Davantage d’investissements en prévention de l’obésité selon Coalition Poids

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Par Frank Rodi
Davantage d’investissements en prévention de l’obésité selon Coalition Poids
La Coalition Poids est prête à accompagner le gouvernement dans la mise en place d’actions visant à soutenir, notamment, des mesures de réduction de la surconsommation de boissons sucrées et d’aliments ultra-transformés. (Photo : archives)

Obésité : nouvelles lignes directrices de pratique clinique canadienne

L’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) et la Coalition québécoise sur la problématique du poids (Coalition Poids) réagissent aux nouvelles lignes directrices de pratique clinique en lien avec l’obésité, dévoilées par le Journal de l’Association médicale canadienne.

L’ASPQ et Coalition Poids réitèrent l’urgence d’investir massivement en prévention et rappellent la responsabilité du gouvernement d’offrir des milieux de vie qui facilitent les choix sains.

« Avec plus de 4 millions d’adultes québécois présentant un surpoids, dont 1,7 million considérés obèses, la prévention de l’obésité et la promotion des saines habitudes de vie sont des priorités incontournables », mentionne la directrice de la Coalition Poids, Corinne Voyer. « La pandémie actuelle expose d’ailleurs la vulnérabilité de plusieurs personnes obèses aux complications de la COVID-19 et nous rappelle l’importance d’investir pour une population en santé, » poursuit la Grandbasiloise.

Cet enjeu de santé publique dépasse la responsabilité individuelle et concerne tout le monde. Le surpoids, l’alimentation de faible valeur nutritive et la sédentarité sont des facteurs de risque de plusieurs maladies évitables qui gonflent les coûts du système de soins. À elle seule, l’obésité des adultes coûte près de 3 milliards de dollars annuellement aux contribuables. « Les causes de l’obésité sont nombreuses. Trop souvent, les gens sont identifiés à tort comme étant responsables de leur condition et vivent régulièrement de la discrimination à cet égard », de souligner Corinne Voyer. Pourtant, actuellement, nos milieux de vie ne facilitent pas des choix sains. Les boissons sucrées sont omniprésentes, l’industrie alimentaire maquille plusieurs de ses produits en faux produits santé, le design urbain n’est pas favorable aux piétons, les occasions d’être actif à l’école et de bien manger ne sont pas toujours au rendez-vous. « Il est du devoir du gouvernement de s’assurer que tous vivent dans des conditions qui permettent de manger sainement et d’avoir un mode de vie physiquement actif au quotidien, » insiste Corinne Voyer.

L’accès à des services professionnels est nécessaire

En matière de surpoids, l’adage « Mieux vaut prévenir que guérir » prend tout son sens. Une fois établie, l’obésité est difficile à renverser. « Les stratégies de l’industrie de la minceur pour nous faire croire à une solution miracle peuvent être très convaincantes, mais il faut se méfier des apparences trompeuses. Il n’existe pas de diète ni de produit miracle pour perdre du poids de façon durable. Les échecs à répétition affectent l’estime de soi et peuvent entraîner des problèmes de santé », affirme la porte-parole à l’Association pour la santé publique du Québec, Laurence Sauvé-Lévesque. « Faute de prise en charge adéquate par le système de santé, des Québécois se tournent vers des moyens inefficaces, voire risqués, pour gérer leur poids. Il faut un meilleur accès à des services professionnels et interdisciplinaires basés sur les évidences scientifiques, » poursuit-elle.

À cet effet, l’ASPQ propose le microsite apparencestrompeuses.ca pour aider la population à faire un choix éclairé avant d’entreprendre une démarche de perte de poids. Parallèlement, l’accompagnement régulier d’une équipe interdisciplinaire qualifiée soutenant l’adoption de saines habitudes de vie a fait ses preuves pour améliorer la santé et la qualité de vie. Dans la province, les listes d’attente dans plusieurs de ces cliniques sont longues et les services en privé ne sont pas accessibles à tous.

« La reconnaissance du statut de maladie n’est pas une étape indispensable pour que le gouvernement soutienne des programmes d’intervention ni pour la couverture d’assurance des traitements de l’obésité, » note Corinne Voyer. « Par exemple le tabagisme est un facteur de risque et non une maladie. Pourtant, on défraie les programmes de cessation tabagique et on couvre également les médicaments aidant le délaissement du tabac », déclare-t-elle.

La Coalition Poids est prête à accompagner le gouvernement dans la mise en place d’actions visant à soutenir des saines habitudes de vie à l’école et dans les municipalités, un système alimentaire promoteur de santé et des mesures de réduction de la surconsommation de boissons sucrées et d’aliments ultra-transformés. « Des investissements importants et des politiques publiques fortes pour prévenir davantage l’obésité sont nécessaires et doivent être adoptés rapidement, » lance la directrice de la Coalition Poids.

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