Du rugby qui passe à l’histoire

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Par Frank Rodi
Du rugby qui passe à l’histoire
Les joueuses de rugby Mégan Bergeron, Roselyne Houde et Lydia Bernier, des Lauréats du cégep de Saint-Hyacinthe. (Photo : courtoisie)

Trois joueuses de la région ont vécu de l’intérieur la première saison des Lauréats du cégep de Saint-Hyacinthe au rugby collégial à 12. Jusqu’à la demi-finale, disputée contre les Vulkins du cégep de Victoriaville.

Roselyne Houde et Mégan Bergeron, de Saint-Bruno, et Lydia Bernier, de Saint-Basile, ont pris part à cette demi-finale. Une fin de match digne d’un film dans une saison historique. « J’essaie de voir ce type de rencontre comme toute autre partie afin de ne pas trop me stresser. Mais comme c’est un match sans lendemain, c’est sûr [qu’il y avait] beaucoup plus de fébrilité! », commente Lydia Bernier.

Remontée

L’équipe de Saint-Hyacinthe tirait de l’arrière 36 à 19 quelque 5 minutes avant la fin du match. Or, les Lauréats ont réussi à revenir de l’arrière et à établir le score à 36-34 à 1 minute de la fin du cadran. Grâce à un botté de deux points, Roselyne Houde a réussi à ramener tout le monde à égalité. Jusqu’à la prolongation, que les Lauréats ont échappée 41 à 36.

Dans la défaite, Roselyne Houde s’est illustrée en inscrivant les 6 essais de 5 points et les 3 bottés de 2 points de son club. D’ailleurs, plus tôt cet automne, l’athlète-étudiante a été sélectionnée sur l’équipe d’étoiles de rugby à 12 du RSEQ. « Ce fut un travail d’équipe incroyable!, s’empresse de préciser sa mère, Maryse Dumesnil. Elle n’aurait pu réussir ces essais sans les passes reçues et le travail des autres membres de l’équipe qui lui ont [permis de] courir. »

Un revers à saveur de victoire

Pour Roselyne, la Montarvilloise rouquine, cette demi-finale s’est avérée le plus gros match de la saison. « Nous avions déjà joué contre l’équipe adverse et on la retrouvait en demi-finale. Elles sont arrivées déterminées à nous battre et elles ont réussi. C’était un duel très stressant, mais je suis fière de nous. Nous n’avons pas gagné, mais, dans notre cœur, nous n’avons pas perdu non plus. Notre remontée a été magique et ça montre toute la force et le potentiel de l’équipe de Saint-Hyacinthe », raconte-t-elle.

« Ce programme de rugby deviendra une référence sur la Rive-Sud de Montréal. » – Roselyne Houde

De son côté, Mégan Bergeron se souvient d’avoir vécu ce dernier match de la saison avec émotions et détermination. « J’avais des étoiles dans les yeux. J’avais envie de pousser plus fort, de me donner toujours plus sur le terrain, de vider la machine, comme on dit au rugby! Je voulais le faire pour moi, mais surtout pour l’équipe. Malgré le gain des Vulkins, nous avions toutes une victoire personnelle à la fin. » Lydia Bernier estime qu’une place en demi-finale est « un bel effort d’équipe ainsi que du très bon travail. Avec les Lauréats, cela représentait également beaucoup de fierté ».

L’année 2021 s’est avérée marquante pour les Lauréats de Saint-Hyacinthe. En septembre dernier, pour la première fois dans l’histoire de ce cégep, une rencontre de rugby mettant en vedette les Lauréats s’est tenue. À la fin, cette campagne historique s’est bonifiée par une participation en demi-finale. Roselyne Houde commente : « Jouer dans une nouvelle équipe, c’est beau. Arriver deuxièmes au classement en saison régulière, c’est très, très beau. Mais jouer en demi-finale, c’est merveilleux! Ce n’est qu’un début pour ce groupe. »

Pour Mégan Bergeron, cette présence en demi-finale représente « notre travail, nos efforts et beaucoup de sacrifices ».

Cette première aventure de rugby collégial à 12 a été d’autant plus spéciale que plusieurs filles des Lauréats n’avaient jamais pratiqué ce sport avant septembre. Ce qui n’a pas paru sur le terrain, selon les dires de Roselyne Houde, puisque les athlètes se sont améliorées tout au long du calendrier. « Faire partie d’une équipe collégiale, c’est quelque chose qui change ton expérience du cégep, c’est une excellente façon de te dépasser! » Mégan Bergeron renchérit : « J’ai trouvé une nouvelle famille, dans une nouvelle étape de ma vie; des filles avec la même passion que moi. » La Grandbasiloise, capitaine du club, se dit plus que satisfaite du parcours automnal avec les Lauréats. « Je suis reconnaissante parce qu’elles se sont présentées à chaque entraînement dans le but de vouloir apprendre et gagner. Sans elles et le superbe travail de nos entraîneurs, jamais je n’aurais pu jouer collégial pour ma dernière année au cégep. J’en ressors avec plus d’expérience et une nouvelle famille à laquelle je tiens. »

Écrire l’histoire

Quand on leur demande si elles ont l’impression d’avoir écrit une page d’histoire du cégep de Saint-Hyacinthe, les étudiantes approuvent. « Clairement!, amorce Lydia. Non seulement nous avons participé à l’histoire de cette équipe et écrit le premier chapitre, mais comme le cégep de Saint-Hyacinthe est le premier collège qui offre du rugby en Montérégie, nous avons aussi offert aux futures joueuses un lieu où celles-ci pourront exercer le merveilleux sport encore trop méconnu qu’est le rugby. »

Roselyne estime que c’est l’amorce de belles années pour les Lauréats du rugby féminin, tandis que Mégan croit que le programme permettra à des jeunes filles de se découvrir et de découvrir leur potentiel. « Je pense que nous avons bel et bien marqué l’histoire comme équipe féminine. Je suis fière d’avoir fait partie de cette première formation de rugby féminin au collégial, et j’en ferai partie pendant encore deux ans! », note Mégan.

Roselyne a une pensée pour les entraîneurs, Maxime Perreault-Brière et Nicolas Dubé-Mercier, qui « se sont investis à 100 % dans le club ». Elle ajoute: « On les remercie pour la belle première saison. Je crois que les Lauréats sont maintenant une porte d’entrée vers les équipes universitaires, et surtout une continuité pour le rugby dans la région. Ce programme de rugby deviendra une référence sur la Rive-Sud de Montréal. »

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