Environnement: des déversements d’eaux usées en 2024

En 2024, des déversements d’eaux usées ont eu lieu à Sainte-Julie, à Saint-Bruno-de-Montarville et à Saint-Basile-le-Grand, notamment en temps de grande pluie.

La Fondation Rivières rend public le palmarès des municipalités quant à l’intensité de leurs déversements d’eaux usées rejetées sans traitement dans les lacs et les rivières du Québec. Le palmarès s’appuie sur les données du MELCCFP diffusées depuis 2017. 

« Plusieurs municipalités se sont mises en action, mais le rythme de correction est encore très lent. Hormis le manque de financement, y a-t-il un manque de connaissances ou de volonté politique? L’accompagnement offert aux municipalités est-il suffisant et adapté aux besoins? », questionne André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières. 

« Plusieurs projets, comme l’égout collecteur, qui sont travaillés en collégialité avec la Ville de Saint-Basile-le-Grand, sont présentement en cours », explique Nancy Cormier, conseillère du district 4 – De l’ancienne gare, responsable des travaux publics à Saint-Bruno. Elle ajoute que les subventions sont toujours insuffisantes pour aider les municipalités à la hauteur de leurs besoins en matière d’amélioration et d’entretien du réseau. « Il faut être capable de s’asseoir avec le gouvernement et de lui dire « Voici le statut de l’état de santé de notre réseau d’égout ». Les villes ont de plus en plus de responsabilités, mais malheureusement, l’argent ne suit pas toujours », mentionne-t-elle.

Une dilution non négligeable

Selon Sylvain Lapointe, directeur général du Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR), l’un des avantages dans la région, c’est que la plupart des déversements ont lieu dans la rivière Richelieu. « Il y a un grand débit d’eau. C’est une caractéristique non négligeable pour la dilution des déversements », précise-t-il.

« La capacité de dilution est plus grande au printemps, avec la fonte de la neige, entre autres, et le niveau des cours d’eau est plus élevé », explique de son côté M. Bélanger.

Avec l’âge de certains tronçons des réseaux d’égout sanitaire et pluvieux, parfois même encore combinés, les villes font face à des défis en matière de gestion des eaux, surtout lors de pluie à haute intensité. Rappelons, à titre d’exemple, que le 9 août 2024, il est tombé plus de 100 millimètres d’eau en 24 heures. « Il manque de fonds pour que les municipalités effectuent les travaux nécessaires afin d’améliorer leur réseau d’égout », justifie-t-il.

Les circonstances, bien que connues, sont variables d’une année à l’autre. André Bélanger note toutefois un déplacement des déversements vers l’été, qui ont surtout lieu au printemps dans près de 70 % des cas. « En 2021, nous avons connu une année très sèche, avec peu de précipitations. C’est certain que l’on enregistre moins de déversements », explique-t-il.

L’indice d’intensité

Au Québec, les déversements d’eaux usées sont interdits par temps sec (48 heures sans pluie) et tolérés, dans une certaine mesure, par temps de pluie. Le ministère limite le nombre de déversements autorisés par temps de pluie durant certaines périodes sensibles, comme l’été, où les milieux naturels sont plus fragiles et où les usages sont plus importants (prises d’eau potable, baignade, etc.). 

En 2024, à Saint-Basile-le-Grand, selon le palmarès publié par la Fondation Rivières, il y aurait eu un déversement par temps sec. « Le nombre de déversements à lui seul ne veut pas dire grand-chose. Il faut vraiment comprendre le chiffre d’intensité par habitant pour en tirer une meilleure analyse », explique le directeur général de la Fondation Rivières. L’indice d’intensité, développé par la Fondation Rivières, tient compte de la durée des déversements et de la taille de l’ouvrage qui déborde. L’indice des déversements par habitant permet de comparer les déversements en fonction de la population. À Saint-Bruno-de-Montarville, cet indice est de 4,2, à Saint-Basile-le-Grand, de 2,7, et à Sainte-Julie, de 0,7. Ce qui, selon la carte interactive, est qualifié de faible à très faible, notamment dans le cas de Sainte-Julie.

La conseillère municipale se dit toutefois nullement inquiète devant les résultats du palmarès de la Fondation Rivières.

« Nous sommes toujours à l’intérieur des maximums permis. Les déversements sont liés aux grosses pluies que nous avons eues en 2024 », explique Mme Cormier.

Nettoyage et inspection

Depuis le 17 novembre, et ce, pour une période de quatre semaines, des travaux seront réalisés à Saint-Basile afin d’assurer le bon fonctionnement du réseau d’égout. Ces interventions pourraient entraîner une diminution temporaire de la largeur des voies et la présence accrue de camions. Un léger bouillonnement d’eau pourrait, dans de rares cas, se produire dans les appareils sanitaires du sous-sol chez les résidents ne disposant pas de clapet anti-retour. Il est recommandé de fermer le couvercle des toilettes et d’y placer une serviette pendant les travaux pour éviter d’éventuels désagréments.