Dans ma rue, on joue!

Dans ma rue, on joue!

Corrine Voyer, Directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids.

Crédit photo : courtoisie

Samedi matin, ma fille s’amuse tranquillement dans le salon jusqu’à ce qu’elle regarde par la fenêtre et me crie : « Maman, les voisins jouent au hockey dans la rue, je peux aller jouer avec eux?» Quelle bonne idée, vite, va t’habiller!

Dans mon quartier, la rue est le lieu de rassemblement du voisinage. Les enfants jouent, les adultes échangent et parfois des automobiles passent au travers. C’est notre milieu de vie. Notre cour arrière est aménagée pour jouer en toute sécurité, mais la cour avant, notre rue résidentielle, est le lieu où mes enfants socialisent avec ceux des voisins pour jouer au ballon, faire du vélo ou de la trottinette. Et ils y sont aussi en sécurité.

Pendant que je fais mes tâches autour de la maison, j’entends les enfants rire, parfois se chicaner; c’est normal, car à travers le jeu, les enfants apprennent non seulement à développer leurs habiletés motrices, comme manier un bâton de hockey ou dribbler, mais également à vivre en société et à gérer des conflits. Le jeu à l’extérieur favorise la prise de décision, l’évaluation des risques, la résolution de problèmes, les interactions sociales et la créativité.

Nos enfants sont de plus en plus sédentaires et passent en moyenne 23 heures par semaine devant un écran. Jouer librement à l’extérieur était répandu il y a trente ans et maintenant, c’est une coutume que les enfants ont perdue. Le rythme effréné des parents d’aujourd’hui ne nous permet pas toujours d’aller au parc avec nos enfants ou de participer à des activités organisées. Les rues de quartier deviennent alors cette aire de jeu et de rassemblement accessible.

La ville de Belœil l’a compris. Elle a été la première à redonner la rue aux citoyens avec son projet « Dans ma rue, on joue » en permettant aux enfants et aux familles d’y jouer librement. La rue n’appartient pas seulement aux automobiles. D’ailleurs, près de deux citoyens sur trois estiment que les enfants devraient avoir le droit de jouer dans les rues résidentielles et ruelles.

En revoyant leurs règlements, les villes peuvent encourager la pratique de l’activité physique des citoyens. Récemment, la ville de Laval a aussi adopté une résolution en ce sens. Pourquoi ne pas le permettre partout? Demandez à votre conseil municipal de le faire aussi chez vous. La Coalition Poids a créé des outils pour vous aider à bâtir ce milieu de vie (www.cqpp.qc.ca). Tout le monde dehors!