Des tiges bleues dans le lac du Village

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Par Frank Rodi
Des tiges bleues dans le lac du Village
Des tiges bleues trouvées aux abords du lac du Village. (Photo : courtoisie)

Une citoyenne de Saint-Bruno qui ramassait des déchets pour le Jour de la Terre s’est étonnée de trouver des bouts de plastique bleu aux abords du lac du Village.

Nathalie Roy et les membres de sa famille ont déniché « une centaine de petits bouts de plastique bleu » pendant leur collecte de détritus. Mais, d’après elle, « beaucoup d’autres se trouvent au fond du lac, peut-être des milliers! ».

Sur les réseaux sociaux, la provenance de ces morceaux de plastique a été soulevée. Nathalie Roy croit qu’ils proviendraient de l’équipement qui entretient la glace du lac pendant l’hiver. Elle mentionne un tracteur au bout duquel une brosse mécanique permet de nettoyer la surface glacée. « Si c’est le cas, il faut trouver une solution d’entretien moins polluante!, lance-t-elle en ligne. Ces bouts de plastique seront encore au fond du lac dans 100 ans! »

Le journal Les Versants a contacté la citoyenne engagée. Elle demeure tout près du lac. Chaque année, elle souligne ainsi le Jour de la Terre. « C’est une initiative personnelle, dira celle qui interpelle la Ville pour trouver une meilleure solution. Parce que si ces bouts de plastique proviennent de la brosse, ce n’est pas solide, leur machinerie! »

Le journal a acheminé à la Ville les photos des déchets trouvés sur les rives de l’étendue d’eau. Un peu plus de 24 h plus tard, nous avons eu la confirmation de leur origine. La citoyenne n’avait pas tort… « Ce sont des tiges qui proviennent de la brosse mécanisée utilisée pour l’entretien de la patinoire du lac du Village. Celle-ci est remplacée régulièrement et le sera pour la prochaine saison », répond la directrice des communications, Suzanne Le Blanc.

Or, selon la Municipalité, la situation ne semble pas dramatique. « Ces brindilles ont été ramassées par les bénévoles lors de l’activité de nettoyage. En théorie, le ménage a donc été fait. Il peut possiblement en rester quelques-unes, qui auraient été oubliées, mais cela est sûrement marginal », déclare Mme Le Blanc.

« Saint-Bruno se targue d’être une ville verte, une ville nourricière et écologique. L’hiver, notre glace est très belle et bien entretenue. Il y a moyen de respecter l’environnement et d’entretenir la patinoire, mais si c’est au prix de polluer notre lac, la réponse est non! » -Nathalie Roy

Ève Poirier, qui briguait le district 5 pour l’équipe de Ludovic Grisé-Farand aux élections municipales, a déjà approché le conseil municipal avec ce dossier. C’était à l’assemblée du 20 avril 2021.

Elle questionne le conseil municipal au sujet de tiges bleues trouvées lors de l’activité de l’écojogging du 17 avril 2021. « J’ai ramassé une quantité impressionnante de baguettes bleues. Est-ce possible de trouver une solution moins polluante? » Ce à quoi le maire de l’époque, Martin Murray, répond : « Les poils proviennent bien d’une nouvelle brosse achetée l’année dernière. Le modèle est différent de ce que nous utilisions avant. La dite brosse perdait énormément de poils et n’était pas performante. Au constat de ces résultats, j’ai commandé l’ancien modèle, plus efficace et n’ayant pas de problème de perte de poils. Le problème est donc en principe résolu. »

Un an plus tard, avec les trouvailles dénichées au cours des derniers jours, force est de constater que le problème demeure. « Malheureusement, on a pu constater que l’on n’y a pas donné suite », déplore Ève Poirier.

Rappelons qu’Ève Poirier s’était illustrée en 2020 dans le dossier du lac du Village. Elle avait lancé une pétition pour que la Ville agisse afin de sauver ce lac envahi par les algues. La pétition avait recueilli plus de 2000 signatures.

Pour Nathalie Roy, il doit exister une façon d’entretenir la glace de façon plus écologique. « Saint-Bruno se targue d’être une ville verte, une ville nourricière et écologique. L’hiver, notre glace est très belle et bien entretenue. Il y a moyen de respecter l’environnement et d’entretenir la patinoire, mais si c’est au prix de polluer notre lac, la réponse est non! », exprime Nathalie Roy, qui lance un appel aux inventeurs québécois afin de trouver une solution.

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