Des locataires veulent se prendre en main

Des locataires veulent se prendre en main

La locataire Claire Bibeau a fait le tour de l’immeuble afin de démontrer l’état des lieux.

Crédit photo : Marianne Julien

Les locataires de la Villa de l’amitié de Sainte-Julie demandent la démission des membres du conseil d’administration pour mauvaise gestion.

La Villa de l’amitié est un immeuble de 21 logements communautaires pour personnes âgées financé par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

Devant la mauvaise gestion du conseil d’administration, constitué d’André Fafard, président, Lyne Savaria, secrétaire et trésorière, et Monique Gauthier, les locataires de l’immeuble demandent leur démission afin de reprendre en main le projet.

Ils sont appuyés par de nombreux organismes locaux de Sainte-Julie, tels que le Centre d’action bénévole L’Envolée, le CLSC de Sainte-Julie, etc. Ils sont également endossés par la Fédération régionale des OSBL d’habitation de la Montérégie et de l’Estrie (la Fédération) qui, selon son directeur Martin Bécotte, est une première en 20 ans d’existence. « Notre job c’est de supporter les membres de CA dans l’administration de projets. Mais si la Fédération appuie des locataires, c’est que la situation est sérieuse », souligne-t-il.

Inquiétudes des locataires

Les locataires ont commencé à se poser des questions il y a quelques années, devant la difficulté de rejoindre les administrateurs et des logements vacants, mais la situation est devenue sérieuse lorsqu’en 2016, les loyers n’avaient pas été collectés depuis six mois.

Une locataire, Claire Bibeau, explique aussi que l’immeuble, pas rénové depuis sa construction en 1984, montre des signes de vétusté : « Il y a des bardeaux qui commencent à tomber du toit, des fissures importantes sur le plafond, les murs et à l’extérieur, le système de ventilation n’est plus fonctionnel, etc. » Les bris et les défauts ont été constatés par Les Versants une fois sur place.

« Il y a des bardeaux qui commencent à tomber du toit, des fissures importantes sur le plafond, les murs et à l’extérieur, le système de ventilation n’est plus fonctionnel, etc. »

– Claire Bibeau

Elle ajoute même que des résidents se voient obligés de payer pour de l’équipement ou pour l’entretien de l’immeuble, et en dépit de leur sécurité. « La plupart du temps les escaliers et les trottoirs ne sont pas déblayés, c’est nous qui coupons les branches des arbres et plusieurs résidents ont réparé eux-mêmes leur trottoir ou installé des choses », décrit Claire Bibeau.

La Villa de l’amitié serait donc en défaut de garder l’immeuble en bon état et d’y faire les travaux nécessaires, mais les parties demanderesses ne peuvent s’expliquer l’entêtement des administrateurs. « On ne peut pas présumer l’intention des membres du CA, mais ils ne semblent pas avoir l’intérêt envers le projet », déplore Martin Bécotte.

En défaut d’obligations

La Fédération informe que les administrateurs ne respectent pas certaines de leurs obligations légales, notamment le fait que le CA doit être composé de cinq membres au lieu de trois et qu’ils n’ont pas fourni ses rapports annuels et ses états financiers depuis 2010.

De plus, après vérification auprès du registraire des entreprises du Québec, la Villa de l’amitié n’a pas produit sa mise à jour annuelle depuis 2016, et a reçu un avis de défaut le 4 juillet 2018, sans quoi, dans un délai de 60 jours, l’immatriculation sera radiée.

Procédures en cours

Après avoir été mis au courant de la situation, la SCHL a fait une inspection dans le projet d’habitation en janvier 2017 et a ordonné aux administrateurs de combler les postes vacants et de fournir les états financiers de 2010 à 2016 d’ici juin 2017, ce qui n’a toujours pas été fait à ce jour.

Face à la non-réaction du conseil d’administration, les 14 locataires de la Villa de l’amitié leur a fait parvenir une lettre le 10 août 2017, qui est aussi sans réponse un an plus tard. Ils demandaient notamment plus de transparence dans la gestion du projet et une rencontre à ce sujet.

À la suite de la négligence du conseil d’administration, la SCHL a donc déposé en février dernier une demande introductive d’instance en délaissement forcé et prise de possession à des fins d’administration car, devant tous ces drapeaux rouges, les locataires ont dit vouloir reprendre la gestion de leur immeuble.

La procédure en cours est contestée par les administrateurs, et les locataires leur demandent officiellement de mettre fin à ces contestations et de démissionner tel que demandé. « Ils ne comprennent pas pourquoi les membres du conseil d’administration bénévoles ne remplissent pas leur obligations et ne démissionnent pas pour permettre à la communauté d’assurer la gestion de ce projet et qu’il puisse remplir sa mission sociale », soutient Martin Bécotte.

Un immeuble potentiel

Selon le directeur, ce projet est très important à Sainte-Julie, puisque peu de logements communautaires y ont été développés dans les 30 dernières années.

« C’est pour cette raison qu’on demande la fin des contestations judiciaires de la part du CA et leur démission pour que les locataires puissent reprendre ce projet en main, faire les rénovations nécessaires, un plan d’entretien, un bilan de santé de l’immeuble, etc. » ajoute-t-il.

Rejoint par Les Versants, le président du conseil d’administration, André Fafard, a refusé de donner leur point de vue sur le dossier en cours.

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