Environnement : un enfant mobilise son quartier

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Par Frank Rodi
Environnement : un enfant mobilise son quartier
Avec l’aide d’amis, de sa famille et de citoyens de Saint-Basile-le-Grand, Louis-Charles Nolet a nettoyé les berges du ruisseau Massé et la forêt. (Photo : courtoisie)

Saint-Basile-le-Grand

Un jeune de 12 ans, Louis-Charles Nolet, a mobilisé son quartier le 3 avril dernier afin de nettoyer la forêt et les berges du ruisseau Massé, à Saint-Basile-le-Grand. Plus d’une cinquantaine de personnes ont participé à ce ménage du printemps.

En tout, l’initiative environnementale aura permis de récupérer plusieurs sacs de déchets. Parmi ceux-ci, notons un siège d’enfant laissé à l’abandon sur le bord de l’eau, une planche de bois remplie de clous, des couvre-visages, beaucoup de plastique, des canettes et des bouteilles de bière…

L’étudiant de 1e secondaire à l’École d’éducation internationale de McMasterville doit accumuler des heures de bénévolat dans son parcours au Programme d’éducation intermédiaire (PÉI). Or, la pandémie a mis à mal le domaine du bénévolat depuis la dernière année, en particulier auprès des organismes communautaires. Ceux-ci comptent habituellement sur l’apport de bénévoles. Mais depuis le début de la pandémie, les organismes hésitent à accepter des étudiants bénévoles.

Par exemple, le Centre de bénévolat de Saint-Basile-le-Grand n’a pas fait appel aux jeunes des écoles en décembre dernier, dans le cadre de sa guignolée, alors que cette aide extérieure est normalement une tradition.

Chez les étudiants, les heures de bénévolat, elles, doivent tout de même s’accumuler. C’est l’une des raisons pour lesquelles Louis-Charles Nolet a décidé d’entreprendre cette corvée de nettoyage. Il est allé chercher six heures de bénévolat avec ses actions écologiques. Les amis de son école qui l’ont accompagné dans le projet aussi, d’ailleurs.

Pollution

Mais il y a d’autres raisons qui vont bien au-delà du bénévolat. « Avec la COVID, j’ai remarqué qu’il y a de plus en plus de gens qui marchent dans la forêt », fait savoir le jeune homme, en entrevue avec Les Versants. Ces marcheurs laissent des traces. Des indices de leur passage dans les boisés. Des bouteilles en vitre, notamment. « J’avais envie de rendre les lieux plus sécuritaires. Plus beaux aussi, plus viables », mentionne Louis-Charles Nolet, qui dit avoir à cœur l’environnement. D’où cette collecte de déchets afin de réduire la pollution.

« Je me suis étonné de voir à quel point j’ai réussi à mobiliser autant de gens. Le porte-à-porte m’a fait gagner en confiance. Je suis surpris aussi d’avoir récolté autant de sacs de déchets. » – Louis-Charles Nolet

Mobilisation

« Les effets de mon dévouement seraient très bien, mais en même temps limités. » Dans cette optique, le garçon a décidé de mobiliser les citoyens de son quartier afin de les inciter à lui prêter main-forte pour réaliser sa mission. Après avoir réalisé un dépliant, il a effectué du porte-à-porte sur la rue du Ruisseau et Terrasse du Ruisseau, expliquant son initiative. Plus de 50 personnes, réunies en bulles familiales, ont participé à cette « première corvée citoyenne du Ruisseau ».

Le père, Éric Nolet, commente la démarche du fils : « Sans le qualifier de garçon timide, Louis-Charles n’ira pas au devant des gens. Mais en effectuant son porte-à-porte, j’ai l’impression que ça lui a apporté un gros plus pour lui. »

Au téléphone, Louis-Charles renchérit : « Je me suis étonné de voir à quel point j’ai réussi à mobiliser autant de gens. Le porte-à-porte m’a fait gagner en confiance. Je suis surpris aussi d’avoir récolté autant de sacs de déchets. »

Avec son projet écologique, l’étudiant a réussi un objectif à deux volets. Le premier, à court terme, celui de redonner à la population de Saint-Basile-le-Grand « un bel environnement propre et sécuritaire ». Le deuxième, à plus long terme, soit sensibiliser la prochaine génération aux répercussions des détritus dans la nature. « Les enfants, en ayant participé à nettoyer cette forêt, il est probable que ces futurs adolescents tentent de maintenir cet environnement intact. »

D’ailleurs, parmi les 50 « voisins » qui sont venus aider, Louis-Charles Nolet estime que la moitié était des enfants. « Presque chaque adulte était accompagné d’au moins un enfant. Certains de 5-6 ans », relate le Grandbasilois.

Le temps et la température étant au rendez-vous, l’activité a connu un beau succès. « Je tiens à remercier tous les gens qui ont pris de leur temps afin de nous redonner un bel environnement. »

D’ailleurs, plusieurs citoyens ont manifesté le désir de revenir l’année prochaine afin de reproduire le même exercice en famille. « C’était la première version de cette initiative. J’ai bien la certitude de refaire une collecte l’année prochaine! » lance-t-il.

Jour de la Terre

Quand on lui demande s’il a l’intention de souligner le Jour de la Terre, le 22 avril, peut-être avec une nouvelle corvée citoyenne, mais ailleurs sur le territoire, le jeune bénévole répond que ça reste à voir. « Je n’y avais pas pensé, mais j’ai peut-être une idée… c’est à voir! »

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