Saint-Bruno : un conseil sans opposition

À Saint-Bruno-de-Montarville, le conseil municipal se retrouve sans opposition à la suite des élections du 2 novembre. Une première depuis 1999. 

Quand on demande à Ludovic Grisé Farand, réélu au poste de maire le 2 novembre avec une large majorité, ce que vient changer un conseil sans opposition, le premier magistrat répond que les projets risquent d’avancer plus vite et que l’harmonie sera meilleure. « Mais ça ne veut pas dire que nous n’aurons pas de débat. Comme dans toute équipe, parfois, les esprits s’échauffent. Mais la beauté, c’est que nous trouvons toujours un consensus. Lorsqu’il y a des enjeux qui nous divisent, nous réussissons à trouver un juste milieu », affirme Ludovic Grisé Farand.  

Puis il indique qu’une équipe complète ne signifie pas qu’il sera moins sensible aux doléances des citoyens. « Je suis l’un des maires les plus sensibles au Québec. Nous serons encore proches des gens et à leur écoute pour leur donner l’heure juste, que ce soient de bonnes ou de mauvaises nouvelles. »

Pour l’opposition

Pour Louis Mercier, qui a perdu contre le maire sortant en récoltant 12 % des suffrages, « c’est catastrophique! » estime-t-il.

Depuis 2021, il représentait l’opposition, avec Vincent Fortier, au conseil municipal. « Il n’y aura pas d’opposition! Il n’y aura plus de questions », appréhende Louis Mercier, qui assistera aux séances du conseil. « L’opposition sera dans la salle du conseil. Les citoyens, nous devenons importants », explique-t-il.

Le journal a aussi demandé l’avis de Vincent Fortier sur l’absence d’opposition au conseil municipal de Saint-Bruno. « Ce n’est jamais sain, sur le plan de la gouvernance, une telle concentration du pouvoir, mais c’est le choix démocratique qui a été fait. L’important est que les citoyens s’intéressent à la chose municipale et que [le journal local] fasse un bon travail critique. Il doit y avoir des contrepouvoirs. On ne peut pas se fier à la parole d’une seule personne pour savoir si nous sommes dans la bonne direction », fait savoir M. Fortier.

Il a l’intention de suivre les travaux du parti en place, « comme tout citoyen peut le faire ».   

L’opposition à travers les années

À Saint-Bruno-de-Montarville, il faut retourner en 1999 pour retrouver un conseil municipal sans opposition. C’était à l’époque du maire Marcel Dulude. Depuis, il y a eu Nicole Charbonneau Barron en 2005. En 2009, c’était Michèle Archambault. Thérèse Hudon, Michaël O’Dowd et André Besner représentaient l’opposition en 2013, alors qu’en 2017, il y a eu Louise Dion et Joël Boucher avant la débâcle du Parti montarvillois, puis Ludovic Grisé Farand à partir de 2019. En 2021, Vincent Fortier et Louis Mercier incarnaient l’opposition au conseil.

Selon Louis Mercier, la démocratie à Saint-Bruno est mal en point. « La preuve, sept conseillers ont été élus par acclamation », rappelle-t-il. 

Mercier et Fortier sereins

« Je vais bien. Je ne suis pas caché chez moi à me morfondre », exprime Louis Mercier. 

L’ancien conseiller indépendant du district 5 – Des vergers a perdu ses élections alors qu’il briguait la mairie. « Dans le contexte où je me présentais seul et à la dernière minute, c’était utopique de penser que j’allais gagner. Mon gain, c’est d’avoir offert un choix aux citoyens. J’y suis allé parce que personne ne se présentait contre le maire. Je suis allé là pour la démocratie », précise-t-il.

À Saint-Bruno, la seule autre lutte dans le cadre de cette élection municipale, hormis celle pour le poste de maire, se déroulait dans le district 2 – Des aviateurs. Vincent Fortier a obtenu 35,31 % des votes, contrairement à 64,69 % pour sa rivale, la candidate Michelle Lavergne de l’équipe Citoyens d’abord. « Je suis déçu, bien sûr, mais fier du travail accompli. Je suis fier aussi des projets auxquels j’ai contribué au fil de ces huit années », confie Vincent Fortier, qui sollicitait un troisième mandat.

Le chef du parti Ensemble Saint-Bruno, qui ne sera pas dissout, salue les résidents du district 2 – Des aviateurs. Il les remercie « pour toutes ces rencontres » qui lui auront permis de constater que « ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous divise ».

Il reprend. « Le maire et son équipe ont mis toutes leurs énergies pour s’assurer d’un contrôle total du conseil. Ils ont convaincu les résidents. Ainsi va la démocratie. J’ai toujours voulu faire de la politique en respectant l’intelligence des gens et en montrant que l’on peut assumer nos positions sans dénigrement », résume Vincent Fortier.