Des milliers en moins le 15 octobre

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Par Gabriel Provost
Des milliers en moins le 15 octobre
Des employés du réseau de la santé manifestaient et parlaient d'un exode en mai dernier, mais la situation risque d'empirer à l'automne avec l'entrée en vigueur de la vaccination obligatoire. (Photo: archives)

Alors que le système public de santé peine à résister au manque de travailleurs, des milliers d’employés pourraient se faire empêcher de travailler d’ici la mi-octobre s’ils ne se font pas vacciner contre la COVID-19. 

Le réseau de santé de la province vit dans un contexte de fragilité à cause du manque de personnel qui le frappe. Les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de la région ont d’ailleurs de la difficulté à faire face aux nombres élevés de visites qui ont lieu dans leurs urgences.  

Pour les centres hospitaliers du CISSS de la Montérégie-Est (CISSSME), le taux moyen d’occupation des lits des urgences était de 133% au moment d’écrire ces lignes. 

Selon la présidente de la FIQ SPSME, Brigitte Petrie, « notre grande inquiétude est que le 16 octobre est un samedi. Nous espérons que cela pourra être géré d’avance. » Mme Petrie indique cependant que son syndicat détient une liste des centres où des professionnelles en soins pourraient s’absenter à défaut d’être vaccinées. À savoir si le retrait de davantage de personnel des unités de soin pourrait nuire à la situation actuelle et causer des bris de service, la présidente syndicale indique être « déjà en bris de service dans certains centres,  pour pénurie de personnel » et que de perdre d’autres employés risque de « rend la situation encore plus précaire. »

« Le bateau se remplissait d’eau et nous avions un verre avec des trous pour le vider…donc voici où le réseau est rendu.  »

-Brigitte Petrie

Mieux traitées au privé

Parmi les aspects qui aggravent la problématique de main-d’œuvre vécue présentement par les institutions publiques, on compte les départs vers le secteur privé. Brigitte Petrie ne peut effectuer un constat en ayant des chiffres à l‘appui quant aux départs de collègues vers le secteur privé, mais elle indique que « chaque semaine , nous entendons des membres annoncer leur départ vers le privé et c’est particulièrement la surcharge de travail et les temps supplémentaires obligatoires (TSO) qui les incitent à quitter, ce qui bien évidement aggrave la situation de celles qui restent. »

Questionné sur la situation actuelle, le CISSSME indique que « déjà plus de 92 % de nos employés ont reçu une première dose et 89 % sont adéquatement vaccinés. À cet égard, nous sommes confiants qu’une forte majorité des employés non-vaccinés prendront rendez-vous pour être adéquatement protégés. » À l’échelle de la province, ce sont près de 20 000 employés du Réseau de la santé et des services sociaux qui pourraient ne plus avoir la possibilité de travailler dès la mi-octobre. Brigitte Petrie indique que le gouvernement était au courant de la situation et de l‘effet à long terme qu‘elle aurait, mais n’a pas agi à temps. « Le bateau se remplissait d’eau et nous avions un verre avec des trous pour le vider…donc voici ou le réseau est rendu.  »

Annonce jeudi

Le Premier ministre François Legault et son ministre de la santé Christian Dubé présenteront le 21 septembre prochain un plan pour tenter de ramener des travailleurs dans le réseau de la santé, qui manque déjà de 4 000 infirmières. L’objectif de M. Dubé est de restructurer le système de ressources humaines du réseau afin de garantir que les travailleurs soient motivés à rester et aient également de meilleures conditions de travail que ce qui est implanté présentement.

Comment la situation dans le système de santé vous affecte-t-elle dans votre vie personnelle?

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