Saint-Bruno suspend les travaux
Comité de concertation sur la protection des milieux humides et de la mise en valeur des terrains situés au Sud 116
Le maire de Saint-Bruno, Martin Murray, suspend les travaux du Comité de concertation sur la protection des milieux humides et de la mise en valeur des terrains situés au Sud-116 pour une période indéterminée.
Pour ce faire, le magistrat a estimé qu’une pause de quelques mois serait nécessaire afin de permettre au nouveau conseil municipal de prendre connaissance des dossiers en cours et ainsi être en mesure d’orienter les décisions à venir de façon éclairée.
En séance du conseil, le maire a avoué avoir pris cette décision sans consulter ses collègues élus. « J’ai rencontré le président et le directeur général du CREM, le Dr Philippe Blais et Vincent Moreau, et nous avons cru bon qu’à ce stade-ci, selon les meilleures alternatives, il était préférable de repousser de quelques mois la poursuite des travaux, a-t-il expliqué. Il était selon moi urgent d’agir étant donné qu’une rencontre était prévue cette semaine (le 20 novembre). Il m’apparaissait alors normal de surseoir à cette rencontre-là. »
Cette décision déplaît assurément à Thérèse Hudon, ex-conseillère responsable des dossiers environnementaux et membre du Comité. « Je trouve vraiment dommage que le Comité de concertation ne puisse terminer ses travaux selon l’échéancier prévu, a exprimé Mme Hudon au conseil. Plus que jamais, sur un territoire soumis aux pressions tropiques, les milieux humides nécessitent des mesures de protection. Compte tenu des données présentées au Comité de concertation, les milieux humides situés au Sud-116 sont aussi menacés de différentes manières, dont, entre autres, par la présence d’espèces envahissantes. »
Du côté du Conseil régional de l’environnement de la Montérégie (CREM), on dit respecter la décision de la nouvelle administration. « Même s’il est clair que nous aurions aimé poursuivre les travaux du Comité, nous respectons la décision de la Ville, de dire Vincent Moreau. Nous comprenons très bien que le nouveau conseil veuille prendre le temps d’étudier le dossier pour pouvoir se positionner dessus. »
Conservation intégrale
Comme l’a rappelé M. Murray, la conservation intégrale du boisé Sabourin fait partie des engagements électoraux que le Parti montarvillois a annoncés. « Je pense que c’est dans ce contexte-là que nous devons regarder les choses et c’est pour ça qu’il m’apparaissait prématuré, à ce stade-ci, de laisser le Comité travailler dans un contexte d’incertitude, pour lui, et d’inconnu, pour nous (les nouveaux élus). »
Pour France-Hélène Rayle Despatis, porte-parole du regroupement Sauvons le boisé Sabourin, cette nouvelleest excellente. « Nous pensons que cette décision est cohérente aux engagements électoraux du parti. Nous demeurons disposés à travailler avec les élus dans la recherche de solutions dans le sens de la préservation ou de la protection. »
Rappelons que les objectifs du Comité sont les suivants: l’identification des milieux naturels à protéger dans le secteur à l’étude; et l’identification des conditions de base, selon lesquelles le développement du secteur est en mesure de concilier la protection des milieux naturels et la mise en valeur des terrains.
À cet effet, M. Moreau souligne ceci : « Comme 98 % des milieux naturels montérégiens sont en terres privées, le seul moyen d’aller vers une conservation est d’arriver à un consensus. »
Climat de confiance
Des représentants du CREM, de la Ville de Saint-Bruno, du Comité consultatif en environnement, des experts biologistes, des propriétaires riverains, de la Fondation du Mont-Saint-Bruno, de Nature-Action Québec et des promoteurs propriétaires de terrains forment le Comité de concertation.
« Par la qualité du climat d’ouverture établi par le CREM et les participants, nous pouvions espérer arriver à une véritable concertation autour de la protection et la mise en valeur des milieux naturels de grand intérêt, a exprimé Mme Hudon. Je crains que l’interruption des travaux joue sur le climat de confiance qui régnait au sein du Comité. »
Avant de clore la séance du conseil, Martin Murray a informé que le Comité pourrait reprendre ses démarches au début du printemps prochain.


