Sainte-Julie: Violence Gratuite lance un nouvel opus Carcasse ce soir

Le groupe Violence Gratuite lancera, le 29 novembre prochain, son deuxième album en carrière, Carcasse, au Broue Shop à Sainte-Julie.

« Ce deuxième album nous ressemble plus. On connaît mieux notre plan, on assume plus notre sonorité qu’il y a cinq ans », mentionne Dominique. En 2020, le trio punk rock francophone a lancé son premier album la veille de l’annulation de tous les évènements en raison de la pandémie de COVID-19. 

Pour Violence Gratuite, le processus créatif de l’album Carcasse a toutefois été bien différent de celui de l’album éponyme du groupe. Ce dernier, composé de 14 chansons, a été enregistré en studio. Le nouveau microalbum, qui contient six nouvelles chansons, dont cinq originales, a été enregistré à même le studio maison, bâti au fil des années. « On voulait que ça sonne comme nous, on entend notre son », explique le chanteur, quant aux raisons qui poussent le groupe à enregistrer là où les musiciens « jamment » régulièrement.

De Jonquière à Sainte-Julie

Le groupe s’est formé il y a une dizaine d’années, lors d’une soirée festive du temps des Fêtes où Pascal et Dominique, originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, étaient de retour dans leur région natale. Les deux amis du secondaire, déjà liés par la musique à l’époque, ont eu cette idée de rejouer ensemble et d’ajouter Louis, un batteur ayant étudié au même cégep que Dominique au Saguenay. « Lors de notre première rencontre, tous les trois dans le sous-sol chez les parents à Louis, on a chacun proposé une reprise sur laquelle on improvisait ensemble sans avoir de style à nous », explique Pascal. 

Depuis ce soir-là, où l’idée d’improviser musicalement est sortie, il était dans les plans des trois amis d’arriver à écrire et à produire de la musique et pas seulement à faire des reprises. Le trio a découvert un son rarissime, celui du punk francophone québécois.

Deux projets simultanés

Dominique, Louis et Pascal ont vieilli à l’adolescence en découvrant le punk, un style qu’ils ont voulu mettre à leur image, même au risque de restreindre le nombre d’auditeurs. « On n’a pas essayé de faire comme d’autres. On écrit mieux en français, c’est plus naturel et ultimement, l’important, c’est d’aimer ce que l’on joue », mentionne Dominique, qui perçoit le français comme une langue où les paroles peuvent être accrocheuses, mais surtout qui respecte les valeurs du groupe.

Même si le style n’est pas des plus populaires, les trois musiciens souhaitent surtout se produire devant la foule pour vivre leurs œuvres d’une deuxième façon. « Il y a l’album, et il y a nos spectacles. Ce sont deux facettes de notre métier qui vivent en simultané », décrit Dominique. Sur scène, les musiciens offrent beaucoup d’énergie et ils décrivent leur humour, lors des interactions avec le public, d’un peu malaisant, ce qui les amuse également. « Nous avons du plaisir à être là, devant la foule », mentionne Louis. « On est là parce que l’on veut être là, parce qu’on a du fun à y être, et parce que l’on aime les chansons que nous jouons », témoigne de son côté Pascal. 

Une liberté pour jouer

Avec quelques interludes musicaux, le groupe adapte les chansons pour une sonorité optimale de chaque morceau, même s’ils ne sont que trois sur scène. « On est un guitariste, un bassiste et un gars à la batterie. On adapte ce que l’on peut des versions studio que l’on retrouve sur nos albums », explique Dominique, un Chamblyen.  

Pour Pascal, les spectateurs s’attendent à ce que les chansons sonnent différemment et c’est même quelque chose qui est apprécié par les fanatiques.

Le choix de jouer à Sainte-Julie n’est pas anodin. Pascal connaît très bien les employés de la Broue Shop, qui leur demandaient souvent de se produire en spectacle. Le groupe punk rock joue surtout à Montréal. « Les gens ici nous ont donné de la latitude pour gérer nos affaires et on apprécie avoir cette liberté de choisir notre date, par exemple », explique Louis. Ce sera aussi un évènement où les trois musiciens pourront se produire devant amis et membres de la famille demeurant dans la région. « Il n’y a rien de facile dans le milieu du spectacle, même pour les salles », raconte Dominique. Violence Gratuite avait plutôt tendance à performer lors de soirées punk organisées avec d’autres groupes.

S’inspirer en restant authentique

L’album Carcasse, écrit par les trois amis autodidactes, aborde des sujets très personnels de leur vie, mais Dominique, Pascal et Louis cherchent tout de même à interpeller les gens par le message véhiculé. « On a traversé la vingtaine dans ce dernier album. Les responsabilités qui viennent avec l’âge adulte, les deux gars ont eu des enfants dans les cinq dernières années », explique Pascal, qui a toujours exprimé ses émotions par la musique. « Le punk, c’est un style de musique très contestataire. Pour les adeptes, ils auront sans doute remarqué nos inspirations, comme le groupe Blink-182 », mentionne-t-il. Sans être comme leurs idoles, les membres du groupe ont appris, entre autres, à jouer de la musique sur leurs chansons. « Au bout du compte, l’album, tout comme nos spectacles, nous ressemble. C’est quand même cool de rester authentique à ce que l’on aime faire. Je pense que ça paraît dans ce que l’on offre au spectateur », conclut Dominique.

Le lancement de l’album Carcasse aura lieu le 29 novembre prochain, au Broue Shop Brasserie Artisanale à Sainte-Julie, à 20 h.