Faire le plein de lecture

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Par Frank Rodi
Faire le plein de lecture
Les gens ont emprunté plusieurs livres sur une période de deux jours avant la fermeture partielle des bibliothèques. (Photo : Marie-Ève Doyon)

Les bibliothèques partiellement reconfinées

Entre l’annonce du gouvernement québécois, le 28 septembre, et la fermeture, complète ou partielle, de certains secteurs d’activités, prévue le 1er octobre, il s’est emprunté beaucoup de livres dans les bibliothèques publiques. Des quantités.

Rappelons les faits. Le lundi 28 septembre en début de soirée, le premier ministre François Legault a annoncé que les 82 municipalités de la Communauté métropolitaine de Montréal, incluant Saint-Bruno-de-Montarville, Saint-Basile-le-Grand et Sainte-Julie, basculeraient en zone rouge dès le jeudi 1er octobre. Parmi les mesures prises par le gouvernement, la fermeture des salles à manger des restaurants, des bars, des salles de spectacles, des cinémas et des bibliothèques.

Deux jours plus tard, une entente survenait entre Québec et l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ) afin d’autoriser dès le 1er octobre le prêt de documents sans contact.

Mais entre l’annonce du 28 septembre et le 1er octobre, le journal Les Versants a appris qu’il y a eu une ruée dans les bibliothèques.

Par exemple, à la bibliothèque municipale de Saint-Bruno-de-Montarville, il s’est effectué quelque 3000 prêts pour la seule journée du mardi 29 septembre. « Une journée mémorable, évoque la chef de division de la bibliothèque de Saint-Bruno, Marie-Josée Benoit. C’est une hausse de 600 % par rapport au prêt moyen quotidien. »

Le lendemain, mercredi, l’engouement n’a pas été le même, mais le nombre de documents empruntés est aussi à considérer, avec 1500, soit trois fois plus que le prêt moyen. « Les gens ont pris d’assaut la bibliothèque au cours des deux jours qu’il était encore possible de le faire. Nos abonnés sont venus faire provision de livres pour le confinement de 28 jours. C’est comme si nous avions vécu le Boxing Day des bibliothèques! », nous mentionne Marie-Josée Benoit.

Selon cette dernière, l’achalandage démontre l’importance du lieu culturel comme service de proximité et comme service à la communauté. « La population a besoin de ce service; c’est encore plus vrai en temps de pandémie et de confinement », dit-elle.

Bibliothèque Roland-LeBlanc

Puis, ce sont environ 1740 prêts de documents qui ont été effectués le mardi à la bibliothèque Roland-LeBlanc, à Saint-Basile-le-Grand. Mercredi, les abonnés en ont empruntés 1330. Des hausses substantielles quand on sait que lors des journées achalandées de la saison estivale, quelque 1200 prêts sont enregistrés les mardis et 800 autres sont réalisés les mercredis. Pour la moyenne annuelle, les prêts sont d’à peu près 700 le mardi, et 500 le mercredi.

« Avec la réaction des gens lors de l’annonce de la fermeture, je réalise que les bibliothèques sont un service essentiel. La dose d’amour que nous avons reçue [ces] derniers jours montrait l’importance du service que nous offrons. Nous avons eu une grande affluence avec des files d’attente; les gens avaient besoin de venir se chercher des documents. La lecture m’apparaît encore plus essentielle dans ces temps difficiles, entre autres pour protéger la santé mentale de la population », raconte la directrice de la bibliothèque Roland-LeBlanc, France Goyette.

Bibliothèque de Sainte-Julie

En entrevue, la bibliothécaire en chef à Sainte-Julie, Marie-Hélène Parent, souligne qu’elle a apprécié ces deux jours tampon entre l’annonce gouvernementale et le basculement en zone rouge. Non seulement son équipe a eu le temps de remettre en place le service de prêts sans consultation, mais aussi d’aider les lecteurs à faire le plein de romans, de bandes dessinées, d’albums jeunesse et autres DVD. « Nous avons eu un achalandage extraordinaire! Nos abonnés sont venus faire le plein de livres, mardi, plus particulièrement. Il y avait une file d’attente jusqu’au deuxième étage. Ce fut comme ça toute la journée », explique Mme Parent.

En moyenne, les usagers de la bibliothèque de Sainte-Julie sortent entre 7000 et 8500 documents par semaine. À elle seule, la journée de mardi a permis d’enregistrer plus de 4000 prêts. Il y en avait eu 1300 la veille, avant l’annonce de François Legault. « Les gens ont soif de pouvoir lire, s’informer, s’évader, se changer les idée, ouvrir une porte sur l’imaginaire… La bibliothèque leur permet tout ça », de conclure Marie-Hélène Parent.

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