Élections américaines : des Montarvillois se prononcent

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Par Frank Rodi
Élections américaines : des Montarvillois se prononcent
La Montarvilloise Maurane Corbin se prononce sur les élections américaines. (Photo : courtoisie)

C’est aujourd’hui, le 3 novembre, que les Américains choisissent qui sera le président des États-Unis pour les 4 prochaines années; Donald Trump, qui revendique un deuxième mandat chez les Républicains, ou Joe Biden, le candidat démocrate. Le journal Les Versants a sondé quelques Montarvillois qui ont un lien avec nos voisins du Sud.

Maurane Corbin étudie à l’université d’Utah depuis 2017. Elle avait signé avec l’établissement scolaire afin d’y poursuivre sa carrière de basketball féminin. Puisqu’elle détient un visa étudiant et qu’elle n’a pas la citoyenneté américaine, la jeune femme de Saint-Bruno-de-Montarville ne peut pas voter aux États-Unis. « J’ai tout de même suivi de près la campagne électorale au cours des derniers mois. Je suis particulièrement déçue des candidats et de leur manque de professionnalisme durant les débats. Il m’attriste de voir que les Américains doivent faire un choix en se demandant quel président serait potentiellement le moins pire des deux au lieu de voter pour une personne en qui ils ont confiance pour un meilleur futur », mentionne Maurane Corbin, qui nous répond par courriel.

« Je crains malheureusement une réélection de Donald Trump. » – Maurane Corbin

Elle rappelle que l’état de Utah est « normalement républicain », mais qu’elle demeure dans un quartier « plutôt démocrate » dans lequel plusieurs résidences démontrent leur intérêt pour Joe Biden avec des images du candidat et des pancartes appuyant le parti démocrate. « Par contre, il y a plusieurs personnes dans mon entourage qui clament être républicains et disent voter pour le Parti républicain peu importe s’ils aiment Donald Trump ou non. Plusieurs disent aussi que l’économie du pays a été meilleure dans les quatre dernières années, et que peu importe les propos déplacés tenus par le président, ils ont confiance en ses capacités pour gouverner le pays pour quatre ans additionnels », explique Maurane Corbin.

Le débat des candidats à la vice-présidence le 7 octobre dernier s’est déroulé à l’université d’Utah, là où la Québécoise étudie. Il mettait en vedette Kamala Harris, chez les Démocrates, et Mike Pence, pour les Républicains. Maurane Corbin revient sur l’événement : « Il nous était défendu d’y assister en raison du coronavirus, mais des regroupements ont manifesté et étaient présents à l’arrivée des candidats sur le campus. Plusieurs personnes avaient des affiches disant « Trump 2020, KEEP AMERICA GREAT! » et des drapeaux américains. »

Puis, l’athlète de basketball, évoque l’actuel président des États-Unis et parle d’espoir qui passe par les jeunes. « Je crains malheureusement une réélection de Donald Trump. Basé sur ses propos, je pense personnellement que le président est raciste, sexiste et homophobe et qu’il se soucie seulement de l’économie du pays au lieu du bien-être des habitants. Je crois sincèrement qu’une réélection est la pire chose qui pourrait arriver, particulièrement en plein milieu d’une pandémie mondiale totalement mal gérée depuis des mois et au milieu d’une recrudescence de mouvements demandant égalité pour tous (Black Lives Matter) qui ne sont pas soutenus par le président. Sur une note plus positive, je garde espoir que plusieurs personnes qui n’ont pas voté aux élections en 2016, particulièrement le groupe de personnes âgées entre 18 et 29 ans, vont, cette année se prévaloir de leur droit de vote, et faire une différence dans les résultats », partage Maurane Corbin.

Il y a aussi ces snowbirds qui, en raison de la situation actuelle avec la pandémie, sont encore au Québec, alors que normalement, ils passent plusieurs mois par année aux États-Unis, plus particulièrement en Floride, un état républicain.

La Montarvilloise Raymonde Fortin, par exemple, hésite à retourner au sud, et ce, nonobstant le coronavirus. À la lumière de ses propos, il semble que le résultat de la prochaine élection présidentielle américaine pourrait jouer un rôle sur son destin de snowbird.

Contactée par le journal, elle précise son point de vue : « Nous percevons, comme bien des observateurs, le déclin de l’empire américain et nous nous inquiétons de la survie de leur démocratie. Surtout depuis l’élection de Donald Trump, la dégringolade s’est accélérée, mais les Américains n’en sont peut-être pas suffisamment conscients et sont susceptibles de pérenniser leurs erreurs. »

Mme Fortin illustre la situation du peuple américaine avec le déclin de l’empire romain ou encore avec la grenouille dans l’eau bouillante. « Il est acquis aujourd’hui que les Romains étaient inconscients de ce qui leur arrivait, au moment où ils le vivaient, sauf que la vie leur semblait de plus en plus difficile, tout comme la grenouille dans l’eau de plus en plus chaude. Aux USA, actuellement, il est facile de percevoir l’état lamentable de l’éducation, de la santé, les inégalités sociales, la justice, la corruption, les tensions raciales exarcerbées… On a l’impression que ce pays est désormais sous la férule d’un petit groupe d’incultes qui les mène à leur perte en scandant des hymnes axés principalement sur l’économie », ajoute la voyageuse.

Au lendemain du 3 novembre, peu importe le résultat, Raymonde Fortin et son conjoint craignent la suite des choses. « Nous espérons avoir tort, mais nous craignons les soulèvements civils, quel que soit le résultat de l’élection. »

Un constat que partage aussi Francine Bergevin, qui pour fuir la neige du Québec passe une partie de l’année en Floride, en temps normal. Or, 2020 n’est pas une année normale. « Je n’ai jamais eu à voter aux États-Unis, dit la Montarvilloise d’entrée de jeu. Mais effectivement, notre retour en Floride est influencé par les élections. La Floride est un état très républicain. Il y a plusieurs îlots d’extémistes. Il y a prolifération d’armes à feu depuis quelques mois. Pour ces raisons, nous craignons qu’il y ait du grabuge. Advenant un retour possible avec une pandémie sous contrôle, nous attendrons après l’investiture du président [pour retourner en Floride pendant l’hiver québécois]. »

QUESTION AUX LECTEURS :

Que pensez-vous de la campagnée électorale aux États-Unis?

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