L’agrile du frêne menace de nombreuses villes québécoises

Salon Expo Manger Santé et Vivre Vert

Cofondatrice et ancienne présidente et porte-parole d’Équiterre, sociologue spécialisée en développement international et en environnement, pionnière du commerce équitable et de la consommation responsable au Québec, auteure de deux livres: Acheter, c’est voter (2005, Écosociété) et L’envers de l’assiette (2003, Écosociété), Laure Waridel ne cesse de cumuler prix et mentions. Le magasine Maclean’s a écrit récemment qu’elle faisait partie des 25 jeunes Canadiens qui changent déjà notre monde! De quoi être fière.

Toutes les causes qui touchent à la consommation responsable, à la solidarité ou encore à l’environnement deviennent pour Laure Waridel un levier incomparable de stimulation pour passer à l’action. Elle est d’ailleurs porteuse d’eau pour Eau Secours, la coalition québécoise pour une gestion respectueuse de l’eau, et elle est aussi l’invitée d’honneur (volet écologique) au Salon Expo Manger Santé et Vivre Vert qui se tiendra du 21 au 23 mars prochain au Palais des congrès de Montréal. Depuis dix-sept ans déjà, elle collabore à cet événement de marque, car elle apprécie la vision engagée et cohérente de Renée Frappier (cofondatrice de l’Association Manger Santé Bio, fondée en 1985, et organisatrice du Salon Expo Manger Santé et Vivre Vert qui porte sur l’alimentation saine, l’écologie et la santé globale). «J’ai commencé une collaboration avec Renée dès les débuts du Salon, car elle m’inspire en termes d’alimentation saine. Elle a le don de sensibiliser le public en général, mais aussi de mettre en interaction les acteurs mêmes qui oeuvrent au sein de ces causes.»

Cette auteure et conférencière, qui fait la promotion de choix écologiques et socialement responsables, a comme cheval de bataille les impacts environnementaux, sociaux et économiques d’une agriculture industrielle mondialisée. «Le pouvoir, qui est à la portée de tous, est celui de contribuer par ses choix de consommation au développement d’une économie responsable, ce qui, finalement, engendre le plaisir de bien se nourrir tout en ayant la conscience de respecter la Terre», nous rappelle-t-elle. Saviez-vous que 40 à 50 % de la nourriture produite par l’industrie agroalimentaire est gaspillée avant d’atteindre notre bouche? Que nos aliments parcourent en moyenne 2500 km du champ à l’assiette et que notre sang contient plus d’une centaine de résidus chimiques? C’est ce que vous apprenez en parlant à Laure Waridel et en lisant ses ouvrages fort bien documentés. Lorsqu’on lui demande s’il y a une amélioration réelle dans le domaine de la consommation responsable, elle nous répond par l’affirmative: «Depuis quinze ans, environ, les gens se sont conscientisés à ce niveau : l’exemple le plus flagrant est l’utilisation de nos propres sacs lorsque nous faisons nos courses. Et, oui, il y a une croissance significative dans le marché des aliments biologiques, car l’on croit de plus en plus aux vertus du biologique, mais nous constatons de toute évidence qu’il n’y a qu’une minorité de gens qui optent pour ce choix. Nous vivons malheureusement dans une société d’inégalités sociales flagrantes (les banques alimentaires sont de plus en plus sollicitées) et où la surproduction tend à aller de plus en vite afin d’augmenter les profits des industries agroalimentaires, ce qui fait que le prêt-à-manger reste encore une option trop tentante et facile d’accès en ce qui concerne le coût.»

« C’est parce que nous avons la chance de manger trois fois par jour que nous avons trois fois plus de pouvoir de modifier nos habitudes de consommation alimentaire. »

Faire de notre assiette un projet de société 

C’est le titre donné à sa conférence, qui se tiendra au Salon Expo Manger Santé et Vivre Vert. L’art d’apprendre à devenir un consommateur éveillé et conscientisé. «Si vous saviez tous les impacts et les enjeux sociaux, économiques, environnementaux, en commençant par notre santé qui est un écosystème dont on ne peut ignorer l’existence, que nous produisons par nos choix de consommation alimentaire. C’en est stupéfiant!» Laure Waridel veut nous démontrer que nous avons le pouvoir individuel et collectif de changer les choses. La cohérence fait partie de sa philosophie: être intègre au message véhiculé. Voici donc un aperçu de ce qu’elle propose, un concept très simple nommé les 3N-J (Nu, Non-loin, Naturel et Juste) que l’on retrouve aussi dans son livre L’envers de l’assiette: «Nu pour le moins d’emballage possible, Non-loin pour privilégier les aliments locaux, Naturelpour une agriculture plus écologique et plus saine et Justepour repenser le système agroalimentaire du local au global afin que tout le monde puisse manger à sa faim.»

Réduisons l’empreinte écologique est son leitmotiv. Nous faire réaliser que nous avons tous un pouvoir de choix éclairés est devenu son objectif. Laure Waridel se dit optimiste, mais réaliste malgré tout. Elle déplore cependant le manque de volonté au niveau politique: «Il y a de grands changements que l’on pourrait apporter de manière très concrète, comme investir dans les énergies vertes. Le Québec a tout pour devenir un modèle en ce sens, car nous avons les moyens techniques et financiers. Mais les dirigeants n’ont pas compris encore l’urgence de passer de la parole aux actes, et c’est bien dommage.» Passer de la parole aux actes serait-il devenu un acte de foi?

 Salon Expo Manger Santé et Vivre Vert

Voici les dates et heures des conférences de Laure Waridel:

  • Samedi 22 mars à 14 h 15 à la scène Bio-Écolo
  • Samedi 29 mars à 13 h 30 à la scène Bio-Écolo

www.expomangersante.com