Saint-Bruno : le crématorium en activité

Le projet de crématorium situé sur le territoire de Saint-Bruno-de-Montarville est en activité depuis le 18 juin dernier. 

« Le déménagement des opérations et de l’administration s’est effectué le 13 juin », affirme le porte-parole de la Coopérative funéraire du Grand Montréal (CFGM), Frédéric Tremblay. 

Cinq jours plus tard, les unités de crémation sont entrées en fonction. 

« La CFGM exploite ces deux unités en alternance pour avoir une crémation à la fois », nous apprend Frédéric Tremblay.

Le journal a aussi appris que les crémations sont effectuées du lundi au vendredi, en avant-midi.

Le COCARH n’existe plus

Le journal Les Versants a appris que le regroupement Citoyens opposés aux crématoriums adjacents aux résidences et habitations (COCARH) n’est plus actif. Pour diverses raisons, nous répond une ancienne membre de l’organisme, Andrée Leblanc. 

« Il est encore et sera toujours difficile de comprendre pourquoi une Coopérative telle que celle du CFGM ne prend pas la santé des citoyens en considération. En n’ajoutant pas un système de filtration adéquat afin de diminuer, sinon d’éliminer les toxines qui émanent des incinérateurs et qui nuisent à la santé des citoyens et à l’environnement », déplore Andrée Leblanc. 

Elle évoque entre autre le ruisseau des Frères et les terres agricoles du territoire. 

« Le COCARH a été dissout, renchérit le Montarvillois Dominique Doucet. Cependant, les citoyens qui sont toujours en rogne contre l’usine crématoire de Saint-Bruno l’ont à l’œil en demeurant vigilants et observateurs. Nous sommes conscients que nous avons devant nous la seule et unique coopérative qui agit sans avoir l’acceptabilité sociale de la communauté d’accueil. »

M. Doucet fait partie des citoyens qui promeuvent la pose de filtres à ce qu’il qualifie de « plus grand pollueur de Saint-Bruno ».

« La CFGM exploite ces deux unités en alternance pour avoir une crémation à la fois. » – Frédéric Tremblay

Par ailleurs, selon Frédéric Tremblay, le 9 juin dernier, un inspecteur de la Ville de Saint-Bruno a approuvé et a émis un certificat d’occupation de la CFGM.

Du côté de Saint-Bruno, la Ville précise qu’une demande de certificat d’occupation lui a été adressé. Toutefois, la requête est « actuellement en traitement ». 

Des demandes auprès de Québec

Rappelons qu’en octobre dernier, le conseil municipal de Saint-Bruno faisait pression auprès de Québec à l’égard des crématoriums. Au moyen d’une résolution, la Ville demandait au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, de renforcer les exigences environnementales à l’égard des crématoriums. « Nous demandons une mise à jour en lien avec les crématoriums. La réglementation du Québec n’est pas assez contraignante », dénonçait alors le maire de Saint-Bruno, Ludovic Grisé Farand.

En somme, le conseil municipal exigeait au ministre de l’Environnement de modifier la réglementation en vigueur pour exiger la mise en place de filtres haute performance sur les cheminées de tous les crématoriums sur le territoire québécois. Les élus demandaient aussi des normes d’émission plus sévères pour les crématoriums, inspirées des meilleures pratiques internationales. Enfin, Saint-Bruno souhaitait des évaluations régulières des émissions polluantes de ces entreprises et de rendre les résultats public.

Dans sa requête, le conseil municipal se tournait aussi vers le ministre de la Santé, Christian Dubé, afin que ce dernier mandate l’Institut national de la Santé publique du Québec (INSPQ) pour obtenir un avis de l’effet des crématoriums sur la santé publique de la population du Québec, documentant entre autres la situation à Saint-Bruno. 

Contactée par le journal, la porte-parole de la Municipalité, Martine Verdon, commente. « Le dossier suit son cours auprès des instances concernées, et la Ville est toujours en attente de certaines réponses », dit-elle.