Julie Sauvageau, d’enseignante à députée?

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Par Frank Rodi
Julie Sauvageau, d’enseignante à députée?
La candidate du Parti conservateur du Canada dans la circonscription de Montarville, Julie Sauvageau. (Photo : archives)

Candidate du Parti conservateur du Canada dans Montarville

Les Canadiens se choisiront un nouveau gouvernement le 21 octobre prochain. Le journal Les Versants a décidé de s’entretenir avec l’ensemble des candidats de la circonscription de Montarville pour les présenter aux citoyens. La diffusion des entretiens respectera un ordre alphabétique.

Propos recueillis par Frank Jr Rodi
frodi@versants.com

Dans la circonscription de Montarville, Julie Sauvageau a été l’une des premières, parmi les candidats, à annoncer ses couleurs. En effet, il y avait encore de la neige au sol lorsque, le 25 mars dernier, elle a annoncé qu’elle serait candidate pour le Parti conservateur du Canada en vue des élections fédérales. La nouvelle venue des conservateurs dans Montarville succède ainsi au candidat retenu en 2015, Stéphane Duranleau. Ce dernier avait obtenu 9,9 % des votes lors des élections fédérales, soit quatrième derrière Michel Picard (Parti libéral), Catherine Fournier (Bloc québécois) et la députée sortante de l’époque, Djaouida Sellah (NPD).

Rappelons que Montarville comprend les municipalités de Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Basile-le-Grand, Sainte-Julie, ainsi qu’une partie de Longueuil.

Présentez-vous… qui est Julie Sauvageau?

Je suis une femme de 52 ans, mère de famille de deux enfants maintenant adultes; un fils de 21 et une fille de 24 ans. Je suis née à Montréal, j’y ai vécu, ainsi que sur la Rive-Nord (Montréal). Mon arrivée sur la Rive-Sud (Montréal) remonte à 1990. J’ai habité Sainte-Julie plus de 20 ans. Aujourd’hui, pour des raisons d’organisation, je suis à Boucherville. Enfin, j’ai décroché un baccalauréat en sciences de l’éducation préscolaire primaire de l’Université de Montréal, en 1989. Ma première expérience en tant qu’enseignante s’est déroulée en classe d’immersion française au Durham Board of Education, en Ontario. Ensuite, j’ai eu l’occasion de travailler dans plusieurs écoles primaires de la région, à Boucherville, Saint-Lambert et Sainte-Julie. Jusqu’à tout récemment, j’étais enseignante de 2e année à l’École du Tourne-Vent de Sainte-Julie.

Pourquoi le domaine de l’éducation?

Il y a beaucoup de professeurs dans ma famille, alors pour moi, c’est un choix de carrière, l’éducation, qui allait de soi. Nous avons cette profession dans le sang. C’était un domaine naturel.

En quoi votre expérience d’enseignante peut-elle vous aider en politique?

En politique, on additionne, et ce, peu importe les expériences de vie. Entre l’enseignement et la politique, ça demeure une expérience humaine. Chaque année pendant 30 ans, j’ai voulu rendre meilleure la vie des enfants à l’école. La politique, c’est un prolongement de mon engagement social.

D’ailleurs, pourquoi décidez-vous de faire le saut en politique?

D’abord, c’est important que des gens comme moi, sans carrière politique, se présentent comme candidats, afin que le gouvernement soit représentatif des gens ordinaires, de monsieur et madame Tout-le-Monde. Je me lance en politique parce que j’en avais envie depuis longtemps. Plus jeune, j’avais d’autres priorités, dont ma famille et mes enfants. La politique demande du temps; demande un travail énorme. Aujourd’hui, j’ai cette disponibilité. Je peux apporter ma contribution. Au cours des dernières années, j’ai vu des choses dans l’actualité qui sont venues me chercher, qui m’interpellent et me choquent. J’ai donc décidé d’embarquer dans le train pour changer les choses.

« Entre l’enseignement et la politique, ça demeure une expérience humaine. Chaque année pendant 30 ans, j’ai voulu rendre meilleure la vie des enfants à l’école. La politique, c’est un prolongement de mon engagement social. » -Julie Sauvageau

Un exemple de ce qui vous interpelle?

Je suis interpellée par l’état de nos relations internationales avec la Chine. La gestion de nos finances publiques en est une autre. Si notre déficit se poursuit ainsi, se dirige-t-on vers une récession? À un moment, nous allons être pris à la gorge. L’environnement est un autre point sur lequel j’hésite. Les promesses de Justin Trudeau pour un Canada carboneutre en 2050, c’est loin et c’est spectaculaire comme annonce, mais c’est quoi le plan du Parti libéral en ce sens?

Pourquoi le Parti conservateur du Canada?

J’ai fait le tour des différents partis. Je me suis informée sur ce qui se faisait. La politique actuelle du Parti conservateur correspond à ce que je cherchais. C’est un parti de décentralisation, qui prône la collaboration avec les provinces; c’est la clé pour faire avancer les dossiers. Les conservateurs ont présenté près de 40 % de candidates féminines au Québec. Cet aspect me rejoignait aussi. Enfin, le plan environnemental de ce parti me plaisait beaucoup. Je m’y retrouve bien.

Que connaissez-vous de la circonscription de Montarville?

C’est une circonscription magnifique, dans laquelle on retrouve un beau milieu de vie avec le parc national du Mont-Saint-Bruno. Ce sont des municipalités dynamiques, où les citoyens ont une conscience sociale, une conscience environnementale, un souci de développement durable. Ce sont des gens fiers, généreux, travaillants, où il fait bon vivre.

Selon vous, quels sont les enjeux majeurs dans Montarville?

Parmi les enjeux majeurs, il y a un problème de mobilité de plus en plus important et qui englobe l’ensemble des municipalités. Ça prend des projets de transport collectif structurants afin d’améliorer la circulation. Aussi, la gestion des déchets est un souci. Un programme pour harmoniser le tout est nécessaire.

De quelle façon faites-vous campagne pendant ces 40 jours?

Je suis présente sur le terrain depuis ce printemps. Je vais à la rencontre des gens. Certains sont surpris de voir qu’il y a une candidate en politique fédérale. J’ai établi entre 4 000 et 5 000 contacts durant cette période. Il y a une bonne réponse sur le terrain. Pour certains, l’intention de vote est déjà précise, d’autres se disent encore indécis. Il y a aussi des rencontres prévues avec les aînés, et davantage de présence sur le terrain, dans les gares de train de banlieue et les terminus d’autobus. Enfin, en compagnie d’autres candidats conservateurs, nous serons à la grande Marche pour le climat à Montréal le 27 septembre [l’entrevue avec Julie Sauvageau a eu lieu le jeudi 26 septembre].

Quels engagements prenez-vous pour Montarville?

La mobilité. D’autres enjeux s’ajouteront éventuellement, mais je veux d’abord me consacrer à la mobilité. Aussi, nous souhaitons travailler de concert avec les municipalités, qui désirent plus de souplesse, qui veulent être reconnues; les gouvernements de proximité, c’est un autre travail important.

Avez-vous un local électoral?

Nous avons fait le choix de ne pas avoir de bureau pendant la campagne. Nous nous sommes questionnés sur la nécessité de cette dépense, dans une démarche de consommation raisonnable, puis nous avons jugé que ce n’était pas nécessaire.

Commentez le travail du député sortant, le candidat libéral Michel Picard.

Je ne le connais pas personnellement, mais comme tout député, il a fait de son mieux dans le cadre que son parti lui permettait.

Vous remportez vos élections le 21 octobre, que faites-vous avec votre carrière d’enseignante?

J’ai arrêté d’enseigner aux enfants il y a quelques semaines afin de me consacrer à 100 % à la campagne électorale. Si je gagne mes élections, il y a une clause dans mon contrat que l’on appelle prêt pour charge publique. Cette clause fait en sorte que mon poste est protégé tout le temps de mon mandat. Si mon mandat se termine après quatre ans, je pourrais donc analyser mes options et revenir en classe.

QUESTION AUX LECTEURS :
Selon vous, quels sont les enjeux majeurs dans la circonscription de Montarville?

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