Un François Pérusse à télécharger

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Par Frank Rodi
Un François Pérusse à télécharger
L’album du peuple - Tome XI est mis en vente sur le site Web de François Pérusse. (Photo : courtoisie)

L’album du peuple – Tome XI

En cette période de deuxième vague hivernale, le peuple pourra se tourner vers un nouvel opus de François Pérusse. L’album du peuple – Tome XI est en vente dès aujourd’hui sur le site de l’artiste… en format numérique uniquement.

La sortie d’un nouvel Album du peuple de François Pérusse n’est jamais banale. La parution du Tome XI ne l’est pas non plus, d’abord parce que celui-ci était imprévu il y a encore quelques mois. Puis sa mise en marché, en format numérique seulement, choque certains fans de l’artiste adulé du public.

En entrevue avec Les Versants, le Montarvillois a évoqué la sortie de ce Tome XI, soit son 15e opus en carrière. « C’est un disque qui représente beaucoup pour moi, parce que je réponds à une commande directe des gens. Ils me demandaient souvent à quand le prochain, quand un autre album serait disponible », amorce François Pérusse.

Le dernier cadeau à ses admirateurs remontait à 2017 avec le Best Ove, une collection de ses meilleures capsules et chansons. L’album du peuple – Tome 10, lui, a été lancé en 2015. À cette époque, le journal lui avait demandé s’il s’agissait de son dernier Album du peuple. L’humoriste avait alors répondu : « Le dernier sur cette forme-là, le disque compact. J’aime faire l’achat de CD, de DVD, d’avoir cette forme physique dans les mains. Mais de la façon dont se présentent les choses dans l’industrie musicale, qui se dirige vers l’ère numérique, je ne sais pas pour la suite. Je n’ai pas encore décidé. »

« Il y a aussi un aspect environnemental à notre décision. » – François Pérusse

Cinq ans plus tard, la réalité est là et L’album du peuple – Tome XI ne se retrouvera pas emballé sous le sapin cette année. Sur les réseaux sociaux de François Pérusse, les internautes n’ont pas tardé à réagir à cette décision de privilégier le numérique. Quand on lui demande ce qu’il répond à cette levée de boucliers, le principal intéressé nous dit qu’il est conscient de la réaction du public. « Moi aussi, j’aime tenir le produit, le disque dans mes mains, insiste-t-il. Et à la limite, ça devient une collection. On y a pensé… mais il y avait des contraintes, notamment sur la date de livraison. Il y a aussi des raisons économiques par rapport au nombre que l’on vend. Mais ce n’est pas juste une question d’argent. Les CD, les DVD, ce sont des objets qui sont compliqués à recycler. Donc, il y a aussi un aspect environnemental à notre décision; on croit que c’est de moins en moins justifié de produire des disques. »

Merci à la COVID-19

N’eût été le coronavirus, peut-être qu’il n’y aurait pas eu de nouveau matériel de François Pérusse en 2020. Il y avait bien cette idée de faire un album « à un moment donné » qui trottait dans la tête de celui dont le studio a pignon sur rue à Saint-Basile-le-Grand. Mais la COVID-19 et le confinement du printemps ont accéléré les choses. C’est lors de son passage en direct à Tout le monde en parle – pas celui de dimanche dernier, mais celui du mois de mai – que la décision d’aller de l’avant a été annoncée officiellement. « Les gens se sont faits plus insistants en mars, au début du confinement. Il y avait ce besoin de rire », dit-il. Alors pour plaire aux amateurs, au Québec comme en France, il a ramené des personnages, pondu quelques sketches, parodié des vidéos sur Internet, dont ce pasteur évangélique qui faisait croire à ses fidèles qu’il pouvait détruire la COVID-19 en utilisant le
« souffle de Dieu ». Se replonger dans l’écriture et ressortir les instruments de musique lui ont donné le goût de compléter un album. « C’est dans le char en allant à Tout le monde en parle que j’ai décidé que je ferais un album. J’avais l’impression d’être utile, d’être appelé au devoir. Puis pour ça, je dis merci aux gens parce que je suis très fier de ce qui a été réalisé », poursuit François Pérusse.

D’autant plus que ce nouvel opus a été fait dans un laps de temps assez restreint. L’humoriste a pris l’habitude de présenter ses nouvelles créations à la fin de l’année; assurément avant les Fêtes, mais sinon, souvent au moment où le mois de novembre devient plus sombre. « Normalement, ça me prend un an de préparation. Cette fois, j’étais à court, j’étais pressurisé dans le temps. Mais à cause de la pandémie, c’est clair que je voulais que ça aboutisse le plus vite possible en 2020. »

Le contenu

Ce Tome XI contient plus de 60 minutes de blagues, de parodies, de sketches, de satire et de jeux de mots à travers lesquels le personnage de Bob Hartley, entre autres, sort du lot. Il y a aussi quatre nouvelles chansons, certaines inspirées du rock progressif des années 70, dont « Je veux pas juger », pour laquelle un vidéoclip a été enregistré. Un premier en carrière pour François Pérusse, qui a acquiescé à la suggestion de son équipe, Pierre Dumont et Marie Barcelo. Un vidéoclip tourné dans un boisé de Saint-Basile-le-Grand. « Je n’ai jamais voulu faire de promotion autour de mes chansons auparavant. Mais cette fois, je rêvais de composer de la musique plus complexe. J’avais délaissé mes instruments par le passé. La guitare, la basse, la batterie… finalement, je me suis payé la traite. »

Bien que le confinement soit à l’origine de cet Album du peuple, la COVID-19 y est à peine abordée. François Pérusse a préféré traiter d’éléments plus intemporels; la société, les modes de communication, les médias, la politique, les grandes entreprises, l’environnement, les réseaux sociaux. « C’est un disque très collé sur ce qui se passe en ce moment dans notre société. »

Une pochette seventies

La pochette du disque sort de l’ordinaire. Elle est tirée d’une photo originale de François Pérusse qui le représente à l’adolescence, époque à laquelle il écoutait le rock progressif qu’il affectionne encore aujourd’hui. Un mouvement qu’il avait envie de faire revivre à travers le Tome XI. « Nous avons choisi de l’accompagner dans cette démarche et privilégié une imagerie qui rappelle justement les albums des grands groupes de l’époque. Rita studio, qui réalise nos pochettes depuis le Tome 6, a bien saisi l’esprit et parfaitement illustré ce que nous avions en tête. Ce fut un coup de cœur pour nous. Elle détonne aussi avec le reste, car nous avons préféré mettre l’accent sur François, l’auteur-compositeur-musicien, plutôt que l’humoriste. Sa réputation n’est plus à faire en humour et les gens savent en général à quoi s’attendre d’un Album du peuple. C’est pourquoi, cette fois, nous n’avons pas opté pour une pochette humoristique », nous confie Patricia Huot, qui s’occupe des relations de presse chez Zéro Musique.

QUESTION AUX LECTEURS :

Que pensez-vous de ce virage numérique de François Pérusse?

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