Des hommages pour Pasquale Bastone

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Par Frank Rodi
Des hommages pour Pasquale Bastone
Pasquale Bastone servait de la pizza à Saint-Bruno depuis 1970. (Photo : archives)

Fondateur du Restaurant Saint-Bruno

L’un des fondateurs de Restaurant Saint-Bruno, Pasquale Bastone, est décédé le mardi 2 mars. Il était âge de 76 ans.

Pasquale Bastone, l’homme qui, menus à la main, accueillait les clients à la porte de son restaurant à une époque où la pandémie n’existait pas, a succombé à une crise cardiaque. Il était assis dans son fauteuil quand le malheur est arrivé. Un feu crépitait dans l’âtre de la cheminée. « Son cœur a lâché. Son cœur n’en pouvait plus », nous dira sa fille Maria, des sanglots dans la voix.

Au cours des dernières années, la santé de Pasquale Bastone s’était détériorée. Depuis huit ans, il suivait des traitements par dialyse. Il a aussi subi une opération au cœur et combattu le cancer à trois reprises. « C’est incroyable, tout ce que son corps a enduré. Mais il passait à travers ces épreuves sans jamais se plaindre. Mon père était un battant. Il avait la volonté de vivre et de déjouer le sort. Malgré la dialyse, il revenait au restaurant tous les jours, aidait à nettoyer les tables. Il avait encore toute sa tête. Il est mon idole », témoigne Maria.

Le matin de son décès, le septuagénaire avait été faire sa dialyse. À son retour, il est allé au Restaurant Saint-Bruno puis, avant de rentrer chez lui, il est allé voir ses petits-enfants. Lorsque sa femme est revenue à la maison, sur l’heure du dîner, il était dans le divan. Les paramédicaux ont constaté son décès sur place. M. Bastone aurait eu 77 ans le 23 mars. « La dialyse, ce n’est pas une vie. Cette année, je le sentais plus fatigué après ses traitements. Il avait hâte que la COVID finisse pour revoir des gens au restaurant. Les clients, c’est ce qui lui donnait l’énergie pour continuer, le boost pour se sentir vivant », ajoute la jeune femme.

Approchée deux jours après le décès, Maria dira de son père qu’il était un homme rigoureux au travail, résolu à réussir dans la vie, intelligent et qui aimait converser avec les gens. « Ceux qui le connaissent savent que c’est seul à seul avec lui que les meilleures discussions arrivaient. Mon père était sociable et charismatique. » La femme endeuillée évoque aussi la générosité de son papa. Pasquale Bastone avait le cœur sur la main. Ils seront plusieurs à le mentionner. « Quiconque lui demandait son aide ou une contribution financière pouvait compter sur lui. Il ne vous laissait pas tomber », explique-t-elle.

Pasquale Bastone était un bon ami, un mari aimant, un père et un grand-père. « Je crois que son plus grand rôle, le rôle qu’il préférait, était celui de grand-papa. Ses petits-enfants étaient la prunelle de ses yeux. »

En hommage à son père, elle dira de lui qu’il était une personne merveilleuse, un homme bon. « Il n’était pas parfait. Il avait ses défauts, mais il était un être humain sincère, authentique. Il manquera beaucoup à sa famille et à ses amis. »

Témoignages

« Mon ami Pasquale!, lancera Luc Grisé, lorsque joint par notre journaliste. Nous perdons un pionnier de la restauration. Pasquale a gagné sa vie à l’arraché. Je me souviens de ses débuts à Saint-Bruno; il faisait de la pizza dans un fond de garage du chemin De La Rabastalière. Il venait d’immigrer ici avec ses frères. Pasquale aura été un exemple de travail, de consistance et de rigueur à l’ouvrage. » Le courtier immobilier poursuit : « Sous son regard austère, il y avait un homme au grand cœur. Il aimait sa famille, ses enfants, ses petits-enfants. Pour se détendre, il amenait ses petits-enfants au magasin pour qu’ils se choisissent un jouet. Il me disait que c’était sa plus grande joie. » Il fut une époque où les Grisé se réunissaient au Restaurant Saint-Bruno chaque année pour le repas du jour de l’An. « Nous avons été élevés juste à côté sur la rue Montarville. C’était une réunion de famille annuelle chez de bons amis, pour la proximité et la qualité de la nourriture. »

« Pour se détendre, il amenait ses petits-enfants au magasin pour qu’ils se choisissent un jouet. » – Luc Grisé

L’éditeur des Versants du Mont-Bruno, Philippe Clair, se dit de tout cœur avec la famille Bastone. « La famille Bastone appartient à l’histoire de Saint-Bruno. Un chapitre ou deux de cette histoire lui appartiennent », illustre Philippe Clair. Ce dernier rappelle que Restaurant Saint-Bruno a été l’un des clients pionniers qui a permis de lancer l’aventure du journal à ses débuts. « Toutes les semaines, le chèque était livré sur mon bureau. Peu de gens font ça. » Philippe Clair rappelle aussi l’implication communautaire de son ami, qu’il qualifie de travailleur et de rigolo. « Pasquale était très impliqué dans la communauté. Pour la collectivité, il a été excessivement généreux. C’était un homme de cœur qui contribuait pour le bien de la communauté. Il a su redonner dans la vie. Il était un grand Montarvillois qui a fait beaucoup de bien. On en perd un solide. »

Pour le garagiste Jacques Grisé, M. Bastone était d’abord un client, qui est ensuite devenu un ami personnel et un partenaire d’affaires dans l’immobilier. « Il était d’une générosité incroyable! Pasquale a contribué à toutes mes causes. Il était un exemple de soutien à sa communauté. » Il y a de ces souvenirs qui restent gravés mieux que d’autres. Jacques Grisé évoque notamment la visite du club de football des Alouettes de Montréal qu’il avait organisée au restaurant de Pasquale. Puis cette initiation aux courses automobiles. « Je me souviens du jour où je l’ai invité à la F1. Il ne voulait rien savoir. Il avait refusé. J’ai insisté et finalement, il en a raffolé! Il est revenu une deuxième année! »

Pasquale Bastone a immigré au Canada en 1966. Il a vécu quelques années à Montréal, époque où il épousera sa femme, Pierina Bruni, en octobre 1967. C’était avant de venir s’installer à Saint-Bruno, en 1970. En décembre de la même année, les premières pizzas étaient préparées, à l’angle de la rue Albani et du chemin De La Rabastalière. Le 8 octobre 1974, les frères Bastone ouvrent officiellement Restaurant Saint-Bruno sur Montarville. À travers les années, des travaux permettent d’améliorer et d’agrandir l’endroit. Un incendie détruit complètement le commerce le 2 septembre 2012. Restaurant Saint-Bruno renaît de ses cendres un peu plus d’un an plus tard, le 10 décembre 2013.

Les funérailles auront lieu ce mercredi 10 mars, à 14 h. Un lien Web est disponible sur le site de Magnus Poirier (onglet Avis de décès/Bastone), pour y assister en direct.

QUESTION AUX LECTEURS :

Quels souvenirs conservez-vous de Pasquale Bastone?

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