DASH-L « en mode solution »

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Par Frédéric Khalkhal
DASH-L « en mode solution »
Jane Foyle, directrice générale de l’aéroport Saint-Hubert de Longueuil. (Photo : archives).

Après la recrudescence de mouvement citoyen contre les nuisances sonores de l’aéroport Saint-Hubert de Longueuil, les autorités aéroportuaires tentent de rassurer la population.

« À titre de propriétaire, de gestionnaire et d’exploitant de l’Aéroport Montréal – Saint-Hubert (YHU), Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L) travaille activement à développer les installations aéroportuaires tout en conciliant le mieux possible les impératifs de sécurité aérienne sociaux, environnementaux et économiques propres à un développement durable. » Dans un long communiqué envoyé vendredi, les propriétaires de l’aéroport à Longueuil ont ainsi voulu répondre à une recrudescence des critiques de plusieurs citoyens quant au bruit généré par les avions.

« Cela fait 18 mois que je suis en poste et les écoles de pilotage respectent les règles que nous leur avons imposées. Ce sont 90 % des avions-écoles qui ont désormais des silencieux et parmi eux, 99 % sont aux normes. Nous avons aussi déménagé les essais moteurs de l’avionneur Pascan pour répondre aux citoyens. Nous avons aussi mis en place un Comité consultatif sur le climat sonore où je siège, avec un consultant pilote, un représentant des citoyens qui est M Lobjoie, un propriétaire d’une école de pilotage ou encore un représentant d’une ligne aérienne », indique au journal Jane Foyle, directrice générale de DASH-L.

Par souci de transparence, les documents et les comptes rendus des rencontres du Comité sont disponibles sur le site Web de DASH-L (www.dashl.ca).

« Cela fait 18 mois que je suis en poste et les écoles de pilotage respectent les règles que nous leur avons imposées. » – Jane Foyle

À cela, elle ajoute l’adoption d’un plan d’amélioration de la gestion et du traitement des plaintes et l’élaboration en cours d’un plan global d’atténuation du bruit des aéronefs, des règles très strictes régissant les posés-décollés durant la période estivale, la mise en place d’un système de pistes préférentielles qui favorise les départs et arrivées des avions au-dessus des champs plutôt que des quartiers résidentiels.

Une autre mesure qui sera soumise à Transports Canada au cours des prochaines semaines est la procédure d’atténuation du bruit au départ qui vise une montée plus rapide des vols commerciaux et, par le fait même, une réduction du bruit au sol. « S’ajoute à cette procédure celle des arrivées en descente continue qui a pour but de réduire les décibels au sol. Ces nouvelles mesures d’atténuation de bruit sont toutefois assujetties aux procédures édictées par Transports Canada et auxquelles DASH-L se conforme », peut-on lire dans le communiqué.

En ce qui concerne le trafic aérien à l’aéroport, le président du conseil d’administration de DASH-L, Charles Vaillancourt, rappelle que « les faits, qui sont incontestables et toujours plus rigoureux et informatifs que les impressions et les approximations, démontrent qu’il est en baisse de 30 % depuis 2008 ».

Mme Foyle nous rappelle cependant que l’aéroport sera amené à se développer : « Nous devrions annoncer prochainement l’arrivée d’une nouvelle destination pour les voyageurs. Nous avons fait le choix de favoriser le transport de passagers plutôt que de mettre de l’avant les vols cargos qui s’effectuent essentiellement de nuit. »

Les vols de nuit

Mme Foyle estime que l’aéroport fait de gros efforts pour limiter les vols de nuit. Cependant, après réflexion auprès de Chronos Aviation, « il n’est pas possible de les éviter. L’entreprise a des contrats avec les mines dans le Nord. Elle fait tout ce qu’elle peut. On en discute, on travaille tous ensemble, mais ce n’est pas facile de travailler dans le Nord. Cependant, il n’y a pas trop d’activité la nuit. »

M. Vaillancourt souligne quant à lui que « l’Aéroport est ouvert à longueur d’année (24 heures par jour, 7 jours par semaine), ce qui signifie qu’il n’y a pas de couvre-feu, comme dans tous les grands aéroports canadiens, d’ailleurs. Ces vols, qui représentent 3 % des mouvements totaux au pays, comptent pour 1 % de ceux à YHU. Concrètement, il y a au total de trois (3) à cinq (5) mouvements d’aéronefs par nuit (courrier, vols nolisés), dont deux (2) départs réguliers de nuit d’avions B737 chaque semaine. D’ailleurs, DASH-L a récemment pris la décision de ne pas accepter les opérateurs d’avions-cargos, car ces activités sont typiquement de nuit et requièrent l’utilisation d’avions d’anciennes générations. »

Les plaintes

Les riverains à l’aéroport, qui portent plainte contre certains aéronefs qu’ils estiment en dehors des normes, n’ont obtenu pour l’instant aucun gain de cause. « Il n’y a pas eu de sanctions contre les écoles de pilotage. Elles respectent les procédures contre le bruit que nous avons imposées. Il n’y a pas de sanctions de prévues. Quant à l’altitude des avions, elle figure dans les publications aéronautiques. Si les aéronefs ne suivent pas les procédures, c’est NAV Canada qui est compétent et la tour de contrôle est là pour surveiller. »

En ce qui concerne l’encadrement légal des activités aéroportuaires, le gouvernement du Canada, qui a la compétence exclusive pour tout ce qui relève de l’aéronautique, a établi un cadre juridique au moyen de la Loi sur l’aéronautique et du Règlement de l’aviation canadien.

« Il est important de rappeler que DASH-L reçoit et traite les signalements de gens concernant des interventions relatives à des éléments opérationnels problématiques et prend les mesures correctrices ou d’atténuation qui sont de son ressort. Les citoyens concernés reçoivent systématiquement des réponses de DASH-L à leurs courriels. Toutes les plaintes sont analysées et soumises au Comité consultatif sur le climat sonore afin que des actions appropriées soient prises. Les citoyens et citoyennes intéressées peuvent d’ailleurs faire le suivi des plaintes et des décisions du Comité sur le site Web de DASH-L (https://www.dash-l.ca) », est-il souligné dans le communiqué envoyé par DASH-L.

Rôle économique

« En plus de contribuer au développement des créneaux de l’aviation et de l’aérospatiale, l’Aéroport est un levier formidable pour attirer des entreprises de tous les secteurs d’activité pour qui la proximité des installations aéroportuaires est un atout exceptionnel », d’expliquer le président du conseil d’administration.

Selon DASH-L, en 2018, les impacts économiques directs des locataires de l’Aéroport ont été évalués à 664 millions de dollars (664 M$) par des experts indépendants. L’ensemble des activités économiques des compagnies établies à l’Aéroport a permis de soutenir ou de contribuer au maintien ou à la création d’environ 3 550 emplois équivalents temps plein (ETP), dont 2 206 emplois ETP découlent directement des locataires de l’aéroport.

À PROPOS DE DASH-L

Développement Aéroport Saint-Hubert de Longueuil (DASH-L) est un organisme à but non lucratif qui a été créé en 2000 et qui est propriétaire de l’Aéroport Montréal Saint-Hubert depuis sa cession par Transports Canada, en 2004. DASH-L entend mettre en valeur et exploiter le plein potentiel de cette infrastructure pour la Ville et l’Agglomération de Longueuil.

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YvonfortierOlivierDenisSonia Recent comment authors
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Sonia
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Sonia

Comment DASH-L peut-il décider par lui-même de l’impact des activités aéroportuaires sur les citoyens? Aucune consultation publique n’a été acceptée, malgré toutes les demandes faites? Les citoyens qui vivent dans l’agglomération de Longueuil et des villes avoisinantes (St-Basile-Le-Grand, Ste-Julie, St-Bruno-de-Montarville) vous disent que la situation actuelle est inacceptable et, à lire cet article, vous les référez encore au comité de gestion des plaintes de l’aéroport et dites que vous êtes en règles. Vous comprendrez l’apparence d’une absence complète d’écoute du côté de l’aéroport et celui de la Ville de Longueuil. Vous dites que les vols de nuit sont inévitables. Vous… Lire plus »

Denis
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Denis

Madame Foyle, Impossible de croire en votre hypocrisie et l’hypocrisie des organismes qui ont un intérêt uniquement économique… C’est pourtant simple… Pourquoi ce qui était inacceptable dans les années 70 le serait aujourd’hui? Dans les années 60-70, Bien que cela aurait été plus économique et rentable, on n’a refusé d’installer un aéroport international à Saint-Hubert entre autre à cause de la contrainte de bruit que cela imposerait aux riverains qui étaient beaucoup moins nombreux à l’époque? C’est alors, que l’on a exproprié tous les fermiers et habitants de Saint-Scholastique « Mirabel » pour des droits acquis et l’on connaît le reste de… Lire plus »

Olivier
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Olivier

Madame Foyle, ce n’est certainement pas en faisant voler les 737-200 de Chrono Aviation à Saint-Hubert, ces avions extrêmement bruyants et certainement aussi très polluants pour notre environnement, que vous ferez du développement durable, encore bien moins en les faisant décoller de nuit. Maintenant que vous avez sans doute signé un contrat à Chrono pour de nombreuses années, vous pouvez bien endormir la population et lui dire ne pas pouvoir restreindre ses heures de vol. Non, mais il fallait y penser avant la signature du contrat, mettre des restrictions, faire une étude d’impact, mieux réfléchir quoi. Le pire dans tout… Lire plus »

Yvonfortier
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Yvonfortier

Pourquoi il a encore des vols départ des petit avions le dimanche sur la 24g selon l’entente conclut 2015 précise