Éclairage à Saint-Bruno : une solution de rechange testée

Photo de Frédéric Khalkhal
Par Frédéric Khalkhal
Éclairage à Saint-Bruno : une solution de rechange testée
L’installation de lumières DEL a repris depuis un mois avec une nouvelle technologie à Saint-Bruno. (Photo : archives)

En octobre 2019, le journal indiquait que les nouveaux éclairages publics au DEL installés par la Ville de Saint-Bruno provoquaient un phénomène d’éblouissement. Après des plaintes de citoyens, leur installation a été stoppée pour trouver une solution. Près d’un an après, une autre option est apportée par la Municipalité.

« Nous avons redémarré l’installation des lampadaires d’un nouveau genre dans l’ensemble de la municipalité. Pour éviter l’éblouissement, ils sont désormais givrés et il y a eu une baisse de l’intensité. Depuis un mois, ils sont installés dans une rue test et il ne semble y avoir aucun problème », a indiqué aux Versants Sylvain Brouillette, directeur général de la Ville.

Saint-Bruno-de-Montarville a commencé en 2019 le remplacement de ses luminaires de type Cobra par des DEL de 3000 kelvins (K). Très vite, la Municipalité a arrêté les installations devant les problèmes d’éblouissement générés et des citoyens mécontents.
Cela fait environ quatre ans que Saint-Bruno s’intéressait alors à ce mode d’éclairage largement plébiscité par de nombreuses municipalités, essentiellement pour des raisons d’économie. C’est donc en 2019 que la Municipalité a décidé d’entamer le remplacement des anciennes ampoules. Au total, ce sont 3075 lampadaires qui seront remplacés.

Plus de 600 000 $
Le contrat initial a coûté 600 000 $ et l’arrêt de l’installation en 2019 pour apporter ces changements fera gonfler la facture. « On avait des anciens lampadaires en stock qui seront installés dans le parc industriel, car le constructeur ne récupère pas les lampadaires déjà vendus. Il y aura des coûts supplémentaires, mais ils ne seront pas importants. Le temps d’arrêt dans l’installation des lampadaires a été une bonne décision », de préciser M. Brouillette. La Ville a en effet pu profiter de l’évolution de la technologie au sein de l‘entreprise pour bénéficier de lumières moins éblouissantes.

Le cas de Saint-Basile-le-Grand
Marc-André Lehoux, employé pour l’entreprise Energère, le chef de file au Québec de l’éclairage de rue à DEL, a équipé la Ville de Saint-Basile-le-Grand, comme 125 municipalités au Québec, dans un achat groupé avec la FQM. Energère équipe également Montréal de ses 133 000 nouveaux luminaires à DEL. Saint-Bruno n’avait pas souhaité faire partie de l’appel d’offres proposé par la FQM à l’époque.

« L’éclairage de nos lampadaires s’adapte de manière spécialisée aux caractéristiques de chacune des municipalités que l’on équipe. Nous sommes les seuls à proposer aux villes un contrôle par secteur, par rue ou même par lampadaire de l’intensité des lampes DEL par un système de gestion intelligente. Au Québec, nous sommes les seuls à le proposer », soutenait Marc-André Lehoux, l’ancien directeur du Service des loisirs de Saint-Basile-le-Grand quand nous l‘avions contacté en 2019.

Ainsi, la Ville possède quatre niveaux d’éclairage qu’elle peut adapter à sa guise en fonction des heures de la nuit. Energère équipe d’ailleurs Saint-Basile-le-Grand de ses lumières Phillips produisant une lumière blanche de 3000 K. Une intensité égale aux lumières jugées trop éblouissantes à Saint-Bruno, qui elles, par contre, utilisent la technologie General Electric.

M. Lehoux indiquait que son entreprise travaille avec les deux éclairages. « Ce qui fera que l’on utilise l’un plutôt que l’autre sera les informations que nous aurons recueillies selon les besoins d’éclairage de l’endroit. Dans l’appel d’offres fait avec la FQM, nous devions prendre en considération l’espacement entre les poteaux, la largeur de la rue, la hauteur des poteaux, la longueur des potences, la présence de pistes cyclables, de traverses piétonnières… Nous entrons toutes ces informations dans un logiciel qui calcule ensuite le produit le plus approprié à la situation », précise M. Lehoux.

La lumière bleue
Les effets des lumières DEL ont fait l’objet de plusieurs études et d’autres sont en cours. La limite, haute en termes de luminosité, a été fixée à 3000 K par la Toronto Public Health. Plus récemment, l’agence publique française responsable de la sécurité sanitaire (ANSES) a émis une série de recommandations afin de limiter l’exposition de la population à la lumière riche en bleu. L’agence rappelle l’importance de privilégier des éclairages domestiques de type « blanc chaud », une température de couleur inférieure à 3000 K.

Le problème des ampoules DEL, c’est qu’elles produisent de la lumière bleue ayant pour effet d’inhiber la sécrétion chez l’humain de la mélatonine, favorable au sommeil. Ainsi, selon plusieurs études, y être exposé trop longtemps la nuit peut entraîner des troubles du sommeil et impliquer des problèmes de santé. Les écrans d’ordinateur équipés de lumière DEL sont déconseillés avant le sommeil, surtout pour les enfants, qui ont un œil qui filtre moins bien la lumière bleue.

DEL
Une lampe DEL, ou diode électroluminescente, est un dispositif à semi-conducteur (diode) qui permet la transformation d’un courant électrique en rayonnement lumineux.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires