Difficultés financière de l’AS Montis : le ballon dans le camps des Villes

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Par Frédéric Khalkhal
Difficultés financière de l’AS Montis : le ballon dans le camps des Villes
La Ville de Saint-Bruno devra décider ou pas de permettre à l'AS Montis de bénéficier d'une aide de 100 000 $. (Photo : Archives)

Le sort s’acharne sur l’AS Montis. Après une fusion entre les clubs de Saint-Bruno et de Sainte-Julie, réunissant trois municipalités, les difficultés que doit surmonter le club de soccer se multiplient.

Aux difficultés rencontrées par le personnel technique et administratif, aux nombreuses démissions qui ont entraîné une enquête à l’interne concernant les pratiques du club, voilà que s’ajoutent des problèmes financiers principalement causés par la COVID-19.

Lors du dernier conseil municipal de Saint-Bruno, le maire de la Ville, Martin Murray, a lu une question provenant du vice-président du club, Michel Vincent. Ce dernier demande, au nom du club, aux trois municipalités concernées que sont Sainte-Julie, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Basile-le-Grand, une aide de 100 000 $ pour traverser cette mauvaise passe.

Lettre adressée au conseil
« Demande d’aide financière d’urgence à l’association de l’AS Montis, cette demande a été adressée le 28 juillet 2020. Nous revenons vers votre administration pour connaître votre décision, car la situation financière de notre club continue à se détériorer dans le contexte de la deuxième vague de la COVID-19. Votre soutien est essentiel à la survie de notre club, notre demande au montant de 100 000 $ est répartie entre les trois villes composant l’AS Montis en proportion des membres du club, soit 40 % pour la municipalité de Saint-Bruno, 40 % pour Sainte-Julie et 20 % pour Saint-Basile-le-Grand. Nous traversons actuellement une grave crise de liquidités qui nous empêche de respecter nos obligations à court terme. Cette situation compromet la planification de la relance de nos opérations et notre capacité d’offrir un minimum de services à nos membres. L’AS Montis comptait jusqu’à environ 4000 membres actifs avant la COVID-19. Elle en compte maintenant près de 3000. Nous croyons qu’il est essentiel de tenir le club en vie pour une relance structurée le moment venu. Malheureusement, les plans d’aide annoncés par le gouvernement la semaine dernière n’offrent aucun détail pour les clubs de soccer et nous croyons que l’application de ceux-ci prendra un temps que nous n’avons pas. Les effets de la COVID-19, à l’été 2020, ont grandement affecté nos revenus et nos opérations, qui sont d’ailleurs toujours perturbées.

À partir du 28 octobre 2020, nous n’aurons d’autre choix que de mettre tout notre personnel au chômage et nous ne pourrons compter que sur quelques bénévoles déjà très sollicités et sans aucune garantie de continuation dans leur implication bénévole. Nous avons donc un urgent besoin de capital pour payer nos comptes, rester en vie et assurer la relance de nos activités.

Les villes de Sainte-Julie et de Saint-Basile-le-Grand nous ont confirmé verbalement leur appui, mais elles nous disent attendre la confirmation de la Ville de Saint-Bruno, car les villes acceptent de contribuer à condition que les trois entités participent de manière proportionnelle. Il y a donc urgence d’agir et une urgence de la Ville de Saint-Bruno d’annoncer sa décision, car notre demande est bloquée dans les deux autres villes en attendant votre décision.

Si nous avons de bonnes nouvelles du gouvernement provincial, ce sera pour nous un plaisir de vous rembourser votre contribution.

Le soccer occupe une place importante, très importante dans la vie sportive des citoyens de Saint-Bruno. Votre soutien est essentiel pour maintenir et relancer notre activité et ainsi permettre à tous ces citoyens de Saint-Bruno de continuer à pratiquer ce sport qui les passionne. Michel Vincent. »

Réaction des élus
M. Murray s’est engagé à mettre ce point à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal qui se déroulera le 17 novembre.
« Si l’on remet ça en novembre, alors que le club parle dans la lettre d’une mise à pied le 28 octobre, est-il possible d’ajouter ce point à l’ordre du jour ce soir? (le 20 octobre) » a demandé de conseiller indépendant du district 4, Ludovic Grisé Farand.

« Moi, je pense que par respect pour les élus, cela vaut la peine qu’on en discute de manière approfondie. Il n’y a rien qui nous empêche de faire une réunion spéciale éventuellement si la demande est si urgente que ça. Ce dossier avait été amené une première fois. On l’a retiré, il était à l’ordre du jour du plénier, on l’a retiré une autre fois. Il y avait des gens qui avaient des questions, des inquiétudes. C’est important que l’on puisse s’assurer d’avoir une réponse à tous ces éléments », a répondu le maire.

Il a été alors proposé d’en parler au plénier du 27 octobre, au lieu du mois de novembre.
« Oui. On l’ajoute à l’ordre du jour du 27 et si l’on doit procéder rapidement, on procédera rapidement », de conclure M. Murray.
Même si le club n’a pas encore eu de réponse de la part de la Ville, il semblerait que les élus ne semblent pas opposés à aider l’AS Montis. Aucune décision n’avait été prise cependant le 2 novembre.

L’inquiétude du club
Contacté par téléphone, M. Vincent ne cache pas que la deuxième vague est difficile pour le club. « Lors de la première vague, vu que l’année financière précédente, l’AS Montis n’existait pas, nous n’avons pas été admissibles à la subvention salariale accordée par le gouvernement pour nous aider. Cela n’a pas aidé les choses », explique le vice-président.

Depuis, le cas de l’AS Montis a été étudié de nouveau, et le club peut bénéficier de cette aide pour la deuxième vague. « Mais même si nous recevons une subvention du gouvernement, elle ne couvre pas 100 % du salaire, mais nous avons 0 $ de revenus. »

Le club se réunira cette semaine pour savoir ce qui sera décidé dans les prochains jours. « Il n’y a qu’un seul scénario que l’on n’a pas envisagé, c’est celui de déposer le bilan. On ne va pas accepter ça. D’ailleurs, dès la première vague, on a posé les gestes nécessaires pour que cela n’arrive pas. Avec les trois municipalités, nous avons eu toujours de très bons rapports. Maintenant, est-ce que Saint-Bruno prendra sa décision rapidement? En tout cas, l’aide déjà promise par les autres municipalités en dépend. Une chose est sûre, c’est que cela n’a pas été simple pour le club depuis la fusion », de conclure M. Vincent.

D’autres difficultés à venir
La pandémie, qui a obligé l’ASMontis à suspendre les entraînements jusqu’à nouvel ordre, a permis de mettre un arrêt aux difficultés que le club a vécues de l’interne.

Le dernier événement en date a été le lancement d’une pétition de l’un des membres fondateurs du club. Salim Boukhari, l’instigateur de la pétition, souhaite « tenir une assemblée générale spéciale dont le seul objet sera un vote de non-confiance envers le conseil d’administration actuel ». Sa demande, qui devait recueillir 50 signataires, n’a pas été acceptée. Selon le club, parmi les 68 signatures recueillies, « 30 étaient membres en règle, 11 étaient des personnes tout à fait inconnues de l’AS Montis, 7 étaient des personnes mineures, 2 n’étaient ni joueurs majeurs, ni parents ou tuteurs d’enfant mineur, 1 n’était plus un joueur, 17 n’étaient pas membres en règle. En conséquence de ce qui précède, nous vous informons que le secrétaire du conseil d’administration ne convoquera aucune assemblée générale spéciale », a indiqué le club.
Rien ne dit qu’après la pandémie, l’AS Montis ne risque pas de rencontrer d’autres difficultés.

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Salim B
Salim B
14 jours

Je crois que le ballon est beaucoup plus dans le camp du conseil d’administration de ASM, Pour l’intérêt de ce club le secrétaire général de ASM devait convoquer une assemblée générale spéciale et s’assurer d’identifier méticuleusement ses membres avec le personnel de ASMontis.
Pour moi les conseillers des villes respectives devrait s’assurer la bonne gouvernance dans ce club avant de lui remettre l’argent