Dans la bulle de RaShel

Photo de Frank Rodi
Par Frank Rodi
Dans la bulle de RaShel

Après un passage remarqué au Festival Classica en plein cœur de Saint-Lambert à la fin mai, l’artiste peintre RaShel (Rachel Garret-Giovane) était parmi les sept autres artistes de l’exposition collective Arts en commun, en juin, également à Saint-Lambert. La Montarvilloise souhaite maintenant renouveler ce genre d’expérience. 

RaShel explore l’inconnu, la gestuelle spontanée, la ligne, qui invite la couleur à prendre place. Pour elle, les couleurs sont un éventail de sentiments, alors que la tache joue un rôle crucial dans l’évocation du message à livrer. Elle aime laisser place à l’imparfait, même le provoquer. « Au Festival Classica, nous étions 40 artistes peintres professionnels et émergents sélectionnés pour peindre en direct une toile. J’aime particulièrement ce type de format qui correspond à ma gestuelle et à mes mouvements. Personnellement, ce fut l’occasion de faire de belles rencontres avec le public, et ce, même si j’étais la plupart du temps dans ma bulle », explique l’artiste peintre RaShel.

Concernant l’exposition collective Arts en commun, qui se déroulait à L’Espace Création, RaShel indique que l’endroit est très inspirant pour elle, et qu’il permet d’explorer la créativité par différents moyens, notamment le lâcher-prise. « Ces deux temps forts, l’expo collective et le Festival Classica, m’ont permis de faire un exercice qui ne m’est pas naturel, soit le fait d’exposer et de partager mes créations ainsi que de peindre en direct. Je veux renouveler ces expériences; j’ai aimé vivre ces défis », mentionne la peintre, qui s’adonne à l’abstrait.  

Selon elle, le regard des gens sur ses toiles est étrange, car chacun y est touché à sa façon et selon son parcours. Elle explique que l’abstrait permet aux gens qui regardent ses toiles de développer et de provoquer leur propre imagination face à l’image qu’ils ont en face d’eux.

Le grand format est plus naturel pour cette femme qui peint depuis plus de 20 ans, notamment parce qu’elle recherche de grands espaces. Elle y dénote aussi un parallèle avec son immigration au Québec, elle qui arrive de France. « J’ai connu des périodes riches en créativité et d’autres moins. Tout dépend de ce que je vis. Souvent, à la suite d’un drame ou d’un événement heureux, mon inspiration est profonde et souterraine. »

La peinture n’est ni une passion, ni un passe-temps, ni un travail, ni un moment de liberté pour elle, mais une démangeaison! « Petite, j’étais sportive, manuelle et curieuse, j’avais beaucoup d’énergie à canaliser et déjà un sens visuel développé. J’aimais explorer les arts, la peinture est ma matière préférée. Chaque thème que l’enseignant donnait était comme un cadeau, un défi et une stimulation. Ensuite, à 16 ans, je suis partie étudier dans un programme cinéma audiovisuel, très contingenté, en France. »

L’enseignement et les formations ne s’arrêtent pas là, bien au contraire. L’artiste de Saint-Bruno-de-Montarville a entre autres étudié la peinture sur soie (1992-1994), les techniques et couleurs (2001-2002) ainsi que l’histoire de l’art (2004-2005) lors de son séjour en France. Depuis son arrivée au pays, Rachel Garret-Giovane a suivi des cours de céramique (2007-2009), de photographie de nuit (2012), de techniques mixtes et collage (2013-2014), en plus d’assister à un atelier de créativité (2014-2015).

« Quand je peins, j’essaie de rentrer dans ma bulle, de faire abstraction de tout le reste, et d’accéder au moi intérieur, mais tout en gardant une énergie qui me permet des mouvements amples, des lignes rapides et des volumes variés avec les matières. Permettre de laisser exprimer la force de l’âme et ne pas aller dans l’esthétique et le beau. Au contraire, laisser place à l’accident, l’imprévu, la faille, la complexité, qui donnera une particularité à la toile. Je n’explique pas mon art, je peins. Une couleur appelle une ligne… », de poursuivre RaShel, qui se dit fière de son évolution à travers les années, de sa démarche de plus en plus authentique, sa gestuelle de plus en plus libre.

Autres projets à venir

RaShel a encore de nombreux projets en tête, notamment travailler la sculpture en collaboration avec son frère Florent, un métallier d’art en Suisse, et participer à une exposition mixte art et photographie sur la thématique de l’immigration. « Il me reste maintenant à les planifier dans le temps. Mais je suis encore toute jeune! C’est donc à suivre sur ma page artistique Facebook : RaShel ».

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