Entretien avec Isabelle Bérubé candidate au poste de mairesse à Saint-Bruno-de-Montarville

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Par Frédéric Khalkhal
Entretien avec Isabelle Bérubé candidate au poste de mairesse à Saint-Bruno-de-Montarville
Isabelle Bérubé est à la tête de son parti Ensemble Saint-Bruno. (Photo : courtoisie - Philippe Bossé)

Dans le cadre des élections municipales à Saint-Bruno-de-Montaville, chaque semaine nous nous entretiendrons avec un des trois candidats à la mairie. Aujourd’hui, Isabelle Bérubé, cheffe d’Ensemble Saint-Bruno, répond à nos questions.

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous présenter comme mairesse après deux mandats comme conseillère municipale?

C’était de pouvoir poursuivre dans cette voie. On a adopté le Plan d’urbanisme en 2017, un plan accès sur le développement durable, et j’avais la préoccupation que ce plan vive dans le temps. Tous les projets qui nous seront soumis devront répondre à ce plan d’urbanisme. Il y a aussi l’enjeu climatique qui est majeur. C’est un enjeu qu’il est urgent de régler. Saint-Bruno a toujours été au devant de la parade. On a toujours été innovants et exemplaires en matière d’environnement, comme la protection du boisé Sabourin récemment, qui va faire jurisprudence. Beaucoup de monde a encensé le jugement. Il faut continuer à être exemplaire. Moi, je vais poursuivre ça.

Vous avez un bilan municipal à défendre, car vous avez été membre du Parti montarvillois jusqu’à il y a un an. Quelle est la plus grande fierté que vous avez de cette période?

Il y a plein de choses. Plusieurs politiques ont été adoptées, politique d’habitation, politique de participation publique, politique Ville nourricière, politique de l’arbre… Toutes des politiques structurantes qui assureront la transparence des processus, la mise en place de processus de consultation publique à l’avant-garde. Notre politique d’habitation, qui nous permettra aussi d’assurer un développement urbain qui répond aux besoins de la population. Ce sont des politiques structurantes. Cela prend du temps à mettre en place, car on les a travaillées avec des comités consultatifs citoyens, avec la fonction publique, avec des experts des milieux. Elles ont été adoptées, il faut maintenant adopter les projets en lien avec ces politiques. Il y a beaucoup d’outils de planification qui ont été adoptés dans les premiers mandats. Maintenant, je souhaite mettre mes compétences au service des citoyens en donnant vie à ces politiques.

Vous assumez tout ce que vous avez fait pendant ces deux mandats?

Absolument. Sur le plan des finances publiques, il faut se pencher sur le bilan. Dans les deux dernières années, cela a été un peu plus difficile, car nous avons un Plan triennal d’immobilisation (PTI) un peu trop lourd à mon avis, mais dans les années sous Martin Murray, il faut lui donner ça, il a assuré une saine gestion des finances. On a mis 11 millions de $ de côté pour le complexe sportif, et d’autres sommes encore, car il y a une mise à niveau à faire sur les infrastructures à Saint-Bruno, et il faut être responsable dans nos dépenses. Outre le complexe sportif, il y a un réseau d’égouts qui doit être complètement renouvelé au sud de la route 116 pour 18 millions de $. On a de gros emprunts qui s’en viennent. Il faut se projeter dans le temps et assurer une saine gestion du budget.

Si tout s’est bien passé, pourquoi avoir quitté le maire Martin Murray et son parti, le Parti montarvillois?

Lorsqu’on a pris cette décision avec Vincent Fortier, il y avait un contexte politique très tendu.Dès que l’on prenait la parole, on était ostracisés parce que l’on était dans l’équipe du maire. C’était rendu à ce point intimidant que l’on ne prenait plus la parole, parce que l’on était associés à l’équipe du maire. Alors, on a voulu tendre une main à nos adversaires en siégeant en tant qu’indépendants pour baisser la tension au sein du groupe. C’est le pari que l’on a fait Vincent (Fortier), et moi.

Qu’est-ce qui vous diffère, vous et le Parti montarvillois?

Il y a des similitudes. Ensuite, on est repartis sur de nouvelles bases. Il y a certainement des propositions dans notre programme qui sont complètement nouvelles. Comme tout le soutien aux aînés. On voit de plus en plus de détresse chez les plus âgés et on veut travailler avec eux pour leur permettre de continuer à vivre à Saint-Bruno.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme?

Une de nos promesses phares, c’est de concrétiser le complexe sportif. J’aimerais qu’il y ait une première pelletée de terre avant la fin du premier mandat. On mise aussi, dans nos grands enjeux, tout ce qui touche l’environnement. Un centre-ville au cœur de notre campagne. C’est majeur dans nos engagements. C’est la plus grande part de notre programme, la revitalisation du cœur villageois. La famille est toujours au cœur des politiques, que ce soit pour faciliter l’accessibilité au logement ou pour s’assurer une offre en loisir, et le complexe sportif s’inscrit tout à fait là-dedans.

On vous a reproché de ne pas dire la même chose à l’agglomération de Longueuil et au conseil municipal. Êtes-vous cohérente dans les propos que vous tenez dans les deux organismes municipaux?

Pour moi, oui. À la Commission d’aménagement de l’Environnement de l’agglomération de Longueuil, le mandat que l’on a, qui est celui du comité exécutif de Longueuil, c’est d’assurer le respect du schéma d’aménagement. Quand la Commission analyse des dossiers, elle doit les analyser en fonction de ces principes directeurs-là. Point.
Mais vous ne le connaissez pas, le schéma d’aménagement en tant qu’ élue à Saint-Bruno?
En principe, oui. Je peux prétendre le connaître plus que mes adversaires, car j’ai participé à l’élaboration du schéma. Les gens me reprochent d’avoir appuyé la résolution qui demandait le changement de zonage dans le parc industriel, mais ce n’était pas que pour le complexe sportif, c’était aussi en cohérence avec le déménagement des terrains de balle. Moi, je n’ai jamais trouvé qu’il y avait des incohérences là-dedans.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous démarque des autres candidats?

M. Grisé fait de la politique. Moi aussi, mais lui a brigué un poste de député à l’Assemblée nationale. Là, il met ses billes sur la mairie. Je vois là une distinction sur nos parcours professionnels. Moi, j’ai toujours travaillé soit en journalisme, soit en environnement. Lui, c’est un comptable, mais il a toujours fait de la politique active depuis qu’il est tout jeune. Je ne sais pas quoi vous dire d’autre. C’est certain qu’ils auront des éléments environnementaux dans leur plateforme, mais je pense que c’est moi qui suis la crédibilité en matière environnementale. On verra bien.

Les réseaux sociaux dépassent souvent les limites. Quoi penser de ce moyen de faire de la politique?

Il y a des gens qui se cachent derrière le clavier et qui se créent de fausses identités pour influencer l’opinion publique. Pour nous, on n’a pas le choix d’y être pour véhiculer nos idées. Cela reste un espace de communication. Maintenant, c’est lorsque le réseau est empoisonné par des faussaires que cela prend une autre tangente. Si l’on reste au-dessus du débat et que l’on est capables d’échanger, cela peut être très bon. Mais là, on voit le pire.

Au-delà d’une victoire le 7 novembre, que peut-on vous souhaiter pour cette campagne?

J’espère que le jugement que l’on vient d’avoir (jugement reconnaissant le boisé Sabourin comme un milieu humide) fera jurisprudence. Cela permettra de protéger l’ensemble des boisés qu’il reste à Saint-Bruno. C’est un excellent jugement aussi pour remettre l’équilibre entre les forces de la propriété privée et celles de la propriété collective, car c’est ce que l’on a défendu depuis le début. Les villes doivent pouvoir protéger des boisés. Ce jugement-là est vraiment fondateur. En ce qui me concerne, je suis fière d’appartenir à Saint-Bruno et l’on peut se souhaiter à tous d’avoir un débat politique serein.

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