avoir les informations du projet immobilier du boisé des Tilleuls, serait d’entendre le promoteur dans une séance plénière. Une option que propose Mme Alarie et qu’espère M. Murray. « Pour prendre position, il faut connaître; s’il faut passer par une résolution, on va le faire. L’objectif, c’est que la décision soit consensuelle, apolitique, mais aujourd’hui, nous n’avons aucun levier pour refuser un tel projet. Ma crainte, c’est de perdre des opportunités de sauvegarde plus importantes d’un boisé avec une plus grande valeur. Avec la majorité des élus de l’opposition, nous sommes capables de travailler ensemble, mais nous n’avons qu’un seul point en commun qui nous lie, c’est la non-confiance en Martin Murray. On travaille fort pour avoir plus de transparence. »

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