Des auteurs commentent l’aide de Québec

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Par Frank Rodi
Des auteurs commentent l’aide de Québec
L'auteur jeunesse Louis Émond. (Photo : archives)

Plan de relance du secteur du livre

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé en juin dernier un appui important au secteur du livre et de l’édition. Les écrivains sont aussi concernés par ce Plan de relance économique du milieu culturel.

Depuis le mois de mars, la pandémie a fait mal à divers secteurs de l’économie; l’univers du livre et de l’édition n’y a pas échappé non plus. Or, avec ce soutien de Québec, le secteur du livre pourra ainsi bénéficier d’un ensemble de programmes et de mesures pour l’accompagner dans la reprise de ses activités et son redéploiement.

« Des démarches assez longues à entreprendre. » – Emmanuel Lauzon

Les sommes consacrées au livre par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) ont presque doublé depuis l’année dernière, passant de 7,3 M$ en 2019-2020 à 14,1 M$ en 2020-2021. L’enveloppe supplémentaire de 6,8 M$ permettra notamment de bonifier les programmes d’aide à l’édition et aux librairies, en plus de soutenir le développement de nouveaux projets.

Par ailleurs, l’enveloppe du programme de bourses aux artistes et aux écrivains professionnels du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) a été bonifiée de 4 M$ afin de soutenir davantage de projets.

Puis un rehaussement de la subvention de fonctionnement de Bibliothèque et Archives nationales du Québec de 2 M$ a été annoncé pour 2020-2021 lors du dernier discours sur le budget.

Finalement, un soutien pourra être accordé à des initiatives visant à encourager l’achat de livres québécois et ainsi augmenter leur visibilité et leur notoriété.

Il s’agit d’un bref résumé de l’ensemble des programmes et des mesures proposés. Les écrivains que le journal Les Versants a contactés, eux, sont mi-figue, mi-raisin par rapport à cet appui.

Selon Emmanuel Lauzon, les montants bonifiés par le gouvernement entraîneront des demandes supplémentaires provenant des artistes. « Ce n’est pas une mauvaise chose, mais est-ce qu’il y aura assez d’argent versus le nombre de projets soumis », se demande celui qui est originaire de Saint-Bruno. Au téléphone, le romancier qui a proposé Addik en février dernier affirme qu’il a l‘intention d’essayer de bénéficier de cette aide. Or, la démarche s’avère complexe. « Des projets, j’en ai dans mes coffres. Mais ce n’est pas juste de développer un projet, il faut aussi jouer au comptable. C’est beaucoup de travail et des démarches assez longues à entreprendre. »

De son côté, Maryse Pagé, dont le plus récent livre, Woody Belfort : pourquoi marcher quand on peut voler?, sera publié en septembre, raconte qu’elle a essayé de comprendre l’offre destinée aux écrivains, en vain. « J’ai essayé de comprendre ce qu’on offrait vraiment aux auteurs en lisant plusieurs fois les programmes. J’ai même assisté à une conférence Zoom avec des représentants du CALQ et de l’Union des écrivaines et des écrivains québecois (UNEQ). Je n’en ai malheureusement pas appris plus qu’à la lecture du programme », répond la Montarvilloise avant de poursuivre et d’abonder dans le même sens qu’Emmanuel Lauzon. « Je ne sais même pas encore si je vais faire une demande avec ces nouveaux paramètres. C’est long à concevoir et à rédiger, et la réponse tarde à venir. C’est maintenant que les auteurs ont besoin d’aide, pas dans plusieurs semaines ou mois. » D’après elle et selon le pouls qu’elle constate d’auteurs sur divers forums, les artistes « trouvent que l’argent est plus dirigé vers les éditeurs et les libraires ».

Le journal a aussi questionné l’écrivain jeunesse Louis Émond, à qui l’on doit entre autres l’album C’est parce que… « Cette annonce me fait surtout plaisir pour mes collègues, pour les éditeurs et pour toutes les autres personnes qui œuvrent dans le domaine du livre, notamment les libraires. Un appui au secteur du livre et de l’édition ainsi qu’aux écrivains ne peut qu’être perçu positivement par les gens du domaine puisqu’il fut, lui aussi, affecté par la crise de la COVID. » Cependant, le Montarvillois ne songe pas à « essayer de profiter de ce soutien financier, préférant le laisser à [ses] collègues ». Il précise : « Surtout si leur revenu d’auteur est essentiel pour subvenir à leurs besoins. Je ne ferai donc ni demande ni présentation de quelque projet que ce soit. »

Pour la Grandbasiloise Rébecca Mathieu, ce coup de pouce de Québec est bienvenu. « Plus d’argent investi dans le milieu du livre, cela signifie plus de chances que les bibliothèques se procurent mes livres, plus de chances, aussi, qu’un éditeur se risque à publier l’une de ces histoires qui me démangent le subconscient. Même si j’écris surtout pour moi, je suis toujours heureuse d’être lue et rémunérée de temps à autres! », avance celle qui a écrit, notamment, le roman Mémoire et compulsion.

QUESTION AUX LECTEURS :
Que pensez-vous du Plan de relance économique du milieu culturel?

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Yannick roche
3 mois

Auteur jeunesse, j’ai préparé cette demande (assez laborieuse comme en font foi les commentaires inscrits plus haut). La raison: impossibilité évidente d’offrir des animations scolaires avant bien longtemps. J’ai proposé une formule «renouvelée» d’animations virtuelles. «Soyez imaginatif, renouvelez-vous» criaient les ministres dans leurs discours. Réponse longue à venir pense certains d’entre vous? Oh non! à peine 10 jours plus tard je recevais l’information que mon projet était refusé. «Une lettre explicative suivra» inscrivait-on. Formulaire complété dans la première semaine de l’annonce du programme bonifié. Ça n’fait pas loin de 3 mois de ça et j’attends toujours les explications au refus instantané accordé à mon projet. Je pense simplement que les projets du monde littéraire sont bien loin dans l’intérêt des décideurs du CALQ. L’humour, les spectacles, les télé-réalités ont la priorité. S’il reste des fonds, peut-être accorderont-ils les quelques parcelles qui restent à des projets soumis par des comédiens qui écrivent à temps perdu, des vedettes qui proposeront des livres de recettes en «LIVE» sur FB, Instagram!