Écoutons les femmes, le balado du Centre de femmes Entre Ailes

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Par Gabriel Provost
Écoutons les femmes, le balado du Centre de femmes Entre Ailes
Les trois épisodes du balado Écoutons les femmes sont offerts en ligne sur SoundCloud. (Photo : courtoisie Centre de femmes Entre Ailes)

Le Centre de femmes Entre Ailes a lancé une série de balados, dans lesquels des femmes ont l’occasion de raconter comment se déroule leur vie depuis la pandémie de COVID-19.

Une médecin, une jeune maman et une retraitée abordent des sujets qui résonneront sans doute chez d’autres femmes : la solitude, la charge mentale, le manque de places en garderie, l’éveil féministe et d’autres thèmes multiples. La série a été nommée Écoutons les femmes.

Pour le premier épisode, c’est Julie Lafrenaye, une médecin de famille et urgentologue, qui raconte comment elle a, à l’âge de 36 ans et durant la pandémie de COVID-19, décidé de se séparer tout en continuant de gérer les différents aspects de sa vie professionnelle et familiale. 

Alors qu’elle n’avait pas l’impression d’être dans une relation inégalitaire, elle a fini par réaliser qu’elle n’était pas bien dans ce qu’elle vivait. « À partir du moment où l’on subit quelque chose, que l’on s’est adaptée ou que l’on est entrée là-dedans comme par automatisme, il y a quelque chose qui brise et on se dit que l’on n’est pas bien. » 

Elle considère donc avoir vécu un éveil féministe et elle a senti que le contexte sexiste dans lequel la société place les hommes et les femmes avait fini par la brimer à la longue, autant dans sa relation de couple que dans son milieu de travail et d’autres sphères de sa vie.
« On a beau être des professionnelles, des femmes de carrière, il y a un phénomène de société qui est là et qui fait insidieusement ses ravages et, finalement, on est moins productives. »

Mme Lafrenaye parle également de son expérience de travail dans le milieu de la santé en indiquant que « ce n’est pas normal, quand il y a un nouveau médecin qui arrive dans un milieu, que l’on soit soulagés qu’elle ait eu ses enfants ». 

L’objectif de cette série de balados était de permettre aux femmes de sortir de l’ombre et de s’exprimer sur des sujets qui les concernent, elles et toutes les femmes du territoire.

Ce projet est porté par les membres du Centre qui mènent l’entrevue et par la mairesse de Contrecœur, Madame Maud Allaire, marraine au comité de sélection des profils reçus. Vu le succès des trois premiers épisodes, il est possible que la série soit prolongée et que d’autres épisodes soient créés en collaboration avec les femmes de l’organisme. Les trois premiers sont offerts en ligne sur SoundCloud.

Valoriser les femmes

Le Centre de femmes Entre Ailes a été créé pour aider les femmes à prendre soin d’elles-mêmes, pour qu’elles s’outillent, agissent ensemble et s’entraident. Situé à Sainte-Julie, il permet aux femmes de découvrir leurs forces afin qu’elles y prennent appui et qu’elles soient en mesure de relever les défis de la vie. C’est un milieu de vie, un espace de rencontres où le dynamisme et la créativité des femmes sont valorisés.

Ce type d’organisme communautaire est d’autant plus important dans la période actuelle, alors que l’année 2021 a été marquée par au moins 15 féminicides jusqu’à maintenant. 

Le Centre de femmes de Sainte-Julie espère que les femmes qui vivent des situations de violence conjugale à la maison tenteront de le contacter pour obtenir de l’aide en cas de danger ou d’incertitude. « On invite les femmes, et la population en général, qui sont témoins ou victimes de violence conjugale à nous contacter. On peut donner de la formation, de l’accompagnement. Les femmes qui se posent des questions peuvent appeler ou se présenter au Centre. C’est confidentiel et elles n’ont pas besoin de rendez-vous pour venir au Centre », dit la coordinatrice du Centre de femmes Entre Ailes, Sylvie Riendeau Langlais. 

Ajuster le service au contexte

Joindre les femmes qui vivent des situations difficiles a été plus complexe durant la pandémie, faisant en sorte que les centres de femmes adaptent leurs services. À Sainte-Julie, les intervenantes ont eu davantage d’appels de femmes victimes de violence conjugale. 

Elles ont fait des ajustements pour établir des contacts, lancer des retours d’appels, répondre aux demandes d’information. Pour la coordinatrice, la ressource se devait d’être présente aussi souvent que possible. « Comme nous ne sommes pas une ressource ouverte 24/7, nous nous sommes mobilisées en-dehors des heures habituelles. » 

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