Des municipalités d’influence

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Par Frank Rodi
Des municipalités d’influence
Le jardin nourricier du parc Duquesne à Saint-Bruno-de-Montarville. (Photo : archives)

Saint-Bruno-de-Montarville s’est dotée en mars 2017 d’une Politique de ville nourricière, devenant la première municipalité à afficher ce titre en sol québécois. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir d’autres villes lui emboîter le pas.

Une ville nourricière intervient sur les cinq axes du système alimentaire : la production, la transformation, la distribution, la consommation et la gestion des matières résiduelles afin d’en assurer la durabilité. Après avoir adopté sa Politique de ville nourricière, Saint-Bruno a notamment transformé les plates-bandes citadines en potagers.

Aujourd’hui, la Ville de Gatineau, entre autres, a démontré son intérêt pour devenir « ville nourricière ». La procédure est avancée. La présidente de la Commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyoth, souligne en entreuve : « Je n’ai pas encore communiqué avec Saint-Bruno, or j’ai lu la Politique. Lorsque nous serons en période de diagnostic, c’est sûr qu’un téléphone se fera pour comprendre la démarche. »

« Cela démontre que la Ville est à l’avant-garde dans plusieurs domaines et qu’elle exerce un leadership. » – Suzanne Le Blanc

C’est aussi le cas de Mont-Saint-Hilaire. L’automne dernier, la Municipalité entamait le développement d’une Politique de ville nourricière en consultant ses citoyens. « L’équipe responsable du projet de Politique de ville nourricière a bien pris connaissance de [celle] de Saint-Bruno dans sa recherche sur les meilleures pratiques à adopter », explique la directrice des communications de Mont-Saint-Hilaire, Julie Beauchemin.

Elle poursuit : « Comme notre Politique n’est pas finalisée, il est difficile de préciser quelles meilleures pratiques seront retenues. Toutefois, mentionnons que Mont-Saint-Hilaire a déjà en place plusieurs pratiques que Saint-Bruno a intégrées dans sa Politique, comme le marché public, les plates-bandes comestibles, les jardins communautaires ou le lien avec les organismes communautaires pour la gestion des surplus alimentaires. »
Pionnière dans le domaine, Saint-Bruno admet avoir été consultée par certaines villes, dont Matane ainsi que la MRC Lac-Saint-Jean-Est.

Saint-Bruno semble exercer une certaine influence sur ses pairs. Elle a aussi été consultée par d’autres sur différents dossiers, tels que la Politique d’habitation et le Plan de conservation des milieux humides. « Cela démontre que la Ville est à l’avant-garde dans plusieurs domaines et qu’elle exerce un leadership », reprend la directrice des communications, Suzanne Le Blanc.

Aujourd’hui, la Politique vient supporter plusieurs actions, par exemple le marché public et le jardin collectif. Mme Le Blanc rappelle qu’un travail de valorisation de la terre agricole municipale est en cours « afin d’en faire un incubateur de production maraichère biologique ».

Le budget participatif de Saint-Basile

En 2014, Saint-Basile devenait l’une des premières municipalités au Québec à opter pour un budget participatif, une culture politique qui vise une augmentation de la participation citoyenne aux choix de ses investissements financiers. Depuis, d’autres communautés ont pris le relais. C’est le cas entre autres de Carignan, Nicolet, Drummondville, Baie-Saint-Paul, Rimouski, Matane qui se sont tournées vers leurs citoyens dans le cadre de budgets participatifs.

En 2018, la Ville de Saint-Basile a décidé de reporter la tenue d’un autre exercice de budget participatif en raison d’engagements financiers. « C’était aussi un processus extrêmement lourd, qui s’étalait sur une année », se souvient le conseiller municipal Richard Pelletier. Il faisait alors partie du comité en tant que membre citoyen aux côtés aussi d’élus et autres Grandbasilois. « À l’époque où le budget était pleinement en vigueur, nous savions le rayonnement que Saint-Basile avait. Le sentiment de fierté était palpable. C’était un bon coup du conseil précédent », reconnaît Richard Pelletier.

En 2018, lors d’un congrès de la Fédération québécoise des municipalités, M. Pelletier avait témoigné devant plusieurs élus de l’expérience du budget participatif à Saint-Basile-le-Grand. « Chaque fois que nous participons à des échanges ou des forums avec nos pairs, nous partageons nos expériences. » Il évoque par exemple le projet novateur des bassins de rétention et de station de pompage du parc du Pont-de-Pruche, qui aura valu à Guillaume Grégoire et Robert Roussel, deux ingénieurs municipaux derrière le concept, d’être honorés par l’Association des ingénieurs municipaux du Québec. Ils ont été décorés du prix Génie-Méritas 2019.

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