Écrire pour guérir

Écrire pour guérir

L’auteure et poète Joey Messina.

Crédit photo : Courtoisie

Joey Messina publie Shrapnel In My Soul, un recueil de poèmes disponible sur les plateformes numériques amazon.ca et amazon.com. Dans ses textes, la Montarvilloise évoque plusieurs thèmes sombres.

L’auteure a écrit ses poèmes à la suite d’une « très dure épreuve » qui l’a affectée et qui la fait souffrir encore aujourd’hui. Quarante-quatre des quarante-sept poèmes qui composent ce livre sont d’ailleurs dédiés à la personne qui lui a fait du mal. I have cried tears of blood. You were the love of my life, yet you destroyed me. […] You should have had the decency to kill me, peut-on lire entre autres dans la dédicace. (Traduction : J’ai pleuré des larmes de sang. Tu étais l’amour de ma vie, pourtant tu m’as détruite. […] Tu aurais dû avoir la décence de me tuer.). « J’ai pleuré mes poèmes avant de les écrire », admet Joey Messina. Un pseudonyme.

Univers basculé

En entrevue avec le journal Les Versants, la poète soutient qu’elle a beaucoup perdu avec cette expérience, qu’elle qualifie de désillusion totale. « Lorsqu’il s’est retourné contre moi pour m’agresser, mon univers s’est écroulé. » Est-ce qu’écrire ces poèmes lui a apporté un certain réconfort? « Écrire est venu exorciser certains aspects. Ça m’a aidée à mettre des mots sur des choses que je n’arrive pas à exprimer aux gens de mon entourage. Ça m’a permis de passer un peu à travers la situation; un pas vers la guérison. »

« J’ai pleuré mes poèmes avant de les écrire. » -Joey Messina

Celle qui rédige sous le nom de Joey Messina espère que ses poèmes en prose viendront en aide à certains lecteurs, leur feront réaliser qu’ils ne sont pas seuls à vivre pareille situation. « Si je peux toucher quelqu’un avec mes textes, quelqu’un en difficulté, que cette personne se sente moins seule dans son épreuve, tant mieux si je peux accomplir cela », répond-elle. C’est d’ailleurs l’un des objectifs qu’elle voulait remplir avec Shrapnel In My Soul. « Viscéral » serait le qualificatif qu’elle donnerait à son recueil rédigé l’été dernier.

Quant à lui, l’autre objectif s’est manifesté de lui-même. « Lorsque j’ai procédé à l’exercice créatif, à ce moment, c’est tout ce qu’il me restait. Si je n’écrivais pas ça, j’aurais été dans un pire état aujourd’hui. J’ai créé ces poèmes pour ne pas tomber malade. Il y a des jours moins mauvais maintenant. »

En anglais

Celle qui a fait des études de doctorat en neuropsychologie a privilégié l’anglais au français, en raison de la spontanéité dans la rédaction. « Pour le choix des mots, plus facile, pour l’aspect émotionnel et parce qu’écrire en anglais m’a permis d’être plus spontanée », poursuit-elle. Elle indique qu’en basculant vers le français, elle pense et réfléchit trop, il n’y a aucun ressenti dans ses mots. « À la limite, c’est une écriture chirurgicale. »

Les trois derniers poèmes du bouquin sont dédiés à une autre personne, en lien avec celle de la première dédicace. « Elle a eu une influence néfaste sur mon ex-conjoint. Elle a été le catalyseur de ces événements », observe Joey Messina.

Des nouvelles

À la fin du recueil, l’auteure présente un extrait de son prochain livre, Pretty Blades All In A Row, une collection de nouvelles inspirées de chansons variées qu’elle compte aussi publier d’elle-même. L’extrait auquel le lecteur a droit ici est l’histoire Blood and Tears, une nouvelle dont le titre rappelle la chanson du même nom de Danzig. Contrairement à la poésie, dans laquelle elle cherche l’émotion forte et le sentiment, Joey Messina compare la rédaction d’une histoire à un voyage, une aventure dans laquelle elle désire embarquer le lecteur afin qu’il passe un bon moment. « J’écoute beaucoup de musique. Lorsque je suis en processus d’écriture, c’est rarement le silence. Pour les nouvelles, c’est dans les chansons que je puise mon inspiration. »

Un deuxième recueil de poésie est aussi en chantier, au moins pour la prochaine année.

Joey Messina demeure à Saint-Bruno-de-Montarville depuis 12 ans. Elle dira en entretien qu’elle aime sa ville, qu’elle trouve jolie, parce qu’elle lui offre une belle qualité de vie. « Le lac du Village, la nature, la tranquillité… le décor de Saint-Bruno a contribué à mon écriture », indique-t-elle.

Sentiment d’accomplissement

La Montarvilloise raconte que son intérêt pour les mots et les lettres remonte à sa petite enfance, avant même qu’elle entame l’école. « Toute petite, je savais que je voulais écrire des livres. Je voulais même les fabriquer. J’avais tout le temps le nez dans les bouquins, se souvient Joey Messina. Pour moi, c’était une certitude; je ne savais juste pas vers quel créneau je me dirigerais. Ma vie n’aurait pas été complète si je n’avais pas écrit. Aujourd’hui, j’ai un sentiment d’appartenance que je n’éprouvais pas avant. »

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