Saint-Bruno : l’entreprise QScale perd son terrain
Le conseil municipal de Saint-Bruno- de-Montarville a approuvé la résiliation de la promesse d’achat conclue en mars 2019 avec l’entreprise QScale. La Ville reprend ainsi le terrain afin de le remettre en vente.
« Nous avons été patients, nous avons attendu jusqu’à la fin du délai. L’entente vient à échéance. Nous procédons », exprime le maire de Saint-Bruno, Ludovic Grisé Farand. QScale avait une offre pour être propriétaire du terrain, mais au préalable, l’entreprise devait remplir des conditions. D’où l’attente depuis 2019.
En février 2024, l’entreprise QScale, un centre de traitement de données, s’était butée à un non de la part d’Hydro-Québec et du ministère de l’Économie et de l’Innovation à propos de sa demande en alimentation. Le projet était mis sur la glace à Saint-Bruno. Or, plus récemment, en novembre, le gouvernement a fait volte-face dans le dossier des centres de données. Dans sa stratégie économique, François Legault soutient que les centres de données, comme QScale, pourront obtenir davantage d’électricité de la part d’Hydro-Québec. La CAQ ouvre la porte à ce type d’entreprise.
Déception pour Martin Bouchard
Le président de QScale, Martin Bouchard, a été informé de la décision de la Ville mardi dernier. Il se dit très déçu de la situation. « Nous avions demandé un délai d’ici la fin de l’été afin de recevoir des nouvelles d’Hydro-Québec et du ministère de l’Économie et de l’Énergie, considérant que les centres de données sont désormais une priorité pour le Québec. Nous avions encore espoir de pouvoir développer ce site au Québec », déplore Martin Bouchard.
À Saint-Bruno-de-Montarville, on parlait d’un investissement de quelque 500 millions de dollars de la part de QScale.
« C’est toujours dommage pour une Ville de reprendre des terrains parce qu’il y a des projets qui ne se font pas ou qui tardent à se faire. Nous souhaitons toujours que les projets se réalisent. Au départ, si c’est accepté, c’est parce que les projets sont intéressants », explique Ludovic Grisé Farand en entrevue, qui insiste sur le fait que les terrains de la Ville doivent être construits. Sinon, la Municipalité perd des taxes.
D’où la décision de reprendre le terrain qui, à l’époque, en 2019, avait été vendu à 4 $/pi2. Aujourd’hui, la valeur marchande du terrain oscillerait entre 28 $ et 35 $/pi2, selon le maire.
« Si jamais le projet de QScale se faisait et qu’ils obtiennent leurs blocs d’hydroélectricité, ça n’empêche pas QScale de nous racheter le terrain. C’est un beau projet qu’ils voulaient faire », ajoute-t-il.
Quand on lui demande si une telle éventualité est envisageable, si jamais Québec octroie à QScale les blocs d’électricité nécessaires, le président répond que « si la Ville avait voulu que nous puissions faire une nouvelle offre, elle n’aurait pas agi de cette façon ». Martin Bouchard précise. « Notre compréhension, c’est qu’elle voulait récupérer le terrain pour un autre projet. Je suis donc pessimiste quant à l’avenir à Saint-Bruno-de-Montarville. »
QScale à des intérêts américains
Des médias ont rapporté, la semaine dernière, que QScale pourrait être rachetée par des intérêts américains. Le maire de Saint-Bruno a assuré que la décision de résilier la promesse d’achat n’avait rien à voir avec cette nouvelle. « La résolution était prévue avant la nouvelle dans les médias. Ça n’a aucun rapport avec ça. »
