Une vision intégrée du développement

Parti montarvillois

Sous forme de questions et de réponses, voici la vision du chef du Parti montarvillois, Martin Murray, quant au genre de développement auquel Saint-Bruno devrait s’attendre. Ont assisté à cette entrevue Martine Bousquet et Vincent Fortier, respectivement candidats dans les districts 1 et 2. Ces deux aspirants étaient invités à commenter les enjeux concernant leur quartier.

-Six thèmes constituent votre programme. Si vous deviez obligatoirement réaliser trois priorités, lesquelles choisiriez-vous et dans quel ordre d’importance?

Martin Murray : «L’éthique, le développement et les finances sont interreliés. En matière de développement, trois priorités :

Nous avons une vision intégrée du développement. D’abord, faire l’état des lieux de ce que sera Saint-Bruno dans 25 ans. Ensuite, un plan d’urbanisme sera réalisé avec les citoyens.

Natrel s’apprête à quitter les lieux dans deux ans au maximum. C’est à peu près sûr. La Ville est au courant. D’autre part, il faut renforcer l’élément village du centre-ville. Il y aura une densification et une bonification sur le plan services, mais le centre-ville n’est pas attrayant sur le plan destination : 880 000 personnes visitent le parc national, mais elles ne viennent pas au centre-ville. Nous sommes sensibles aux difficultés des commerçants et nous devons rendre le centre-ville attrayant, qu’il soit un lieu de divertissement plus intéressant.

Une attention particulière sera apportée au secteur du parc industriel. Le secteur manufacturier est sous pression. À ce sujet, il y a une réflexion et une action stratégiques à faire. Je connais une entreprise qui va déménager sa fabrication en Inde.

De plus, le Parti veut réaliser un projet d’économie sociale «bicycle jaune» de prêt gratuit destiné aux jeunes.»

-Vous avez pris l’engagement de consulter la population sur les projets majeurs. À quel type de projet d’importance faites-vous référence et comment allez-vous vous assurer d’avoir un large consensus?

MM : «Il y aura une consultation publique pour tout projet majeur à l’image de la Commission Venne sur le plan de conservation des milieux naturels, tenue à Saint-Bruno en 2011. La Ville a omis de consulter les riverains lors des travaux du ruisseau Dumoulin. Elle a aussi permis la construction d’une garderie à proximité de la voie ferrée.»

-En matière de développement résidentiel, vous optez pour la rénovation et la densification. Irez-vous jusqu’à permettre des immeubles de 10 étages et plus ?

MM : «Pas plus de 5 étages au centre-ville. Des études relèvent «une incidence psychologique» sur les personnes qui demeurent au 6e étage d’un édifice en comparaison à celles qui habitent aux premiers étages. Il faut conserver le cachet et le capital naturel de la Ville. Il existe ailleurs moult expériences de densification dont on peut s’inspirer.»

4-Saint-Bruno compte 26 429 de population. Jusqu’à quel niveau pourra-t-elle augmenter ?

MM : «La démographie fait en sorte que même s’il y a de nouveaux développements, Saint-Bruno devrait compter tout au plus 28 000 habitants dans un horizon de 20 ans. En 2011, les 65 ans et plus constituent 18,5 %. D’ici 2030, ce groupe d’âge atteindra 30 à 32 %. Il y a aussi 2,6 personnes par logement. Les projections démographiques partout ailleurs nous amènent vers une baisse. On devrait tendre vers 2,4 par logement. Il reste à peu près un maximum de 2500 constructions de haute densité, mais cela sacrifierait un territoire hautement important en termes de patrimoine naturel.»

Vincent Fortier: «Il est nécessaire de collaborer avec les villes voisines quant aux impacts négatifs sur la mobilité et d’avoir une capacité d’analyse pointue avec des dizaines de variables.»

5-Comment allez-vous attirer et accompagner les commerces et les industries qui souhaitent s’installer à Saint-Bruno ?

MM : «Jean-Coutu est l’illustration d’une administration qui se ferme. Oui, il y a peut-être la circulation des camions. En créant un écoparc, on s’est figés. C’est du fonctionnarisme malheureusement étroit d’esprit. Même s’il y a beaucoup de terrains vacants, on est en concurrence avec d’autres villes. Il faut maintenir les critères, mais il faut aussi une réflexion à ce sujet. Il faut que les critères soient en phase avec la réalité.»

6-Comment allez-vous concilier le développement et la protection de l’environnement?

VF: «Il y a une opposition en termes de valeur et d’orientation. C’est un énoncé paradoxal. Le promoteur a intérêt à faire rouler sa business et le citoyen choisit Saint-Bruno pour sa nature. Mais pour l’administration municipale, il n’y a plus d’opposition d’intérêts. Elle représente la communauté qui veut un développement qui respecte la nature et le cachet montarvillois.»

MM : «Il y a des promoteurs qui font des pressions indues pour développer des secteurs qui ne devraient pas l’être.»

7-Êtes-vous pour ou contre le principe d’utilisateur/payeur?

MM : «La question ne se pose pas à ce niveau. On peut parler de spéculation foncière. C’est là que la Ville doit être un acteur important, mais elle ne l’est pas. Il y a des terrains hautement stratégiques que la Ville aurait pu acheter à des coûts relativement modestes, les développer à son rythme et récolter tous les fruits au lieu de laisser la spéculation.»

8-Dans tous les engagements que vous avez pris, avez-vous évalué la capacité des infrastructures à absorber les nouveaux développements ?

MM : «Le portrait est pitoyable. Nous n’avons pas d’information sur l’état des infrastructures. Le développement que nous préconisons n’aura pas d’impacts négatifs sur le transport, car un de nos axes importants est la mobilité. On s’engage à augmenter le budget des infrastructures à partir du cadre financier, lequel limite la croissance des dépenses à un maximum de 2 %.»

9-Votre parti s’est engagé à augmenter le budget destiné à la réfection des rues et des infrastructures souterraines. Quel est le montant additionnel que vous voulez y consacrer? Parle-t-on d’un montant annuel ou sur les quatre prochaines années?

MM : «C’est trop tard pour le budget 2014, étant donné qu’il est déjà en préparation. Si on est élus, il y aura une nouvelle lecture des finances de manière à réaménager les dépenses pour libérer des montants additionnels. Aussi, il y a le nouveau programme d’infrastructures du gouvernement fédéral.»

8-Avez-vous chiffré le montant global de vos engagements?

MM : «Regardez le budget. La croissance des dépenses est de 2 % par année, c’est ça, l’impact financier. Depuis 2008, l’augmentation est de 5,5 % par année. Nous, on s’oblige à un réaménagement de 2 %.»

9-Si vous n’arrivez pas à remplir tous ces engagements, allez-vous couper dans les services?

MM : «Ce qui est ici, c’est un projet pour plus qu’un mandat. Le développement du centre-ville est dans un horizon de 20-25 ans. On va respecter tous nos engagements; cependant, on va les faire selon la capacité de payer de nos contribu
ables. Il sera possible de différer certains engagements, car la marge de manoeuvre est insuffisante. On va revoir le fonctionnementde la municipalité : faire des choix, se libérer des espaces budgétaires, car les dépenses au cours des 8 dernières années sont fortement remises en question. S’il faut étirer dans le temps, on le fera, mais toujours en cohérence absolue avec la plateforme.»