Écoles en piteux état

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Par Alexandra Vieille
Écoles en piteux état
Les écoles du Centre de services scolaire des Patriotes sont en piteux état. (Photo : Archives)

Les écoles du Québec sont en piteux état. Les écoles du Centre de services scolaire des Patriotes (CSSP) ne font pas exception à la règle.

En 2019, le ministre Jean-François Roberge avait réclamé des tests sur la qualité de l’eau dans les écoles. Depuis le mois de mars 2020, les premiers échantillonnages sont terminés. Pour les établissements préscolaires et primaires du CSSP, 58 établissements ont été inspectés. Ce qui constitue 2063 points d’eau. Au total, 1566 (75,9 %) étaient conformes et 497 (24,1 %) étaient non conformes. Près d’un point d’eau sur quatre était non conforme. La concentration en plomb présent dans l’eau était trop forte pour qu’elle soit consommée.

Dans les établissements secondaires, les centres de formation pour adultes et les centres de formation professionnelle, 15 établissements ont été inspectés. Sur 390 points d’eau, 360 (92,3 %) étaient conformes contre 30 (7,7 %) non conformes.

Le problème est-il réglé? Tous les points d’eau des écoles des environs sont maintenant dits conformes. En revanche, certains sont conformes si l’usager laisser couler l’eau pendant au moins une minute. On parle de 54 points d’eau répartis dans les écoles primaires et secondaires de Saint-Bruno, de Saint-Basile et de Sainte-Julie. Comment savoir quels robinets ou abreuvoirs nécessitent de faire couler l’eau pendant une minute? « Des affiches ont été apposées afin d’indiquer si les points d’eau sont accessibles pour la consommation ou s’il est demandé de faire couler l’eau pendant une minute avant de la consommer », explique Maryse St-Arnaud, coordonnatrice au Centre de services scolaire des Patriotes. Elle ajoute « Ce ne sont pas des points d’eau où les enfants peuvent remplir une gourde ou y boire. Les seuls endroits où il est indiqué de laisser couler l’eau une minute, ce sont des lavabos dans les salles du personnel, pour laver la vaisselle ou laver des pinceaux. Ce ne sont pas des points d’eau où les élèves peuvent s’abreuver ». Fait rassurant puisqu’il serait impossible de vérifier que chaque enfant attende bien une minute avant de boire de l’eau à un abreuvoir.

L’inspection

La concentration maximale acceptable de plomb dans l’eau potable a été réduite considérablement de 10 à 5 μg/L dans le but de diminuer l’exposition au plomb, particulièrement celle des enfants. Le Règlement sur la qualité de l’eau potable (RQEP) a été modifié en conséquence et est entré en vigueur le 25 mars 2021. Cet échantillonnage devait être fait après une période de stagnation de l’eau dans le réseau de plomberie d’au moins six heures, afin de refléter le pire scénario de concentration. Le premier échantillon a été recueilli à 0 seconde et le second, après un écoulement de 30 secondes. Pour que le point d’eau soit jugé conforme, la concentration en plomb des deux échantillons doit être inférieure ou égale à 5 μg/L. Les écoles possédant des points d’eau non conformes ont fait des modifications à ceux-ci, dont le remplacement d’un robinet ou l’installation d’un filtre. Si vous souhaitez regarder les résultats de l’école de vos enfants, consultez le site Internet suivant : https://grandsprojets.csp.ca/dossiers_speciaux/operation-de-depistage-du-plomb-dans-leau-2/

État des écoles

En février 2022, le ministère de l’Éducation a procédé à la compilation de données concernant l’état des écoles du Québec. L’étude concerne 2307 écoles préscolaires et primaires publiques et 468 écoles secondaires publiques. Les écoles sont cotées de A à E. A étant très bon, B bon, C satisfaisant, D mauvais et E très mauvais. Le ministère de l’Éducation utilise une formule mathématique pour faire le constat de l’état des écoles. Il s’agit de la valeur des travaux à faire d’ici cinq ans divisée par la valeur actuelle de remplacement du bâtiment multiplié par 100.

Voici les cotes des écoles de Saint-Basile, de Saint-Bruno et de Sainte-Julie :

École de la Mosaïque : D

École de la Chanterelle : E

École Jacques-Rocheleau : E

École de Montarville : D

École Albert-Schweitzer : E

École Mgr-Gilles-Gervais : E

École s. du Mont-Bruno : E

École Tourne-Vent : C

École du Rucher : D

École s. du Grand-Côteau : D

École l’Arpège : D

École Arc-en-ciel : D

École du Moulin : E

École aux Quatre-Vents : E

École du Grand-Chêne : E

 

Une seule école se montre satisfaisante aux yeux du ministère de l’Éducation. Les autres écoles des environs sont soit en mauvais état, soit en très mauvais état. Maryse St-Arnaud n’est pas choquée par les cotes accordées aux écoles. « On voit ça comme une façon de classifier l’état des bâtiments. Les travaux à faire, on les fait. On entretient les bâtiments. On a 69 écoles, il y a toujours des travaux à faire. Ça n’arrête jamais, c’est pas choquant. On fait les travaux en fonction du budget que l’on reçoit. On va au plus urgent », affirme-t-elle. Quand nous lui avons demandé si elle trouvait cela normal, elle a répondu par la négative, mais elle affirme ne pas être choquée par les résultats.

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