Un roman policier pour Rébecca Mathieu

Ouroboros

Toujours en train d’écrire, la Grandbasiloise Rébecca Mathieu accouchait plus tôt cette année d’un premier roman policier avec Ouroboros.
Solitaire et vif d’esprit, Loki est un garçon de quinze ans qui peine à se conformer. Lors d’une nuit, il découvre un boa dans son jardin. Sans rien mentionner aux membres de sa famille, il décide de conserver le reptile dans sa chambre. Mais Loki apprend très vite que son nouvel animal de compagnie est impliqué dans une histoire de meurtre… une histoire de plus en plus complexe, à mesure que les décès s’accumulent. Loki décide de mener sa propre enquête, ce qui l’amène à soupçonner celle qu’il surnomme la Serpentière.

Une flèche supplémentaire

Interrogée par le Journal de Saint-Basile, Rébecca Mathieu répond que la publication de ce roman, le cinquième de sa carrière d’auteure, était pour elle l’occasion d’ajouter une autre flèche à son arc. « J’ai toujours aimé le mystère, dans l’écriture comme dans la lecture, et après un peu de fantastique (Amadentelle), de science-fiction (Rouge pouvoir) et de sport (Coup de patin, en deux tomes), je me suis dit qu’il était grand temps de mettre le mystère au cœur d’un roman. Je ne crois pas que ce sera le dernier dans le genre, puisque j’y ai pris goût! » mentionne la jeune femme, dont l’intérêt pour les serpents est grand. Férue d’escalade, elle s’entraîne dans un centre de Montréal, un endroit qui se retrouve aussi dans les pages de son polar.

« J’ai toujours aimé le mystère, dans l’écriture comme dans la lecture. » – Rébecca Mathieu

La série Coup de patin a paru aux éditions ADA. Ses trois autres bouquins, qui rejoignent un lectorat plus âgé, ont été publiés chez Joey Cornu.
Selon elle, l’écriture d’un premier roman policier lui aura permis de constater son envie de glisser le mystère au cœur d’une histoire et de le traiter « avec tout le respect qui lui revient ». Elle précise : « Je suis très contente [que l’histoire] se lise aussi naturellement. Et qu’elle soit brève. J’ai tendance à écrire des livres longs et Ouroboros fut un exercice de concision qui me servira sûrement dans le futur. Il y a un meurtre, le détective (Loki) enquête, d’autres meurtres surviennent, le meurtrier est coincé par le détective, et vlan, c’est fini! »
Romancière de cinq livres, Rébecca Mathieu a développé, depuis plus de 10 ans de carrière, une panoplie de personnages. Pensons seulement à Amadentelle et ses amis, Gareth et tous les autres disparus qui se retrouvent sur la planète désertique Régalia, l’un des extraterrestres humanoïdes surnommé le prince, ou encore l’un ou l’autre des nombreux hockeyeurs de Coup de patin en Charles, Simon, Léonard, Étienne, Steven… Quand on lui demande quelle place occupe Loki dans son œuvre, Rébecca Mathieu rétorque qu’il a une « place cruciale ». Elle explique : « Comme je m’intéresse beaucoup à la mythologie nordique, j’avais envie de me faire plaisir, et c’est pourquoi les références à ce sujet foisonnent à travers le roman; à commencer par le nom du personnage principal. C’est un personnage que je voulais attachant, à cause et en dépit de sa différence. J’espère avoir mis ceci en valeur à travers les différentes amitiés qu’il cultive dans l’histoire. »

Une partie d’elle-même

Elle n’hésite pas à admettre que Loki, c’est aussi une partie d’elle-même, l’étudiante qui se morfond, qui se sent en retrait des autres. « C’était un peu comme ça que j’étais au secondaire, moi aussi. » À travers Ouroboros, le lecteur fait la connaissance avec l’entourage de Loki, dont Lola, sa grand-mère; une femme complice avec son petit-fils, folle des chiens-saucisses et en fin de vie, un aspect que l’écrivaine souhaitait aborder dans son histoire.« C’est un sujet dont on ne parle pas suffisamment et qui est pourtant très important, constate-t-elle. Les gens atteints de maladies graves ne devraient pas être condamnés à souffrir si c’est tout ce qui leur reste. Je ne suis pas en train d’encourager au suicide, bien au contraire! Mais parfois, la médecine moderne ne peut rien faire, par exemple dans le cas du cancer, et un choix entre souffrir pendant plusieurs fois et partir plus tôt en toute quiétude devrait exister. Bien sûr, il importe de prendre les précautions nécessaires pour que personne ne soit forcé à faire un choix ou l’autre, mais dans tous les cas, la mort ne devrait pas être un sujet que la peur empêche d’aborder. »

Fin ouverte

Bien que la personne coupable soit révélée dans le dernier chapitre, la fin d’Ouroboros se veut ouverte… La Grandbasiloise promet que ce n’est pas pour une éventuelle suite : « Je veux simplement laisser à mes lecteurs le plaisir d’imaginer la réaction de… [le nom d’un personnage du roman]! »
Rébecca Mathieu participera au Salon du livre de Montréal, cette semaine, les 15 (kiosques AdA et Joey Cornu) et 17 (kiosque Joey Cornu) novembre, ainsi qu’au Salon des auteurs jeunesse de l’École Jacques-Rocheleau, à Saint-Basile-le-Grand, le 29 novembre.
QUESTION AUX LECTEURS :
Avez-vous déjà lu un roman de Rébecca Mathieu?