Saint-Basile : le terrain Northvolt sous surveillance citoyenne

Des citoyennes de la Vallée-du-Richelieu se sont donné rendez-vous devant la grille du terrain de Northvolt, aux limites entre Saint-Basile-le-Grand et McMasterville, le lundi 28 septembre. 

« L’échec Northvolt a marqué tout le Québec », rappelle Julie Raby, lundi après-midi devant l’ancien site de Northvolt. 

Au total, elles étaient une douzaine, représentant plusieurs organismes. Des citoyennes du Comité action citoyenne après Northvolt et des organismes Mères aux front – Rive-Sud, Bonjour Soleil – Regroupement des familles monoparentales et recomposées de la Vallée-du-Richelieu (RFMRVR) et du Centre de femmes l’Essentielle ont pris part à ce rassemblement.

Dans le cadre d’une action de visibilité, des messages étaient installés à l’entrée du terrain, sur la route 223 (chemin du Richelieu), quelques minutes avant le début du point de presse. Certains des messages affichés réclament un BAPE avant toute éventuelle initiative, alors qu’il est possible de lire sur d’autres « Nous sommes le Richelieu ! », faisant référence à la rivière à proximité. 

« Ce terrain jouait jusqu’à maintenant, silencieusement, un rôle de protection de notre santé et de notre sécurité. Jusqu’à 2023, ses services écosystémiques étaient précieux, importants, avaient une grande valeur qui interdisait tout futur développement. Or, il nous a été collectivement confisqué et saccagé par une entreprise extérieure qui a foutu le camp », déclare Julie Raby devant les médias.  

Les représentantes des organismes s’étaient réunies pour rappeler leur attachement à ce terrain ayant « encore une valeur écosystémique importante » pour l’ensemble de la région. 

Date butoir

À deux jours de la date butoir, prévue ce mercredi 30 septembre, du processus d’accueil des propositions d’acquisition du site, les citoyennes ont tenu à faire savoir aux potentiels promoteurs que le développement du terrain continuera d’être sous surveillance citoyenne. « À titre de voisines attachées à ce terrain, nous avons résisté à la vente et au saccage. Nous avons demandé réparation auprès de cette entreprise qui nous a laissés avec ses dégâts. Bientôt, de nouveaux promoteurs deviendront propriétaires de ce terrain. Le 30 septembre, dans deux jours, prendra fin le processus de dépôt des offres d’acquisition. En tant que voisines, nous souhaitons déjà entamer la conversation avec les nouveaux acquéreurs », soutient Mme Raby.  

À la suite d’une première phase du processus supervisé par la firme Raymond Chabot, il y aurait huit repreneurs potentiels pour le terrain, dont l’ancien propriétaire de l’emplacement, le promoteur Luc Poirier. Rappelons que Northvolt a arrêté les travaux en cours à la suite de sa faillite. En septembre 2025, le gouvernement québécois a officiellement abandonné le projet.  

« À la veille de conclure un dossier d’acquisition, nous invitons les futurs promoteurs à la prudence. S’il doit y avoir développement, il est possible de s’inscrire dans une perspective de recherche pour explorer des avenues de préservation écosystémique et de décontamination qui soient exemplaires », ajoute-t-elle. 

Pour Chantal Breton, du Comité action citoyenne, elle insiste pour la demande d’un BAPE avant tout projet, une compensation pour les milieux humides qui ont été détruits, et une compensation pour les arbres qui ont été rasés sur le site. 

Un mémoire

Cette initiative s’inscrit à la suite du dépôt d’un mémoire que des citoyennes ont rédigé et déposé auprès de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, en décembre. Une initiative pour la consultation régionale sur le plan climat.

Dans le mémoire « Préoccupations et recommandations citoyennes : prévenir, réparer, préserver et prendre soin ensemble », les autrices réclament notamment des mesures de réparation et mettent de l’avant des principes devant guider le développement. Ainsi, elles demandent que tout futur développement du site Northvolt fasse l’objet d’un BAPE et que le principe de précaution y ait une valeur prépondérante.

La préservation de la qualité de l’eau de la rivière Richelieu est aussi au cœur de leurs préoccupations. Elles énoncent aussi le souhait suivant. « Nous formulons ici le souhait ambitieux et porteur que la MRC puisse préserver ces terrains à haute valeur écologique de la spéculation immobilière et en fasse une propriété collective régionale afin que la nature y reprenne ses droits. »

Des chiffres 

Rappelons qu’en 2023, le terrain d’une superficie de 18,5 millions de pieds carrés avait été vendu à l’entreprise suédoise Northvolt pour 240 M$. Saint-Basile-le-Grand avait alors perçu un droit de mutation de l’ordre de 5,9 M$ de la part de Northvolt. Aujourd’hui, le terrain est évalué à 315 M$.