Saint-Basile : le chemin du Richelieu tombe à l’eau
Une portion de la route 223, ou le chemin du Richelieu, à la hauteur de Saint-Basile-le-Grand, est en train de s’effondrer dans la rivière. Un riverain qui réside à proximité s’inquiète.
« Il faut le voir sur le terrain à pied d’œuvre, parce que c’est alarmant », témoigne Pierre Ouellette.
M. Ouellette est un citoyen riverain qui demeure sur le chemin du Richelieu. Lorsqu’il se présente en séance du conseil pour s’adresser aux élus, comme ce fut le cas le 7 avril au soir, ce Grandbasilois évoque des aspects de sécurité. Il a notamment fait de la limite de vitesse à 50 km/h sur cette artère son cheval de bataille au cours des dernières années.
Cette fois, il dénonce la dégradation du bas-côté de la route 223, dont une partie est en train de s’écrouler plus bas vers la rivière Richelieu. « Le pavage commence à descendre dans la rivière. C’est épeurant. Une bonne portion de la route s’en va », dit-il en s’adressant aux membres du conseil municipal.
Selon les dires de la mairesse de Saint-Basile-le-Grand, Kim Méthot, le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) devait envoyer des ingénieurs « pour prendre acte de l’état de la route », mais aucun suivi n’aurait été fait auprès de la Ville pour une quelconque intervention.
Sur le terrain
Le journal s’est rendu sur place avec M. Ouellette. Le tronçon devant le 279, chemin du Richelieu, est particulièrement inquiétant. Des cônes orange, des bollards de protection et des panneaux de sécurité ont été installés il y a un certain temps par le MTMD. Cela n’a pas empêché la chaussée de continuer à perdre des morceaux.
« C’est comme ça sur une partie de la route, du côté rivière, mais ici, c’est la catastrophe », mentionne Pierre Ouellette au journal.
En raison de la route qui s’affaisse, le garde-fou glisse aussi vers le bas. L’un des poteaux de cette rembarde pend aussi dans le vide tellement le sol s’est écroulé plus bas. Puis, Pierre Ouellette désigne d’autres fissures dans la chaussée, un peu partout. « Quelques bonnes pluies, deux ou trois camions lourds, et la route va partir », ajoute le citoyen.
Route de juridiction provinciale
La route 223 est de juridiction provinciale. D’après M. Ouellette, le MTMD a manqué son coup. Il estime que Québec aurait dû intervenir dès le début, dès les premiers signes de dégradation de la route. « C’était il y a six ans. Là, il est trop tard. Juste le fait de placer une machine excavatrice pour déposer de la pierre, elle va partir avec la route. Nous sommes rendus là », ajoute Pierre Ouellette, qui insiste sur le fait que ce dossier est une priorité.
La réponse du MTMD
« Bien que le confort de roulement ne soit pas optimal sur la route 223 entre Saint-Basile et Carignan, la route demeure sécuritaire, assure la porte-parole du MTMD, Karine Abdel. Elle ne présente pas un risque d’accident plus élevé que les routes similaires. »
Toutefois, le MTMD annonce deux projets en conception pour cette artère qui longe le Richelieu. Soit l’asphaltage de la chaussée du tronçon entre la route 112, à Carignan, et la rue du Purvis Club, à McMasterville, et la stabilisation de talus à Saint-Basile, à McMasterville et à Beloeil. « L’échéancier de réalisation de ces projets pourra être précisé lors des prochaines étapes. Le MTMD travaille activement sur ces dossiers », affirme Karine Abdel.
Le MTMD a procédé au remplacement de trois ponceaux sous la route 223 en 2024 et en 2025. Le journal a appris que pour intervenir en bordure de la rivière, le MTMD doit d’abord obtenir certaines autorisations. Celle du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, de Pêches et Océans Canada et de Transports Canada. Le MTMD doit aussi consulter les Premières Nations et élaborer des plans de compensation, si nécessaire. « Dès que le concept sera plus avancé, ces étapes pourront débuter. D’ici la réalisation des travaux, le MTMD effectuera, au besoin, toute intervention requise afin de maintenir la sécurité de la route. Un suivi régulier de la route est également réalisé », de conclure Mme Abdel.
