Agriculture : objectif l’eau
Les conditions météorologiques des derniers mois, marquées par le manque de pluie en saison estivale, donnent des sueurs froides à certains producteurs.
« Nous manquons d’eau, c’est officiel! Il n’a pas mouillé pendant plus de 27 jours! » lance le gérant du kiosque Palardy Fruits & Légumes, à Saint-Basile-le-Grand, Jacob Palardy.
La sécheresse a fait en sorte de freiner le plant. « Nous ne sommes pas équipés pour irriguer les champs », souligne M. Palardy, qui déplore une réduction dans la production de fruits. Il évalue des pertes de 20 % en récoltes et des fruits plus petits de 30 %.
Les Jardins de Marie-Bio
« L’eau serait un enjeu si nous devions irriguer les quatre hectares de nos terres. Or, nous cultivons seulement un hectare », résume Louise Marie Beauchamp, des Jardins de Marie-Bio.
C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’entreprise de Saint-Basile n’a pas manqué d’eau cette saison. « Notre étang a suffi à répondre aux besoins. Cependant, si nous avions exploité l’ensemble des quatre hectares, ce qui reste modeste, nous aurions manqué d’eau », exprime Louise Marie Beauchamp.
Néanmoins, cet été, les agriculteurs des Jardins de Marie-Bio ont utilisé le boyau de l’aqueduc trois jours afin d’aider à remplir un peu la mare d’eau. « L’eau de l’étang provient normalement de la montagne et des champs, par les fossés qui sont dirigés vers l’étang, qui n’est qu’une excavation. Nous ne savons pas la quantité d’eau que tient notre étang », ajoute la femme.
De l’ail et des tomates poussent sur le terrain d’un hectare des Jardins de Marie-Bio. Les plants sont revendus en commerces. Des légumes sont aussi préparés en serre.
IRDA
L’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), à Saint-Bruno-de-Montarville, a aussi répondu à nos questions sur le sujet. « Malgré les conditions météorologiques de cette saison, nous n’avons pas manqué d’eau pour nos cultures. Notre centre de recherche dispose de trois étangs, qui ont suffi à la demande », mentionne l’agronome et professionnel de recherche dans l’équipe de gestion de l’eau de l’IRDA, Paul Deschênes.
« Nous manquons d’eau, c’est officiel! » – Jacob Palardy
Ce dernier fait toutefois savoir que la situation de l’IRDA, qui se spécialise dans la recherche et le développement, diffère de celle des entreprises agricoles. « Nous cultivons souvent sur de petites surfaces. Nous avons environ 90 hectares de terre cultivable à Saint-Bruno. Nos projets n’en couvrent qu’une fraction. Aussi, les cultures varient en fonction des projets de recherche. Nos besoins en irrigation varient », explique M. Deschênes, qui évoque par le fait même de bonnes pratiques de gestion de l’eau. Notamment l’utilisation de tensiomètres, de sondes de teneur en eau et diagnostic de la performance des système d’irrigation.
Les gens de l’IRDA mettent aussi à la disposition des producteurs agricoles diverses sources d’informations à propos de la gestion de l’eau, telles EstimEau, une application pour évaluer les besoins en eau pour toute entreprise agricole québécoise, le balado (Eau) trement dit, discussions variées touchant à la gestion de l’eau en domaine agricole, ou encore le guide technique Gestion raisonnée de l’irrigation, publié au CRAAQ.
Par ailleurs, les vignes au Vignoble Kobloth, à Saint-Bruno, n’ont pas manqué d’eau au cours des derniers mois, et ce, en raison d’un système racinaire qui s’enfouit profondément dans le sol.
Le niveau du Richelieu en baisse
Rappelons qu’au cours de la saison estivale, les précipitations se sont faites rares en juillet et en août. Le niveau de la rivière Richelieu a baissé de façon significative sans toutefois atteindre de seuil critique. Un problème constaté à la hauteur de Saint-Basile-le-Grand, et plus récemment du côté de Saint-Mathias-sur-Richelieu, où il manquerait environ cinq pieds d’eau.
La semaine dernière, Québec a annoncé qu’il implanterait un projet pilote pour réduire la consommation d’eau des grands utilisateurs alors que le niveau des cours d’eau et de la nappe phréatique serait trop bas.
