Interdire ou pas la chasse dans le grand Montréal

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Par Frédéric Khalkhal
Interdire ou pas la chasse dans le grand Montréal
La chasse en milieu urbain est remis en question à Montréal et dans le grand Montréal. (Photo : courtoisie)

La mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue, Paola Hawa, souhaite interdire la chasse en milieu urbain à Montréal comme dans le grand Montréal pour des raisons de sécurité. Une idée appuyée par la mairesse de Montréal et présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) Valérie Plante. La réalité de Montréal s’applique-t-elle dans l’ensemble des villes de la CMM?

À Saint-Bruno-de-Montarville, Sainte-Julie ou encore Saint-Basile-le-Grand, toutes les trois appartenant à la CMM, il est permis de chasser dans des zones bien déterminées.

La cible principale est le cerf de Virginie, présent en abondance dans la région et faisant beaucoup de dommages aussi bien à la faune qu’a la flore locale comme l’indique le directeur du parc national du Mont-Saint-Bruno et des Îles de Boucherville Cédric Landuydt. « C’est sûr que la surabondance de cerf de Virginie pose un problème pour la biodiversité dans nos parcs. C’est un sujet très polarisant. On a pu le voir avec ce qu’il s’est passé à Longueuil. Il est nécessaire d’y accorder une attention particulière et de faire la bonne chose. On est cependant en retard dans la manière de gérer la prolifération des cerfs de Virginie au Canada. Aux États-Unis ils sont beaucoup plus avancés. En ce qui concerne la chasse elle est déjà contrôlée. Il y a l’émission de permis. Je n’ai jamais entendu de problème particulier avec les chasseurs. »

Rappelons que la Ville de Longueuil, qui souhaitait euthanasier 15 cerfs de Virginie dans un des ses parcs afin de limiter leur prolifération, a fait marche arrière face à la désapprobation citoyenne qui préférait relocaliser les cervidés. La semaine dernière, on apprenait que cette opération de sauvetage devait attendre. Le plan proposé par Sauvetage Animal Rescue était trop dangereux pour les cerfs et les personnes qui allaient les capturer.

« Je n’ai jamais entendu de problème particulier avec les chasseurs. » – Cédric Landuydt

Plus de chasseurs
Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a rendu publics les résultats 2020 de chasse au cerf de Virginie. Cette année a été marquée par les mesures sanitaires – dont le respect par les chasseurs est salué par le MFFP. « En matière de statistiques, si l’on exclut l’île d’Anticosti pour laquelle il existe des permis et des modalités de chasse spécifiques, 2020 se traduit par une récolte totalisant un peu plus de 43 500 cerfs, soit une légère augmentation comparativement aux 41 000 récoltés l’an dernier.

Le succès de chasse pour un premier cerf est de 30 %, un taux comparable aux années antérieures et semblable ou supérieur à celui enregistré dans les provinces et États américains limitrophes du territoire québécois », a indiqué le MFFP.

Après une diminution constante du nombre de chasseurs de cerf au cours des dernières années, 2020 est marquée par une remontée du nombre d’adeptes. Quelque 136 413 permis réguliers ont été vendus, une hausse de 7 % comparativement à l’année précédente, montrant l’intérêt marqué de la clientèle pour ce gibier. De ce nombre, 21 411 chasseurs se sont procuré un permis supplémentaire pour tenter de récolter un deuxième cerf et 13 % d’entre eux y sont parvenus. Ces deux cerfs ont été récoltés à 80 % dans les régions où les populations sont les plus abondantes, peut-on apprendre dans ce rapport.

Des dérives
Le 5 novembre 2019, le journal rapportait la présence d’un chasseur aux abords des Promenades St-Bruno, aperçu par plusieurs, fusil à la main, très tôt le matin. Comme nous l’avait expliquait la Ville, selon le règlement 2014-13 concernant l’utilisation des armes et des matières explosives à Saint-Bruno-de-Montarville, il est clairement stipulé qu’ « il est interdit de porter de transporter, de manipuler ou d’utiliser une arme dans la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville », sauf dans trois secteurs de la Ville où l’activité agricole est plus présente. Les armes ne peuvent pas être utilisées à moins de 200 mètres d’une quelconque habitation, de toute rue ou piste cyclable.

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