Des propriétaires qui ne comprennent pas

Photo de Frank Rodi
Par Frank Rodi
Des propriétaires qui ne comprennent pas
Au tour des centres de conditionnement physique, et de leur clientèle, d'écoper. (Photo : courtoisie)

Fermeture des centres de conditionnement

Après une première phase de reconfinement pour tenter de freiner la deuxième vague de la COVID-19, amorcée le 1er octobre, et affectant entre autres les restaurants, les bars, les salles de spectacles, voilà qu’une deuxième phase a été entamée une semaine plus tard, le 8 octobre, cette fois frappant de plein fouet les centres de conditionnement physique, notamment. Réactions.

Pour le propriétaire de Concept Cardio Plus, Dominic Picard, cette décision du gouvernement de fermer les salles d’entraînement et autres gymnases démontre « qu’il ne sait plus quoi faire ». Selon lui, cette fermeture, une deuxième pour son secteur d’activités, n’est « pas logique ».

Inquiétude

En entrevue avec Les Versants, Dominic Picard s’inquiète pour ses membres. « Il y en a qui sont en colère, d’autres sont découragés. J’ai vu l’une de nos membres fondre en larmes parce que nous devons fermer. Ce printemps, cet été, il faisait beau, les gens étaient actifs dehors. Mais pour cette période de l’année, avec la température qui est à la baisse, ils sont plus réticents à aller à l’extérieur » avance-t-il.

Mercredi à minuit, le propriétaire des trois succursales de Concept Cardio Plus, à Saint-Bruno, Saint-Basile et Sainte-Julie, a dû mettre à pied une cinquantaine d’employés. Quant aux clients, ce sont quelque 6000 personnes qui, jeudi matin, étaient privés de leur dose d’exercices et d’activités physiques.

M. Picard déplore qu’après avoir déboursé des milliers de dollars en équipement de protection et en produits de désinfection, il soit quand même dans l’obligation de fermer ses portes jusqu’au 28 octobre. « Nous avons tout fait pour la sécurité des employés et des clients. Il n’y avait pas de danger. Malgré tous les efforts, on me ferme quand même!, lance-t-il. C’est difficile… »

Une deuxième vague anticipée

À Sainte-Julie, la copropriétaire du centre Karo-Forme, Claudia Allaire, affirme que tous les départements – yoga, spinning, danse, camp de jour, sport-études… – ont été touchés cette année par la pandémie. « Je vous mentirais si je disais qu’on ne s’y attendait pas. On anticipait cette deuxième vague, si bien que du mois de mars à cette semaine, on a géré tous les aspects, que ce soit financier, fiscal, programmation… en fonction de cette deuxième vague. Mais tout de même, ça demeure un dur coup pour l’entreprise », mentionne Claudia Allaire.

Au téléphone, elle parle de frustration et de colère pour tout le monde, de la direction aux élèves, en passant par les professeurs et les membres, et évoque une situation anxiogène. « C’est très dommage pour notre industrie parce que contrairement à une boutique de souliers ou à un salon de coiffure, on a un lien direct avec la santé; on donne des bénéfices en santé physique et mentale », poursuit-elle.

De sa clientèle, Claudia Allaire en parle avec émotions. « Les gens qui rentrent ici sont âgés entre 40 et 75 ans. Ils viennent faire du conditionnement physique pour un aspect de bien-être. Ils ont à cœur leur santé physique. Pour eux, c’est épouvantable que nous refermions! Je sens une grande détresse et de l’anxiété chez certains, parce que c’est un besoin ce que nous offrons. Pour ces gens, il y a une grande déception », dit-elle, avant de poursuivre. « J’ai même des gens de 75-80 ans qui s’entraînent ici. Ils portent le masque, se lavent les main en rentrant, font leur routine. Cette population se déconditionne rapidement; ils ont subi des opérations aux genoux, aux hanches, ils ont eu des cancers. Malheureusement, les bobos risquent de revenir vite. J’étais très triste de les laisser partir mercredi parce que je ne sais pas quand je vais les revoir. »

Expérience et notoriété

Le centre Karo-Forme a pignon sur rue à Sainte-Julie depuis 25 ans, une institution à Sainte-Julie. « Nous avons la chance, après toutes ces années, de pouvoir compter sur des clients fidèles qui ont développé un sentiment d’appartenance pour nous. Nous avons l’expérience et la solidité financière que d’autres, peut-être, n’ont pas et à qui cette deuxième fermeture fera très mal. Je crains que certains ne pourront pas se relever par la suite. Si la pause est longue, ça risque de mettre en péril bien des entreprises », de conclure Claudia Allaire.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires