Des antennes dans le clocher

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Par Frank Rodi
Des antennes dans le clocher
Certains fournisseurs de téléphonie cellulaire occupent l’intérieur du clocher de l’église de Saint-Bruno-de-Montarville pour installer leurs antennes. (Photo : Frank Jr Rodi)

Financement des églises

Certains fournisseurs de téléphonie cellulaire occupent l’espace à l’intérieur du clocher des églises de la région pour installer leurs antennes. Un moyen pour les assemblées de fabrique de récupérer une source de revenus supplémentaire et appréciable.

C‘est ce que nous ont confirmé deux présidents d’assemblée de fabrique, Jean Houde pour celle de la paroisse de Saint-Bruno-de-Montarville, et Daniel Richard pour celle de Sainte-Julie.

« Ce n’est pas une fortune, mais pour nous, c’est important, parce que c’est une somme dont nous avons besoin. » – Daniel Richard

Ressources financières

À Saint-Bruno, trois fournisseurs occupent le clocher de l’église de la rue Montarville : Telus, Rogers, Videotron. « Chaque fournisseur occupe trois faces du clocher avec ses équipements, soit au sud, à l’ouest, au nord. Au total, le sommet est garni de neuf antennes », indique le président de l’assemblée de fabrique à Saint-Bruno-de-Montarville, Jean Houde. Une location d’espace qui peut rapporter tout près de 10 % du budget annuel, évalué à 650 000 $. Un revenu de plus qui est bienvenu et qui fait une différence, d’autant plus que le budget peut parfois s’avérer déficitaire; comme en 2018, alors qu’il était de l’ordre de 7 %.

Les trois mêmes fournisseurs occupent aussi un espace à l’intérieur du clocher de l’église de Sainte-Julie, située à l’angle des rues Saint-Joseph et Principale. Cette fois, un montant annuel d’environ 35 000 $ est octroyé à la fabrique, ce qui représente environ 8 % du budget global de 500 000 $. « Ce n’est pas une fortune, mais pour nous, c’est important, parce que c’est une somme dont nous avons besoin, témoigne le président de la fabrique, Daniel Richard. C’est une source de financement très appréciable qui fait partie de notre budget de location. »

Bien que ce soit les fournisseurs de téléphonie cellulaire qui approche les fabriques pour utiliser les hauteurs des églises, il n’en demeure pas moins que c’est le diocèse qui en autorise l’occupation et coordonne le tout.

Selon les propos de Daniel Richard, les antennes ne sont pas visibles et ne défigurent pas l’aspect visuel du bâtiment. Une seule antenne est accrochée à l’extérieur, mais le matériau s’accorde à la tôle du clocher. À Saint-Bruno, une partie de l’installation est visible, mais à l’arrière du clocher. « C’est minimaliste… contrairement à l’intérieur, où l’installation est assez imposante! », assure Jean Houde.

Le journal Les Versants a appris que ces entreprises de téléphonie cellulaire occupent également un coin des sous-sols afin d’installer du matériel dans un local exigu en acier aménagé dans les catacombes des bâtiments paroissiaux.

« Ce budget obtenu grâce à la location nous aide, au final, à payer le chauffage, les frais d’entretien, le déneigement… », poursuit M. Richard. À Sainte-Julie, les frais d’électricité, de chauffage, de déneigement, d’entretien, de maintenance et d’assurances s’articulent entre 80 000 et 85 000 $ par année. Le président ajoute : « Ce sont nos frais de base. »

Pour ce dernier, il n’est pas question ici d’envahissement ni d’invasion de propriétés. « Pas du tout!, répond-il. Ces entreprises ne sont tellement pas dérangeantes! Ce sont des locataires exemplaires. »

Mises à jour

Actuellement, certaines compagnies passent à la technologie cellulaire 5G. Ce qui veut dire que les infrastructures évoluent aussi. « Il y a eu une intervention en ce sens déjà. Depuis, nous avons reçu une demande d’une autre compagnie, et je crois qu’une autre va changer bientôt », continue le président de la fabrique de Saint-Bruno. Comme autres sources de revenus, il y a aussi la campagne de financement dans le cadre du souper au homard, les locations de salles (au sous-sol de l’église), les revenus de certaines cérémonies (services funéraires, mariages et baptêmes) et des dons autres que la dîme et les quêtes. « Prochainement, on souhaite aussi explorer les legs testamentaires », note M. Houde.

Des travaux d’environ 60 000 $ devront être entrepris en 2020 à l’église de Saint-Bruno-de-Montarville. En effet, des réparations devront être effectuées sur le système de chauffage, le système informatique doit être rehaussé et une action préventive devra être prise pour solidifier les pierres extérieures.

Du côté de Saint-Basile-le-Grand, le journal n’a pas été en mesure de joindre un responsable de l’assemblée de fabrique avant la tombée. Par contre, une source nous a confirmé qu’il n’y avait pas d’antenne dans le clocher de l’église, située sur la rue Principale. « Il n’y en a pas. Mais je crois qu’il y a déjà eu des discussions dans le passé. Je ne saurais dire la nature [de celles-ci], mais ça ne semble pas avoir fonctionné », avance le conseiller municipal et président de la Société d’histoire de Saint-Basile-le-Grand, Richard Pelletier.

Le diocèse de Saint-Jean-Longueuil n’a pas rappelé le journal Les Versants avant la tombée.

QUESTION AUX LECTEURS :

Selon vous, quels moyens les églises devraient-elles prendre pour trouver de nouveaux revenus?

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