Des capsules vidéo sur nos commerçants

Par Chloé-Anne Touma
Des capsules vidéo sur nos commerçants
Khalil Essadik produit des capsules vidéo pour offrir plus de visibilité aux commerçants de la ville. (Photo : Chloé-Anne Touma)

Depuis l’été dernier, un Montarvillois engagé s’est donné pour mission d’encourager le commerce local en faisant des capsules vidéo.

Khalil Essadik veut inciter ses concitoyens à s’intéresser à la vie municipale et il a trouvé une manière bien créative de le faire. Depuis quelques mois, il produit les capsules Parlons pour faire connaître les commerçants et artisans d’ici.

Depuis juillet dernier, quatre capsules ont déjà été réalisées pour présenter l’artiste peintre Pierre Duhamel, la boutique de produits alimentaires Au Royaume du vrac, le vignoble Kobloth, et l’entreprise de réparation de vélos et de petits moteurs du nom de Réparation St-Bruno.

Khalil n’étant pas commerçant, son initiative n’a pas été motivée par un intérêt personnel, mais bien simplement par le désir de poser une action citoyenne concrète. « Je travaille à la Banque Nationale, je ne suis pas commerçant. Je n’ai donc aucun lien direct avec le commerce local, si ce n’est que j’y fais mes courses. »

Une idée conditionnée par la pandémie

Au départ, l’idée que Khalil nourrissait était d’inciter les Montarvillois à s’impliquer un peu plus dans la vie municipale. « J’avais une idée en tête. Je voulais faire quelque chose pour que les Montarvillois s’intéressent un peu plus à leur ville. En général, le niveau d’éveil à Saint-Bruno est bon. Je me disais que le terrain était fertile pour faire grandir l’intérêt pour la vie municipale. »

Avec la pandémie, le projet a finalement évolué en une série de capsules, les capsules Parlons, dont la première a été diffusée à la fin juillet sur les médias sociaux. « J’avais créé mon site Internet et prévu de l’alimenter avec du contenu favorable à l’éveil collectif et à l’implication municipale. Mais avec la COVID, j’ai vu les difficultés rencontrées par les commerçants, et c’est là que le concept de ce que j’allais faire s’est précisé. »

Khalil a alors fait un appel général à la participation et aux recommandations sur les médias sociaux pour trouver des commerçants et des artisans de la scène entrepreneuriale locale, en vue de réaliser des capsules qui les mettraient, eux et leur travail, en valeur. « J’ai voulu voir s’il y avait de l’appétit pour cela et aussi créer une certaine pression pour me pousser à le faire, car des fois, on manque de discipline pour mettre ses idées en branle. Quand on manque de temps, souvent, on ne va pas jusqu’au bout de ses idées et je ne voulais pas que ce soit mon cas. »

Les réactions positives et les recommandations ont pullulé, ce qui l’a encouragé. « Les gens m’ont suggéré des noms, mais j’ai aussi sollicité quelques personnes que j’avais repérées et dont je voulais faire des sujets, dont certaines ont répondu favorablement. Dans le cas de l’artiste peintre Pierre Duhamel, c’est lui qui m’a écrit parce qu’il trouvait le projet intéressant. » Khalil en a alors fait le sujet de sa première capsule, tournée avec les moyens du bord.

Une visibilité gratuite

« C’est sûr que c’est un peu de la publicité ce que je fais, et je l’assume pleinement. Le but était justement d’aider les commerçants à passer au travers de la crise en les faisant connaître un peu plus auprès des gens et en donnant à la population l’intérêt d’aller se promener au centre-ville et d’aller à la rencontre du commerce local. On sera tentés d’aller à pied jusqu’au Royaume du Vrac et on rendra visite à plusieurs autres commerçants autour durant cette balade. »

« Au départ, la formule était plus ambitieuse. Je voulais collaborer avec une équipe et plusieurs ont manifesté leur intérêt et avaient de bonnes intentions, mais chacun a sa vie, ses contraintes de temps et ses préoccupations. » Au bout du compte, c’est Khalil qui assure le tournage, les entrevues et le montage des capsules qu’il produit, même s’il aurait voulu s’associer à des collaborateurs sur l’aspect technique, mais surtout pour la logistique : « Si j’avais quelqu’un de doué pour faire l’intervieweur et s’asseoir avec son interlocuteur, et pour donner des idées, la dynamique serait différente. Comme je fais tout seul, il y a plus de limitations et je dois consacrer quatre ou cinq heures par week-end au projet. »

Khalil révèle qu’en plus d’être banquier, il est aussi photographe amateur à ses heures et dispose de deux caméras, ce qui lui donne une certaine expérience et des outils dont il se sert lorsqu’il réalise ses capsules. « Mes caméras sont de qualité moyenne, mais j’ai de très bonnes lentilles, de quoi éclairer, et un bon micro. Même si ce n’est qu’amateur, le résultat en est bon. » Selon Khalil, on peut apprendre à être photographe et vidéaste en regardant des vidéos explicatives sur Internet. « Pour le montage, c’est pareil. J’ai un logiciel et je monte tout seul. »

La suite des choses

Bien qu’il nourrisse plusieurs ambitions pour le futur proche, le père de famille explique qu’en raison des difficultés liées au manque d’organisation, il n’a pas autant de temps à consacrer au projet. « Je viens d’avoir un autre bébé, donc j’ai moins de temps pour m’en occuper, question de priorités. Mais comme les gens ont apprécié les capsules, je sais que je vais continuer d’en faire. Mais j’ai vraiment envie de mettre à exécution mon projet initial d’encourager les Montarvillois à s’intéresser à la vie municipale. »

« Lorsqu’on ne s’intéresse pas à la vie politique de sa ville, c’est un peu n’importe quoi qui se fait et un climat un peu toxique peut s’instaurer. » – Khalil Essadik

Une vision pour la vie politique municipale

« Lorsqu’on ne s’intéresse pas à la vie politique de sa ville, c’est un peu n’importe quoi qui se fait et un climat un peu toxique peut s’instaurer. Je trouve qu’il y a un climat un peu malsain à Saint-Bruno. Le conseil municipal est en chicane avec le maire et son parti. Il m’est arrivé d’assister à un conseil municipal où tout se passait relativement bien et où régnait le respect. Ça ne reflétait pas les échos que j’entendais, alors j’y suis retourné une autre fois, et j’ai trouvé cela vraiment mauvais. Certains ne tarissent pas de sophisme et d’arguments fallacieux. »

« Certains n’assistent aux conseils que par voyeurisme, pour le piquant et l’action que génèrent ces tensions », déplore Khalil. « Mais ça ne devrait pas être l’incitatif à cultiver son intérêt, puisque ce n’est pas ce qui fait avancer les choses. Je pense qu’à Saint-Bruno, on peut faire mieux et on est prêts pour du changement en ce sens. Il est possible de faire en sorte que les gens s’impliquent plus. »

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